14/08/2009

REGULARISATION

INFORMATION SUR LA REGULARISATION

Allez sur

http://sanspapiers.skynetblogs.be/ 

pour les dernières informations de 2010 

sur la régularisation.

Février 2010 - Belgique

Informaciones sobre la regularizacion Belgica febrero 2010, cuidado, la dirreccion mail de l'office des etrangers a cambiado.

  1. Afin que les associations qui vous aide puissent obtenir des informations à l'OE concernant votre dossier (numéro SP, état du dossier, ...), ils devront envoyer à l'OE un formulaire complété par la personne qui les mandate. Un modèle a été élaboré par l'asbl Le Foyer.

    1. Suite à l'annulation de l'instruction du 19 juillet 2009 par le Conseil d'Etat, les dossiers de régularisation continuent à être traités dans le cadre de la loi et de l'article 9 bis. Le Secrétaire d'Etat se base sur les critères de régularisation dans le cadre de son pouvoir d'appréciation 
    • Les décisions négatives (comme positives) ne sont pas motivées sur base de l'instruction mais sur base de l'article 9 bis de la loi du 15 décembre 1980. Sans annulation, cela aurait été la même chose

    • Il y a un à deux mois de délai entre la réception du dossier et son traitement !

    • En principe, les dossiers les plus anciens sont traités en priorité. Mais ce principe n’est pas absolu. Dans certains cas, certains dossiers seront traités avant (par exemple certains 9 ter, certains cas médicaux ou humanitaires, quand il y a décision de justice ou avant rapatriement)

    • Concernant la désignation des membres de la Commission consultative des étrangers, l'arrêté royal de désignation sera publié au plus tard début février. Les premières audiences auront lieu lorsque le nombre de dossiers susceptibles de passer en Commission sera suffisant.

    1. Pour les personnes qui auraient indiqué une adresse dans leur dossier introduit avant le 15/12 et qui auraient changé d'adresse aujourd'hui, ce changement peut-être signalé par courrier de l'avocat ou de la commune. La première chose à faire étant de le signaler à la commune. L'OE utilisera la dernière adresse connue
    • Si l'agent de quartier n'est pas venu chez vous pour que l'enquête soit réalisée et que la commune a envoyé votre dossier à l'Office, alors l'Office renvoit votre dossier dans votre commune pour que l'agent de quartier passe chez vous.

    • L'adresse mail « regulactua@dofi.fgov.be » a été fermée le 16/12. Les actualisations peuvent dès-lors être envoyées à l’OE par voies classiques : lettre, fax. L’OE a communiqué aux avocats les numéros de fax spécifiques pour la régularisation.


Les demandeurs d’asile peuvent travailler après 6 mois de procédure

 22 janvier 2010, http://www.vmc.be/vreemdelingenrecht/detail.aspx?id=10042 )

