05/06/2008
12 manifestants sans papiers : Belgique, terre d’arbitraire et de violences étatiques
MANIFESTANTS SANS PAPIERS MAINTENUS EN DETENTION.
INTERDICTION DE MANIFESTER POUR LES SANS PAPIERS EN BELGIQUE!!!
(prochaine réunion pour la libération des manifestants- Lundi 9 juin 18h Occupation ULB)
Ce mercredi 4 juin fut prononcé l’appel de 7 des manifestants sans papiers arrêtés le 29 avril dernier durant une manifestation pacifique autorisée.
Comment peut-on autoriser une manifestation de personnes sans papiers et ensuite affirmer qu’elles n’en ont pas le droit sous prétexte qu’elles sont «clandestines»?
Dans ce pays, peu importe que la rafle ait eu lieu durant les heures autorisées pour cette manifestation, peu importe que plus de cent trente personnes aient été libérées ce jour-là et que 12 restent toujours enfermées, peu importe que le Parquet ait remis en Appel un avis écrit positif et se soit ensuite rétracté oralement -dans ce pays les écrits s’envolent !-, peu importe que le soi-disant gouvernement se refuse à tenir ses engagements et n’établisse aucun critère clair et éthique de régularisation, peu importe l’existence de
Face à cet ultime durcissement d’une position politique déjà anti-humaniste à la base, il nous paraît plus que jamais impossible de croire en la parole émanant d’autorités banalisant l’arbitraire et les violences étatiques.
Nous réclamons le droit à l’expression, nous affirmons aujourd’hui le droit à la colère ! Afin de nous montrer dignes et cohérents, canalisons nos frustrations, ressentiments et tristesses en nous mobilisant à travers les actions suivantes :Mobilisons-nous ! Inventez vos actions, faites appel aux énergies créatives et récréatives, faites appel au(x) sens ! Stop violence !
Ces manifestants sans papiers, autant que tous les autres, ont besoin du soutien le plus large possible, comme nous avons besoin d’eux afin d’offrir à ce pays la chance de vivre ses diversités dans le respect mutuel et l’espoir, c’est à dire garantir à tous, avec et sans papiers, les espaces où exercer droits et devoirs nécessaires à l’expression de perceptions différentes et de futurs possibles. Il est temps de rappeler au «pouvoir» que, avec et sans papiers, nous détenons tous une identité qui nous est propre et qu’aucune n’est illégale.- la régularisation de toutes les personnes sans papiers.
un moratoire sur les expulsions, maintenant !
- la fermeture définitive des centres fermés
LE COLLECTIF POUR
La lettre
J'ai reçu une lettre hier
dans cette lettre on me dit
que mon frère a été arrêté
et que sans compassion, menotté,
dans la rue on l'a traîné, oui.
~
La lettre dit le motif
qu'à commis mon frère
avoir soutenu une manif
qui était autorisée
Si cela est un motif
je veux aussi être emprisonné, oui.
~
Lui se trouve si loin
moi j'attends une nouvelle
et la lettre vient me dire que
dans mon pays il n'y a pas de justice
ceux qui sont sans droits
demandent des papiers,
des coups leur donne la police, oui.
~
De cette manière honteuse
ils veulent conserver leurs sièges
ceux de cuir et de privilèges
sans avoir aucun mérite
ils vont et viennent du parlement
et oublient les conventions, oui.
~
As t'on vu l'insolence
barbare et perfide
de présenter la matraque
et d'enfermer de sang froid
à celui qui n'a pas de défense
et les deux mains vides, oui.
~
La lettre que j'ai reçue
me demande une réponse
je demande que se propage
dans toute la population
que le pouvoir est sanguinaire
dans toutes générations, oui.
~
Par chance j'ai une organisation
pour crier ma douleur
j'ai aussi 100 000 frères
en plus de celui qui est emprisonné
les 100 000 sont sans papiers
avec révolte et dignité, oui.
L’antiterrorisme ne peut être un secret d’état
MARC METDEPENNINGEN - Le Soir
samedi 07 juin 2008, 09:31
L’arrestation spectaculaire des ex-militants des Cellules communistes combattantes (CCC), Pierre Carette et Bertrand Sassoye, et de trois autres suspects semble s’apparenter à une nouvelle opération sacrificielle destinée à proclamer que la Belgique , oui, est pleinement engagée dans la lutte planétaire contre le terrorisme. Carette n’est retourné derrière les barreaux que pour une insigne (et non encore établie) violation de sa condition de libéré conditionnel. Sassoye et les autres sont emprisonnés – au moins – pour leurs sympathies militantes à l’égard des « détenus politiques » italiens du mouvement politique PCPM dont le procès a débuté à Milan.
Le retour des CCC en Belgique ? La résurgence d’un réseau européen terroriste ? Force est de déplorer qu’une nouvelle fois, la seule invocation de « la menace terroriste » suffît au parquet fédéral pour refuser de s’expliquer sur les raisons précises de ces arrestations.
Ce brouillard entretenu autour du « terrorisme » est nuisible. En décembre, le même type d’incantation et une même culture du secret avaient justifié la fermeture du marché de Noël à Bruxelles, la suppression du feu d’artifice de Nouvel An, la pose de couvercles sur les poubelles du métro où il était affirmé par le gouvernement qu’un « risque d’attentat » existait alors qu’on y laissait circuler les voyageurs.
Six mois plus tard, on ne sait toujours pas les motivations réelles de ces gesticulations sécuritaires qui s’apparentent à une prise en otage de l’opinion publique, priée de croire ce qui ne peut lui être démontré. Elles nous ramènent aussi aux années de plomb et des attentats des CCC, qui justifièrent sous le gouvernement Martens-Gol, le déboulé des paras dans les rues de nos villes, le renforcement des pouvoirs de la gendarmerie, et, surtout, des pertes consenties de libertés.
Le gouvernement et la Justice , à moins de considérer nos concitoyens comme des imbéciles, ne peuvent, croyons-nous, utiliser une « menace terroriste » invoquée comme un hochet justifiant le secret de leurs décisions autoritaires et le renforcement de nouvelles mesures liberticides.
Il leur revient de s’expliquer.
L'arrestation des membres du Secours Rouge :
un avertissement au mouvement d’opposition aux lois antiterroristes
Luk Vervaet, enseignant en milieu carcéral
(...)
Dans le climat et la vague de répression actuels, les objectifs poursuivis et le moment choisi dans l'affaire du Secours Rouge sont avant tout politiques.
Le principal reproche aux membres du Secours Rouge arrêtés est un travail de solidarité avec des militants italiens en prison. Le Secours Rouge est la seule organisation dont la spécificité est la mobilisation pour les détenus anciens et nouveaux de la mouvance révolutionnaire armée en Europe.
Le point essentiel est là : le seul fait d'organiser cette solidarité fait de vous un membre de l'organisation terroriste elle-même. La justice veut lancer un avertissement sérieux à tous ceux qui s’opposent aux lois antiterroristes et à la criminalisation des militants. C’est une raison suffisante pour réclamer la libération immédiate des personnes aujourd’hui arrêtées.
Luk Vervaet, Rue Van Artevelde 161/bt19, 1000 BXL. Tel 0478653378.


































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