20/11/2008

ASILE A L'ULB

L'Université Libre de Bruxelles donnera t'elle asile aux migrants réfugiés chez elle? 54653

Délogés brutalement de la Turtel'Home chaussée d'Ixelles, les occupants épuisés se sont finalement réfugiés dans le Hall des sports de l'ULB mercredi soir. 

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Poursuivis à travers les rues d'Ixelles par 6 camionnettes de police gorgées de pandores et une équipe de policiers à pieds, ils ont cherché asile dans l'Université où de nombreux étudiants et soutiens font preuve d'une solidarité exemplaire avec eux.

Suite au délogement violent de la chaussée d'Ixelles une vingtaine d'entre eux se sont immédiatement présentés dans un centre médical d'Ixelles afin de faire constater par des médecins les coups et brutalités policières dont ils ont été victimes et que Mr Decourty nie encore. 

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Ces rapports lui seront présentés dès demain au conseil communal d'Ixelles où il devra répondre de ses décisions et déclarations douteuses, notamment sur les intentions réelles qui ont motivées l'expulsion policière de la Turtel'Home. L'UDEP déposera une plainte auprès du comité P sur base des rapports médicaux, sans doute conjointement avec la Ligue des droits de l'Homme.

Ils demandent à l'université un délai "humain" pour quitter les lieux et se reloger dans un lieu d'où ils pourront poursuivre leur action entamée à la Turtel'Home pour la reconnaissance de leurs droits. Ils proposent de se déplacer éventuellement vers un lieu de l'Université où ils ne dérangent pas le bon fonctionnement des cours. 

Des négociations sont en cours avec les autorités de l'ULB et une réponse devrait être donnée d'ici peu.

Pour rappel, les occupants de la Turtel'Home demandent que la circulaire de régularisation telle que définie dans l'Accord du gouvernement survenu le 23 mars dernier et reportée sans cesse par le gouvernement soit mise en application. Leur combat légitime a donc une signification hautement politique avant tout.

L'UDEP (Union de défense des personnes sans papiers)

voir vidéo/ interview de Zoubida et autorités ULB 

http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/4829/166/

 


Communiqué de presse du BEA de l'ULB et du CAS : 

Le Bureau des Etudiants Administrateurs (BEA), représentant les étudiants de l’ULB, a pris connaissance de l’occupation du Hall des Sports de l’ULB par quelques centaines de sans-papiers ce 18 novembre au soir.

Le BEA tient à rappeler son soutien aux revendications des sans-papiers à savoir une régularisation massive des personnes en situation irrégulière. Régularisation qui ne tarde que parce que la Ministre Turtelboom se refuse à sortir une circulaire qui rendrait un visage à ces centaines de personnes.

Le BEA s’oppose à toute intervention des forces de l’ordre sur les campus de l’Université.


Nous considérons, par ailleurs, qu’une telle intervention ne ferait qu’envenimer la situation. En effet, les sans-papiers occupant le Hall des Sports s’y sont réfugiés après leur expulsion d’un bâtiment d’Electrabel, par ailleurs désaffecté, situé au 133 de la Chaussée d’Ixelles.

Lors de cette expulsion, la police a une fois de plus montré son incompétence à user de la diplomatie et de la discussion. La violence exercée lors de cette expulsion contre des sans-papiers (hommes, femmes et enfants) ainsi que contre des étudiants et du personnel de l’ULB est intolérable.

Les sans-papiers ne sont pas des fugitifs, ne sont pas des criminels. Ce sont des êtres humains qui demandent un travail, une existence, un asile politique également.

IMGP0582.JPG(photo udep)

Nous ne pouvons donc tolérer qu’ils errent d’expulsion en expulsion, d’occupation en occupation. Ces personnes sont par ailleurs, des personnes sans-abri, que nous ne pouvons laisser dans la froideur des rues de Bruxelles.