Depuis le 12 janvier 2010, certains demandeurs d’asile peuvent travailler après 6 mois de procédure. Ils peuvent obtenir un permis de travail C avec lequel ils peuvent travailler auprès de tout employeur tant que leur procédure d’asile se poursuit. Il n’y a pas encore de réglementation sur la combinaison entre l’aide matérielle et le salaire.
La directive 2003/9/CE du Conseil oblige la Belgique (comme tous les autres pays membre de l’UE) de permettre aux demandeurs d’asile de travailler à certaines conditions. D’après la réglementation belge existante jusqu’alors, seuls les demandeurs d’asile déclarés « recevables » avant le 1er juin 2007 dans l’ancienne procédure pouvaient travailler. Les demandeurs d’asile qui avaient introduit leur demande après le 1er juin 2007 ne pouvaient en aucun cas travailler légalement. Cette réglementation insuffisante est à présent modifiée.
A présent, l’article 17, 1° de l’AR du 9 juin 2009 sur les permis de travail est modifié. Le droit au travail est réglé différemment selon que la demande d’asile a été introduite avant ou après le 1er juin 2007 :  
a) Les demandeurs d’asile ayant introduit leur demande d’asile après le 31 mai 2007 peuvent désormais recevoir un permis de travail C aux conditions suivantes :  
·         La personne concernée n’a pas encore reçu de décision du Commissariat général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) 6 mois après l’introduction de sa demande d’asile;
·         Jusqu’au moment où une décision au fond est notifiée par le CGRA ou, en cas de recours, jusqu’à ce qu’une décision soient notifiée par le Conseil du contentieux des étrangers (CCE).
·         Remarque : si le CCE « annule » la décision du CGRA, la procédure d’asile se poursuit tout simplement et le CGRA doit à nouveau prendre une décision. Dans un cas pareil, le délai de 6 mois commence aussi à courir dès le début de la procédure d’asile, jusqu’à ce que le CGRA (ou, en cas de recours, le CCE) notifie la nouvelle décision.
b) Pour les demandeurs d’asile ayant introduit leur demande d’asile avant le 1er juin 2007, il y a aussi de nouvelles dispositions :  
·         Soit, leur demande d’asile a été déclarée recevable avant le 1er juin 2007, soit aucune décision sur la recevabilité n’avait été prise avant le 1er juin 2007 ;
·         On peut alors obtenir un permis de travail C jusqu’à ce qu’une décision sur le bien-fondé de la demande d’asile soit prise par le CGRA ou, en cas de recours, par le CCE.
·         Remarque 1 : cette réglementation conserve et élargit les possibilités de travail pour les demandeurs d’asile qui ont encore une ancienne demande d’asile pendante. Il y a encore une incertitude concernant les demandeurs d’asile qui ont reçu une décision d’irrecevabilité de l’OE dans l’ancienne procédure (avant le 1er juin 2007) et qui ont introduit un recours urgent auprès du CGRA qui n’a pas encore été traité. Selon nous, ces dossiers doivent aussi être considérés comme des dossiers pour lesquels aucune décision (exécutoire) n’a été prise concernant la recevabilité et ces demandeurs d’asile devraient aussi pouvoir travailler.    
·         Remarque 2 : la date de fin du droit au travail est incertaine pour cette catégorie, à cause de formulations différentes dans a) « jusqu'à ce qu'une décision soit notifiée » et dans b) « jusqu'à ce qu'une décision soit prise ». Selon nous, un demandeur d’asile sous l’ancienne procédure d’asile peut continuer à travailler avec un permis de travail C tant que son séjour en Belgique est légal (jusqu’à ce qu’une expulsion soit notifiée), sur base de l’art. 4, §3 de l’AR du 9 juin 1999.
Nous nous informerons auprès des services compétents sur leur attitude concernant nos « remarques ». Des informations complémentaires seront fournies sur : vreemdelingenrecht.be.
Les deux catégories peuvent obtenir un permis de travail C.
Pour travailler légalement, le demandeur d’asile (qui remplit les conditions décrites ci-dessus) doit demander un permis de travail C auprès du provinciale migratiedienst de son lieu de résidence. Le service provincial des migrations fournit le permis de travail C dans la semaine. Le permis de travail C donne ensuite accès à n’importe quel contrat de travail auprès de n’importe quel employeur. Le permis de travail C perd immédiatement sa validité lorsque le demandeur d’asile perd son droit au séjour provisoire. Le permis C ne vaut que pour celui qui a un titre de séjour en ordre de validité (dans ce cas, une carte orange, ou une annexe 35 lorsque la procédure d’asile est plus avancée).
Conséquences sur le droit à l’aide matérielle ?
Pour les bénéficiaires de l’accueil matériel, un arrêté royal sera publié plus tard pour régler les conséquences du droit au travail sur l’aide matérielle. Dès qu’il sera connu, il sera repris dans une prochaine lettre d’information.
Source : AR du 22/12/2009 modifiant l’AR du 9 juin 1999
Pour la régularisation de toutes les personnes sans papiers - L'Udep Bruxelles.

Soyons présents ce jeudi 26/11 à 8h30 devant le palais de justice de Bruxelles pour soutenir 3 inculpés pour solidarité avec les sans papiers: la résistance se poursuit.
Procès des inculpés ...

Ils sont jugés  pour s'être assis pacifiquement devant une rafle de 54 sans-papiers. Être ce jeudi 26/11 à 8h30 devant le palais de l'injustice c'est leur afficher notre solidarité, c'est ne pas les laisser seuls là où ils seront les plus vulnérables, c'est continuer ce que nous avons toujours fait ensemble, unis: RÉSISTER! Être là c'est poursuivre la lutte!
Poursuivons la résistance : soyons présent le jeudi 26 novembre à 8h30 devant le Palais de Justice de Bruxelles, pour soutenir les trois inculpés.

+ d'infos au CAS ulb ou sur http://www.cemab.be/news/2009/11/8023.php

Pour la régularisation de toutes les personnes sans papiers - L'Udep Bruxelles.


