13/12/2011

Bénéfices économiques de l'immigration pour les pays européens

L'immigration est bénéfique économiquement pour les pays d'accueil

 (Le Monde  07.07.11) Les auteurs d'Exceptional people analysent les conséquences de l'immigration.

Leur message est clair : l'immigration serait bénéfique pour tous et sur tous les plans. Si elle peut susciter des coûts, ils seraient minimes et largement compensés par les gains à moyen et long termes.

Les chiffres que les auteurs avancent sont impressionnants : la libéralisation totale des flux humains augmenterait en effet la richesse mondiale de 39 trillions de dollars en vingt-cinq ans.

Dans les pays d'accueil, les gains à attendre de l'immigration seraient évidents : elle encouragerait la croissance, ne ferait baisser les salaires que marginalement (a fortiori quand existe un salaire minimum), favoriserait l'innovation, affecterait positivement les recettes fiscales, etc. S'il est évident, d'autre part, que l'immigration fait évoluer les bases de la citoyenneté, il n'en reste pas moins que la diversité encourage la création.

De plus, les immigrés s'intègrent mieux qu'on ne le pense parfois dans les pays d'accueil : leurs difficultés, bien réelles, tiennent le plus souvent à des dysfonctionnements économiques ou à des phénomènes discriminatoires.

L'IMMIGRATION VUE DES PAYS D'ORIGINE

Pour les pays d'origine, l'immigration serait aussi très positive. Les envois d'argent des immigrés – 316 milliards de dollars en 2009, soit plus que l'aide au développement – sont un puissant levier de développement. Au total, ils contribuent à réduire la pauvreté et constituent "le bénéfice le plus immédiat et le plus tangible des migrations internationales" d'après l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si de plus en en plus d'Etats accordent une attention toute particulière à leurs expatriés, qu'il s'agisse de les considérer comme des vecteurs d'influence ou comme les sources de flux financiers.

Quant à la "fuite des cerveaux", les auteurs n'y croient pas. Leur raisonnement est le suivant : si les diplômés quittent leur pays d'origine, c'est qu'ils ont estimé qu'ils y seraient moins productifs que dans un autre Etat. Et, comme on l'a dit, leurs réseaux ou leurs revenus sont ensuite susceptibles de bénéficier à leur pays d'origine.

Exceptional People, Presses universitaires de Princeton Ian Goldin, Geoffrey Cameron, Meera Balarajan