En 2003 déjà, l’Université avait usé de la force pour expulser des demandeurs d’asile iraniens, ce fut un dangereux précèdent et nous espérons que ce genre d’intervention ne se reproduira pas aujourd’hui. Par ailleurs, si une intervention policière devait se produire, nous craignons que cette dernière n’amène des troubles sur le campus, troubles qui seraient la conséquence directe d’une intervention que nous jugeons disproportionnée et indigne de notre institution à la veille de l’anniversaire de sa création.

L’Université se doit de continuer à soutenir les populations fragilisées et en danger de part une situation politique comme elle l’a su si bien fait pour les citoyens espagnols lors de la Guerre d’Espagne ou les civils chiliens sous le régime du général Pinochet.

L’Université Libre de Bruxelles, lieu de production du savoir, ainsi qu’entité pouvant prendre du recul et des positions sur les faits et événements dans la société, doit laisser le temps aux occupants d’un répit bien mérité après les événements traumatisants.

LE BEA de l'ULB.


Communiqué de presse du CAS ULB du 19/11/2008 

Comité d’Actions et de Soutien aux sans-papiers 

 

Expulsion et exode des sans-papiers de la Turtel’Home vers l'ULB

 

Arrivés à l’ULB, les réfugiés du 133 craignent une intervention de la police. Hier a eu lieu ce qui fut peut-être la plus grosse expulsion de l’histoire de la lutte des personnes sans-papiers en Belgique. Plus de 500 personnes ont été expulsées vers 10h du matin, à la suite d’une vaste action de délogement des anciens bâtiments d’Electrabel, au 133 chaussée d’Ixelles, occupés depuis deux semaines par des personnes en situation irrégulière pour la plupart et rebaptisée la « Turtel’Home ». Plusieurs dizaines de personnes s’étaient fait arrêtées, mais grâce à 

la mobilisation des étudiants, des occupants et des soutiens, elles ont finalement été relâchées. 

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(photos indymedia flandre)

Les forces de l’ordre ont fait preuve d’une rare brutalité pour faire sortir pères, mères et enfants de ces lieux où ils s’étaient regroupés. Les occupants sans-papiers avaient néanmoins pris la décision de ne pas céder aux intimidations policières et revendiquaient de façon citoyenne leur droit à rester dans ce bâtiment afin d’en faire un centre d’activités, ouvert et dynamique, d’où mener leur lutte. Les forces de 

l’ordre n’ont pas hésité à recourir à l’usage de la violence (plusieurs personnes blessées, d’autres emmenées à l’hôpital), des menaces, ainsi que des insultes racistes et de l’humiliation. Un occupant résumait ces égards policiers en une formule amère : « Les chiens on les traite mieux que nous ! ».  

 

Ces 500 personnes s’étaient installées dans les anciens locaux d’Electrabel afin d’en faire une plateforme d’initiatives politiques visant à dénoncer l’inactivité délibérée de la ministre de l’Immigration, Annemie Turtelboom (VLD) et dans l’ensemble du gouvernement fédéral. La ministre est effectivement devenue célèbre pour l’énergie qu’elle déploie à ne rien faire. Bien qu’elle ait été appelée à sa fonction avec la mission explicite de traduire en termes juridiques l’accord 

gouvernemental – un texte pourtant déjà très clair et complet – elle n’a pas avancé d’une ligne dans ce dossier en 8 mois.

 

Cette volonté affichée de blocage et la cruelle incertitude où elle et le reste du gouvernement maintiennent les personnes sans- papiers ont été dénoncées à plusieurs reprises par de nombreuses associations : le Forum Asile et Migration, la Ligue des Droits de l’Homme, le Comité Laïque, le Syndicat des Avocats, l’Université libre de Bruxelles, l’UDEP, la CREpe, RESF, les syndicats, le CAS, … Mais rien n’y fait ! L’irresponsabilité du gouvernement n’a d’égale que sa mauvaise foi.  


Les personnes raflées hier ont risqué l’enfermement, voire même l’expulsion hors du pays.

En effet, contrairement aux promesses du bourgmestre d’Ixelles, Monsieur Decourty, deux combis de police remplis de sans-papiers arrêtés étaient sur le point de partir du 133. Ces arrestations n’ont pu aboutir grâce à l’intervention de blocage de dizaines d’habitants d’Ixelles, d’étudiants, et de soutiens de tous horizons. Voyez avec quelle violence la Belgique traite les individus qui ont le courage de redresser la tête pour faire valoir leurs droits !