UDEP          SANS PAPIERS

Tous le monde peut faire la demande de régularisation avant le 15 décembre 2009 ! Avec ou sans avocat!



_____________

L'association la plus compétente pour vous aider est Démocratie plus
rue des deux eglises
1210 saint josse
 

(Près de la place Madou)
tel:02/218.19.17

C'est ouvert tous les jours le matin dès 9h

___________________

 

A).  1-  Avoir fait un 9.3. (9 bis) ou Asile ou 9 ter ou autre...AVANT LE 18 MARS 2008 
 +  
2- AVOIR DES ATTACHES DURABLES EN BELGIQUE

(PREUVES = cours d’alphabétisation,français/flamand, formation, travail, amis, lettres d'associations ou de la commune, du médecin, promesse d'embauche, contrat,...)
+

 3- AVOIR 5 ans en Belgique

Ce n’est PAS OBLIGATOIRE de répondre aux 3 conditions ! Si pas 5ans, Si on pas introduit de 9.3. avant 2008, …, FAITES LA DEMANDE QUAND MEME. 

 


B).             1- Etre EN BELGIQUE AVANT LE 31 MARS 2007

+

2- AVOIR UN CONTRAT DE TRAVAIL (1/2 temps ou temps plein) de 1 an

COMMENT ? Sur base du dossier déposé à l'Office des étrangers ou à la commune (ça dépend des cas),

On recevra un permis de séjour de 3 mois,

qui permet alors de recevoir le permis de travail B,

puis d'OFFICIALISER son travail.



C). Longues procédures d’ ASILE (Ce critère est permanent)

- 3 ANS (famille enfants scolarisés) ou 4 ans (célibataire) = asile PUR

4 ANS ou 5 ans = asile + Conseil d’état + 9.3



IL FAUT RASSEMBLER LES ELEMENTS POUR SON DOSSIER (((preuves/ attestations/ lettres/contrats/...) et 5INTRODUIRE UNE DEMANDE (VOUS POUVEZ VOUS FAIRE AIDER CHEZ UN AVOCAT) !

Il faut le faire maintenant, sans attendre.

 

UDEP- Le mouvement des sans papiers a remporté une Victoire, le combat continue avec nos frères belges et immigrés.



 

ASSOCIATIONS POUR VOUS AIDER A FAIRE VOS DOSSIERS

AVOCATS GRATUITS - bureau d'aide juridique(BAJ)
rue des qutre bras 19 (3e étage)
tel:02/508.66.57
permanences:lundi et-vendredi:de 9h00 à 11h00,et
lundi,mardi et jeudi:de14h00 à 16h00

Il faut arriver à 8h du mat pour prendre un ticket

 

association pour le droit des etrangers(ADDE)
rue de laeken,89
1000 bruxelles
tel:02/227.42.41
info@adde.be
www.adde.be

 
 
 
caritas international
rue de la charité43
1210 saint josse
tel:02/229.36.24
 
 
solidarité socialiste
rue parma 28
1060 saint Gilles
02/537.95.45
 
service juridique du foyer
rue mommaerts 22
1080 molenbeek
02/414.24.23
 
sireas
rue de la croix 22
1050 ixelles
02/649.99.58
sireas@brutele.be
www.sireas.be
 
centre d'action sociale globale
avenue ducpétiaux 68
1060 saint Gilles
02/538.81.80
 
convivial asbl
rue du charroi 33-35
1190 forest
tel:02/503.43.46
 
démocratie plus
rue des deux eglises
1210 saint josse 
tel:02/218.19.17

www.democratie-plus.be
 
 
infor etrangers
avenue de fré 9
1180 bruxelles
tel:02/375.67.63
 
 
ciré
rue du vivier 80/82
1050 ixelles
02/629.77.10
cire@cire.irisnet.be
www.cire.be
 
 
l'olivier
rue de la rosée 9
1070 bruxelles
02/223.29.97 ou 02/223.12.43

permanence assistance juridique anderlecht
place de résistance
1070 Anderlecht
tous les mercredi de 13h30 à 15h00
 
 permanence assistance juridique ixelles
rue alphonse dewitte 28
1050 ixelles
tous les vendredi de 12h00 à 13h00
 
 
 permanence assistance juridique jette
place cardinal mercier 11
1090 jette
chaque 2ième et 4ième mardi du mois de 11h00 à 12h00
 
 
permanence assistance juridique laken
rue fransman 89
1020 laken
chaque 1ier et 3ième et 5ième mercredi du mois de 14h00 à 15h00
 
 
permanence assistance juridique auderghem
chaussée de wavre 1789
1160 auderghem
chaque 2ième et 4ième mercredi du mois de 14h00 à 15h00
 
 
permanence assistance juridique molenbeek
rue du niveau 7
1080 molenbeek
chaque vendredi de 10h30 à 12h30
 
 
permanence assistance juridique schaerbeek
rue brichaut 2
1030 schaerbeek
chaque 2ième et 4ième lundi du mois de 13h30 à 15h00
 
 
 
permanence assistance juridique saint-josse
place de l'alliance 18-20
1210 saint-josse
chaque 1ièr , 3ième et 5ième mardi du mois de 17h00 à 18h00
 
permanence assistance juridique saint gilles
rue vanderschrick 71
1060 saint gilles
chaque mardi de 13h30 à 15h00
 
permanence assistance juridique forest
chaussée d'alsemberg 296
1190 forest
chaque 2ième et 4ième jeudi du mois de 11h00 à 12h00
 

permanence assistance juridique uccle
parvis saint pierre 26
1180 uccle
chaque 2ième et 4ième lundi du mois de 14h00 à 15h00
 
 
 
permanence assistance juridique woluwe saint lambert
avenue paul heymans 2
1200 woluwe saint lambert
chaque 1ièr mercredi du mois de 14h00 à 16h00


EXEMPLE DE LETTRE POUR TEMOIGNAGE

 

A l’attention de l’administration de l’Office des Etrangers,

Accès et Séjour - Office des Etrangers

North Gate II

Boulevard du Roi Albert II, 8

1000 Bruxelles

Bruxelles, le 15 mars 2009

Je soussigné ; Paul Van Dewael, né le 23 janvier 1975 à Ottignies, déclare :

Par la présente, j’apporte mon témoignage afin de soutenir le jeune Mohamed dans ses efforts de régulariser sa situation administrative.

Je l’ai connu il y a 2 ans, en décembre 2007 ou début janvier 2008. Il a aidé mon ami a déménager. On a pris un verre et nous avons sympathisé.

Depuis je le revois de temps en temps et nous bavardons un moment. C’est quelqu’un de très volontaire et motivé.

Il n’a qu’une ambition, travailler et avoir une maison.

Il est très courageux mais il est confronté à beaucoup de difficultés étant donné sa situation administrative.

J’espère que Mohamed aura sa chance et pourra travailler en Belgique comme il l’a toujours espéré.

Merci infiniment de prêter attention à sa situation.signature

 

Annexe : Photocopie recto verso de ma carte d’identité



 

QUELQUES PRECISIONS   Informations générales:

- pour le dépôt d'une demande nouvelle, il faut déposer le dossier à la commune via l'avocat  (procédure classique).

- pour l'ajout de documents complémentaires à un 9 bis déjà introduit, cela peut se faire  par recommandé ou par mail via l'avocat.


- l'OE examinera les articles 9 ter existants à la lumière des nouveaux critères.

- sur le fait qu'il s'agisse d'une instruction et pas d'une circulaire, il a été dit que cela n'aurait pas conséquences et qu'il n'y a donc pas à craindre.
Sur les dispositions de l'instruction (dans l'ordre du texte):

-  les dispositions concernant les longues procédures et les groupes vulnérables sont structurelles et permanentes (contrairement à l'ancrage local et à la régularisation par le travail qui sont des mesures "one shot")

- en ce qui concerne les familles avec enfants scolarisés (2.7), Milquet dit que l'instruction sera donnée qu'il soit possible de cumuler les procédures pour atteindre un an de procédure d'asile (contrairement à l'interprétation actuelle de l'OE? Attention, il faudra voir si l'OE suivra cette interprétation)

- en ce qui concerne les preuves du séjour ininterrompu, il peut être établi par toutes voies de droit

- en ce qui concerne la régularisation par le travail: c'est bien un contrat de travail qui est demandé, pas une promesse d'embauche !!! (pour la régularisation par le travail contrairement à l'ancrage local)

- Travail à 1/2 temps c'est bon, le temps partiel devrait être pris en compte car la seule condition est que le salaire soit équivalent au salaire minimum garanti