 

Car il ne s’agit pas – comme on ne manquera pas de le dire – d’une rafle opérée sur base de motifs juridiques mais bien de la mise en œuvre d’une volonté politique de faire taire.

La classe politique belge déteste qu’on lui rappelle qu’il existe une enclave de non- droit au cœur du système qu’elle dirige, et que des êtres humains y sont pris au piège et s’y débattent pour accéder au statut de citoyen de plein droit. Non, décidément, la classe politique belge déteste qu’on la surprenne en train de bafouer ses vœux d’humanisme ! Hier, c’est le courage de cette dénonciation que les 500 occupants de la « Turtelb’Home » paient. Et c’est au nom de ce courage que l’on peut affirmer que si arrestation il y a dans les prochains jours, ce ne sont pas des 

prisonniers « sans-papiers » mais bien des détenus politiques qui se trouveront en cellule.  


Comment sont-ils arrivés à l’ULB ? Vont-ils y rester ? 


Hier, les rues d’Ixelles ont été le théâtre d’un véritable exode de ces 500 « expulsés », portant à bouts de bras leurs enfants, leur baluchon, et leur peur car la police était déployée pour effectuer une chasse aux réfugiés (un « tank à eau » à l’entrée du campus, plusieurs camions et agents en civil…). En fin de compte, épuisés, les « expulsés » ont trouvé asile dans une salle de sport de l’Université libre de Bruxelles vers 20h. Les autorités sont descendues dans la salle de sport pour signifier que ces réfugiés n’avaient pas le droit de rester au sein de notre université sans doute par crainte qu’une nouvelle occupation puisse perturber le « fonctionnement » de l’ULB (sans donner de délai néanmoins). Aucun engagement n’a été pris entre les « réfugiés » et l’ULB. Il est intéressant de rappeler l’agenda de l’ULB, la Saint-V aura lieu jeudi (cours suspendus, donc aucune perturbation de cours), « le pont » de vendredi, suivi du week-end. 


La volonté des réfugiés prise en Assemblée Générale est pourtant sans équivoque. Il n’est pas question ici de lancer une nouvelle occupation, début d’une lutte politique prolongée pour réclamer la régularisation de tous les sans-papiers. En effet, nous nous sommes immédiatement mis au travail et recherchons activement un autre lieu permettant l’hébergement prolongé (et politique) de ces centaines de sans-papiers.

 

Dans l’attente de récupérer leurs affaires éparpillées au 133, chaussée d’Ixelles lors de l’intervention brutale de la Police, et dans l’attente de trouver ce nouveau lieu (quelques jours)… les sans-papiers n’ont pas d’autre choix que de rester temporairement dans leur « refuge », à l’Université. Pour aller dans ce sens, les représentants des réfugiés et des étudiants ont déjà tenté d’entrer en discussion avec les autorités de l’ULB pour trouver un accord dans les plus brefs délais. Tous les membres du CAS (Comité d’Actions et de Soutien de l’ULB) continuent à porter les mêmes revendications : l’arrêt des expulsions, la suppression des centres fermés et la régularisation de tous les sans-papiers. De plus, le CAS réclame la mise à disposition immédiate d’un nouveau bâtiment d’où mener la lutte des sans-papiers. 


Contacts : Philippe SANTINI, 0474/57 67 80 et Pablo VIDAL, 0485/54 99 91 2 

 

voir vidéo/ interview de Zoubida et autorités ULB 

http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/4829/166/

BRUSSEL -- Op 18 november werd het kraakpand "Turtelb'Home" in Elsene omstreeks 11 uur ontruimd. Waardoor honderden (sommige bronnen spreken over 500) mensen op straat in de barre kou kwamen te staan. Uiteindelijk konden ze via een bezetting van de nabijgelegen school "INSAS" terecht in de sportzaal van de ULB om daar de nacht door te brengen. een fotoverslag...

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