- l'avis positif des Régions sera donné sur base de l'examen du marché du travail. L'option qui est envisagée ( "OU le dossier doit être complété par un permis B délivré sur base d'une AI), a été prévue car comme l'avis positif des Régions n'est pas prévu dans la réglementation, les négociateurs ont craint que cette procédure d'avis ne soit pas suivie par la Flandre, une AI serait dans ce cas délivrée afin de permettre à la personne de solliciter son permis B auprès de la Région

-en ce qui concerne les cours de langue, les cours de français langue étrangère sont pris en compte, il suffit de produire une attestation de fréquentation

- en ce qui concerne le rôle de la Commission, il y a renvoi systématique lorsque l'OE ne prend pas une décision positive (soit l'OE prend une décision positive soit quand le dossier est complet, recevable et pas manifestement non fondé mais que l'OE prend quand même une décision négative, il y a renvoi à la Commission)

- en ce qui concerne la durée des titres de séjour (l'instruction en donne de précisions qu'en ce qui concerne la régul par le travail), on continue avec la pratique actuelle (appréciation par l'OE, probablement un an, conditions de renouvellement). Il faudra donc être attentifs aux conditions de renouvellement.


Tiré de Coralie Hublau, Juriste Ciré asbl et modifié.



Manifestation de soutien, le 11 mai à Limoges, à Julien Coupat, considéré comme le cerveau d'un groupe soupçonné de sabotages de lignes de trains à grande vitesse (TGV) fin 2008.

photo Le Monde

ERIC Hazan :

 "Mes livres sont des armes"

Editeur insurgé, Eric Hazan dégaine une douzaine de livres par an comme autant de boulets rouges contre le monde capitaliste. L’insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat et au Comité invisible, reste son plus beau coup.
Vent de polémique. Par articles interposés parus fin décembre dans Libération, l’éditeur Eric Hazan et le journaliste Laurent Joffrin ont posé, dans un échange aussi poli qu’incisif, les jalons du drame qui agite la gauche française : la division consommée entre son versant mou, tendance social-démocrate, et ses penchants plus radicaux, voire subversifs. Contre “le maintien de l’ordre établi” auquel Joffrin et ses amis d’une gauche “moribonde” travailleraient, Eric Hazan invite carrément à “l’insurrection”. D’ailleurs, elle arrive déjà, pour reprendre le titre de l’ouvrage L’insurrection qui vient que Hazan a édité en 2007.

 Ecrit par un mystérieux Comité invisible, l’essai a profité d’une caisse de résonance imprévue avec l’affaire Tarnac. En mettant le livre au coeur de l’enquête, en prêtant à Julien Coupat la responsabilité partielle de son écriture, le pouvoir a lui-même pris au sérieux cette nouvelle littérature insurrectionnelle. De sorte qu’à la querelle entre Joffrin et Hazan, vieille comme la gauche elle-même, ce brûlot, vendu à plus de 40000 exemplaires, a redonné une nouvelle vitalité. Comment contester le monde aujourd’hui : en s’accommodant de ses fondements ou en les réinventant radicalement ? Douze ans après la création de sa maison d’édition, La Fabrique, dont il protège farouchement l’indépendance, Eric Hazan a créé un espace à part dans l’édition en France : un lieu de résistance avec une économie modeste qui publie une douzaine de livres par an.
De Jacques Rancière à Alain Badiou, les auteurs de La Fabrique participent à l’élaboration d’une critique articulée du monde capitaliste contemporain et à l’invention d’une voie possible pour en sortir. Dans le petit bureau du haut de Belleville à Paris, qui abrite ses livres et les deux personnes qui travaillent avec lui, Eric Hazan nous reçoit chaleureusement. A 74 ans, il a des airs de combattant, l’oeil vif, le tutoiement direct, affirmant calmement que la guerre civile est en cours. Rencontre avec un éditeur insurgé.


ENTRETIEN

 > La querelle qui t’a opposé au directeur de la rédaction de Libération est-elle le symptôme d’une césure irrémédiable entre deux gauches ?
Eric Hazan – Plusieurs journalistes de Libération – Karl Laske, Pierre Marcelle, Edouard Launet – ne sont pas du tout sur la position de Laurent Joffrin, qui représente selon moi une gauche moribonde, tellement peu différente de la droite qu’elle a au fond peu de raisons d’exister.
Tu vas jusqu’à reprocher à Jospin…
Jospin ? Non, Joffrin ! Le lapsus est joli…
Pardon. Tu reproches à Joffrin de participer à l’ordre établi : l’attaque est forte.
Les valeurs dont il se réclame sont les mêmes que celles de la droite pour le maintien de l’ordre. Les libertés publiques, les droits de l’homme, la République, l’Etat de droit sont des oripeaux ; tout cela n’existe pas. Dans ce pays, le droit est constamment foulé aux pieds au nom de l’Etat de droit ; au nom de la République, on va faire voter une loi pour interdire le port du voile intégral. C’est absurde et scandaleux.
Pourquoi ?
Jacques Rancière a écrit un beau papier dans Libé sur les victimes : il explique que l’un des projets de loi prévoit d’infliger une amende aux femmes voilées tout en reconnaissant leur statut de victimes. Ce sont des victimes, punissons-les, c’est la logique de la loi. Une honte.
Assumes-tu dans son entier le texte du Comité invisible, L’insurrection qui vient ?
Complètement. J’ai même travaillé avec les auteurs. Comme ils l’ont écrit, je ne crois pas que l’on puisse amender le système avec des bouts de ficelle et des rustines. Je ne crois pas au postulat général selon lequel il n’y a pas de salut en dehors du capitalisme et qu’il suffit de le moraliser, de l’aménager. C’est impossible : tant que le capitalisme et l’économie de marché existeront, l’injustice et les inégalités croîtront. On essaie aujourd’hui de nous persuader que ce système a toujours existé et qu’il n’y a pas d’issue possible, à part le goulag. Mais le système capitaliste n’existe que depuis deux cents ans. On croit qu’il n’y a pas d’alternative théorique mais on parle de plus en plus du communisme ; j’ai été, je crois, l’un des premiers à essayer de redonner un sens à ce mot dans un livre publié en 2005 aux Prairies ordinaires, Faire mouvement. J’ai dit : je suis communiste, le communisme est la seule raison de s’intéresser à la politique. A l’époque, Mathieu Potte-Bonneville qui m’interrogeait en est resté interloqué J’ai envoyé le livre à Alain Badiou, que je ne connaissais pas, en le dédicaçant “A Alain Badiou, communiste”. Il m’a dit un jour que ça l’avait fait réfléchir. Cela a peut-être participé à sa propre réflexion sur l’hypothèse communiste.
Sur quoi repose la résurrection de l’idée communiste ?
Les gens sentent qu’il n’y a plus à choisir entre la droite et la gauche mais sur la façon de sortir du capitalisme. C’est la question clé. Si cela reste dans le domaine de l’idée, on va tourner en rond. Pour moi, réfléchir au communisme, ce n’est pas aller vers une organisation politique mais vers des réflexions pratiques.
Lesquelles ?
Comment abolir le salariat ? Par quoi le remplacer ? L’histoire de l’Union soviétique a montré que l’appropriation collective des moyens de production n’était pas le vrai communisme ; cela a débouché sur un désastre car on a gardé le salariat. Autre problème clé : comment sortir le travail de sa position centrale dans la vie sociale ? Comment faire pour que le travail ne soit plus un élément clé autour duquel tout s’organise ? Si on reste dans une problématique marxienne, si le travail reste central, alors on se situe sur le terrain de l’adversaire et on est forcément perdant.
La fin du travail ne reste-t-elle pas une idée purement théorique ?
Je ne prône pas forcément la fin du travail mais celle du travail salarié. On ne devrait plus considérer le travail comme la base de l’organisation sociale. Mais bien entendu, il faudra continuer à travailler.
T’intéresses-tu à l’écologie politique, qui réfléchit à la place du travail dans l’organisation sociale ?
Je ne sais pas ce que c’est. L’écologie me dérange. J’ai une réticence à la fois avec la notion et avec le mot. On va publier bientôt un nouveau livre de Badiou, L’Ecologie, nouvel opium du peuple. L’écologie est une nouvelle manière pour le pouvoir de faire passer tout ce qu’il veut.
N’est-ce pas pourtant l’une des seules idées fortes qui ait émergé dans la vie politique ces dix dernières années ?
Cela a peut-être amené des gens à réfléchir à la politique mais ce n’est pas une issue : la meilleure preuve, c’est ce qu’elle est métabolisée par le système. L’industrie écologique est la seule branche de l’industrie avec une croissance à deux chiffres. Le capitalisme est en train de digérer l’écologie. On voit bien le rôle politique d’Europe Ecologie, c’est une espèce de sous-PS censé récupérer les gens que le PS dégoûte un peu, comme Joffrin. Pour moi, l’écologie est de l’autre côté de la ligne de front de la guerre civile.
La guerre civile existe donc ?
Oui, elle existe. J’ai écrit en 2004 Chronique de la guerre civile. Puis Changement de propriétaire, la guerre civile continue au moment de l’élection de Pompidou…
Pas Pompidou, Sarkozy ! A ton tour de faire un lapsus intéressant…
Oui, Sarkozy ! Un partout. La guerre civile continue, elle se durcit même.
Comment as-tu travaillé avec le Comité invisible ?
J’en connaissais certains, ce sont des amis. Mais j’ignore combien ils étaient dans leur groupe.
Quel âge ont-ils ? Autour de 30 ans.
Comment protèges-tu leur anonymat ? Ont-ils un contrat ?
Il n’y a ni contrat ni droits d’auteur, ils n’en ont pas voulu. Ils ont revendiqué l’anonymat pour une raison éthique ; pas pour se protéger mais pour ne pas prendre la posture de l’auteur.
As-tu été surpris par le succès du livre, sorti sans promotion ?
Le livre marchait très bien avant même le déclenchement de l’affaire Tarnac. On en avait vendu 8000, c’est beaucoup pour un livre de La Fabrique. Mais la promotion faite par la ministre Alliot-Marie ou le procureur Marin a fait décoller les ventes : on a dépassé les 40000 exemplaires. Le texte parle de la guerre civile, de la création de “communes”, du détournement de primes accouchement comme acte révolutionnaire.
N’est-ce pas un peu court comme propositions ?
Il y a deux parties dans le texte : un état des lieux et une liste d’actions pour sortir de cet état. Cette seconde partie est plus complexe, c’est vrai. Plus qu’un nouveau mode d’organisation et d’action politique, il faut inventer un nouveau mode de vie.
C’est donc une utopie absolue ?
Le mot “utopie” ne me gêne pas quand on voit où le réalisme nous mène. Camille Desmoulins disait en 1793 : en 1789, nous n’étions pas dix républicains. La république était encore du domaine de l’utopie.
Entre le capitalisme sauvage et le goulag, la social-démocratie a quand même proposé une autre voie depuis cinquante ans ?
La social-démocratie propose mais elle ne fait pas. Selon moi, la trahison des promesses est consubstantielle à la social-démocratie. Promettre et ne pas tenir, c’est dans leur nature.
La gauche dominante et la droite, ce serait bonnet blanc, blanc bonnet ?
De l’autre côté de la ligne de front – Jospin, Joffrin, Sarkozy –, ils sont d’accord sur l’essentiel : la sauvegarde du capitalisme et du marché. Ils se disputent comme Guignol et le commissaire au théâtre de marionnettes. Si les socialistes étaient au pouvoir aujourd’hui, ils continueraient à virer des sans-papiers mais de façon moins ostentatoire, avec un peu moins de méchanceté. Souvenons-nous : les premiers charters, c’était sous Edith Cresson et la politique sécuritaire de Chevènement n’était pas très différente de celle d’aujourd’hui. Ce sont différentes façons de maquiller une même réalité.
L’affaire Tarnac aurait-elle été possible il y a dix ans ?
Non. Ce sont les lois Perben (“loi du 9 mars 2004 portant sur l’adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité” – ndlr) qui ont marqué un tournant, et les lois antiterroristes qui les ont suivies. On n’aurait jamais inculpé d’“association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” un individu accusé d’avoir saboté un caténaire : il aurait été poursuivi pour dégradation de bien public.
Que penses-tu de la nouvelle catégorie d’ennemi intérieur ?
L’ennemi intérieur traditionnel – l’islamiste terroriste – est introuvable chez nous. Pour légitimer l’arsenal policier et législatif mis en place depuis que Sarkozy a accédé au ministère de l’Intérieur, l’Etat a construit cet ennemi intérieur. Au printemps 2008, j’ai écrit dans Politis un papier intitulé “Les habits neufs de l’ennemi intérieur” : des jeunes venaient de se faire arrêter avec un fumigène dans leur coffre. Quant aux écoutes des gens de Tarnac, elles étaient très antérieures à l’affaire du caténaire. On a cherché à fabriquer de toutes pièces un ennemi intérieur crédible. Le pouvoir a terriblement peur d’une explosion des banlieues, il met tout en place afin de pouvoir contrôler un éventuel soulèvement dans les heures qui suivent.
Les livres que tu écris et ceux que tu édites vont dans le même sens. Vois-tu ton travail d’éditeur comme un travail d’auteur, de penseur ?
Nous sélectionnons de plus en plus les livres que nous publions. Je dis “nous” car les décisions sont réellement collectives, prises par ceux qui éditent les livres, moi-même, Stella Magliani-Belkacem et Stéphane Passadeos qui travaillent avec moi, et le comité éditorial composé de huit personnes. La plupart de ces livres sont des armes. C’est cela qui les rassemble. Quand j’ai commencé il y a onze ans, c’était moins le cas, je n’y connaissais rien. Mais depuis quatre ou cinq ans, la cohérence, c’est l’offensive. Les derniers titres publiés, que ce soit le livre de Gideon Levy sur Gaza, Moments politiques de Jacques Rancière, L’insurrection qui vient ou le prochain livre d’André Schiffrin, L’Argent et les Mots, sont des livres d’attaque.
Comment es-tu passé de l’édition d’art à celle d’essais ?
J’étais plongé dans l’édition d’art parce que j’avais repris la maison paternelle, les éditions Hazan, mais cela me frustrait un peu, entre les livres sur Masaccio et Chardin. Au fond, j’ai été soulagé d’avoir été viré lorsque la maison a été rachetée par Hachette…
Cela a engendré chez toi une réflexion sur l’économie du livre ?
Oui. Si on veut rester indépendant – et l’indépendance est vraiment nécessaire pour le genre de livres que nous publions –, il ne faut avoir aucune dette. Aux éditions Hazan, on était chaque année davantage endettés. Les banquiers sont gentils jusqu’au moment où ils sortent la calculette et vous étranglent. Mon père disait : “Les banquiers vous prêtent un parapluie mais vous le reprennent dès qu’il pleut.” A La Fabrique, nous avons une politique de non-croissance. On est trois dans 40 mètres carrés mais on ne doit de l’argent à personne. La croissance, c’est un vertige. On est très sollicités en ce moment, on pourrait publier plus puis déménager, mais ce serait le début de la spirale infernale. On préfère s’en tenir à environ treize titres par an.
Ton modèle d’édition indépendante, ce serait les Editions de Minuit ?
Tout à fait, Jérôme Lindon a un parcours d’éditeur sans faute. Seize livres par an. Quand il a eu le Goncourt avec L’Amant de Duras, il a gagné beaucoup d’argent. D’autres auraient déménagé de la rue Bernard- Palissy et auraient augmenté leur débit, lui il a acheté une librairie. Je le connaissais et je l’aimais beaucoup, c’était un personnage magnifique.
Comment vois-tu l’édition aujourd’hui ?
Le fossé s’élargit de plus en plus entre les petites maisons indépendantes, au chiffre d’affaires quasiment négligeable, et les grandes maisons industrielles, Gallimard, Seuil, Albin Michel, Hachette, qui ont des actionnaires, des banquiers et un souci de rentabilité. Le premier problème des petites maisons, c’est de pouvoir continuer. Les maisons qui publient le même genre de livres que nous – Prairies ordinaires, Agone, Amsterdam, L’Echappée – s’en sortent plutôt bien.
Tu as d’autres projets avec le Comité invisible ?
On en parle. L’idée serait de répondre à tout ce qui s’est passé. Mais ils ont leur caractère et un fonctionnement collectif : ils font vraiment ce qu’ils veulent…
Comment va Julien Coupat ?
Cette affaire l’a renforcé dans ses positions. En prison, il était en béton. Le pire, ça a été le contrôle judiciaire : on ne peut pas se parler, se rencontrer, on doit rester dans un lieu où on ne vit pas forcément, sans moyen de subsistance… Récemment, les dix inculpés ont déclaré publiquement qu’ils ne se plieraient plus à ce contrôle : le système judiciaire-policier a reculé et la cour d’appel de la chambre d’accusation l’a allégé, au point qu’il n’en reste plus grand-chose.
Avec du recul, quel sens donnes-tu à cette affaire ?
L’Etat a fait un coup d’essai pour tester s’il était possible d’appliquer la législation antiterroriste à des Blancs. Jusque-là, elle n’était appliquée qu’à des barbus qui prêchaient dans des caves et dont tout le monde se fout. Ça a été une tentative d’intimidation pour montrer aux subversifs blancs qu’ils n’étaient pas non plus à l’abri d’une répression arbitraire.

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