27/03/2008

l’enfant Manneken Pis

L'Udep n'est pas responsable de cette action mais en est solidaire et la soutient totalement.

Ce mercredi 26 Mars à 12h30, l’enfant Manneken Pis a fait l'expérience de l'enfermement en centre fermé pendant près d’une demi-heure.
 
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Un collectif de terriens indignés par l’existence de ces centres  où l’on enferme les étrangers pour le seul motif de leur situation administrative, se sont enfermés avec le Manneken pis derrière les barbelés d'un centre fermé.
 
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Devant les touristes hébétés ils lui ont chanté des berceuses et lu une déclaration (voir le texte), avant de se faire emmener par la police de Bruxelles. L’action s’est déroulée pacifiquement et sans aucun incident.
 
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Déclaration du Collectif de Terriens
EN BELGIQUE ON ENFERME
LES ENFANTS ET LES INNOCENTS
                    Nous, citoyens de Belgique et de la Terre , dénonçons par notre action, l'existence de centres fermés de la honte, où chaque jour des adultes de toutes origines et des enfants, n'ayant commis d'autre crime que celui d’avoir posé le pied dans notre pays, sont enfermés et détenus et ce , du seul fait de leur situation administrative et traités de façon inhumaine et dégradante.
                    Outre le besoin vital que nous partageons mondialement de boire, manger et se loger quotidiennement, il en existe un autre qui est celui de vivre en sécurité et dignement.
Serait-ce  la tentative de réalisation de ces besoins qui, devenu crime, autoriserait le gouvernement à
emprisonner des victimes plutôt que des coupables?
                   
                     Quelles sont les mesures réelles qui vont être prises par le nouveau
                  Gouvernement?
                  Les centres fermés sont-ils voués à proliférer ou à disparaître?
                 Quand cesseront le règne des traitements dégradants et des expulsions
                  sauvages de personnes innocentes ?
                   Nous exigeons que la question de l'immigration soit traitée humainement avant de l'être économiquement, considérant qu'il est intolérable de voir de si nombreuses et persistantes situations innommables de mort sociale et de maltraitance.
                  Plutôt que de continuer à mener une politique d'exclusion raciale tout en laissant reposer son économie sur l’exploitation des plus démunis, la Belgique devrait servir d’exemple pour l’Europe, à l'image d’une Bruxelles cosmopolite à visage humain.
                  Il n'y aura jamais « trop d’étrangers » si l'on arrête le pillage des richesses des pays dont  on accuse les ressortissants d'être pauvres; votre politique d'immigration doit aller de pair avec une réelle solidarité internationale, ici et là bas.
 Des actions citoyennes se multiplieront tant que ces situations ne disparaîtront pas au profit d'une politique juste, rendant au moins la dignité à ceux dont certains sont de plus en plus souvent prêts à perdre la vie face à l'impossibilité de pouvoir tenter de la « gagner » ou simplement de la vivre.
                                                                          Signé : Terrien ou t’es rien ?

ACCORD DU GOUVERNEMENT SUR L'IMMIGRATION: des victoires deviennent possibles... le bras de fer continue!

ILLU

Chers compagnons, voici l'accord du gouvernement sur les personnes sans papiers, même s'il peut sembler positif, cet accord reste très flou, ce n'est pas une GARANTIE, ce sont des déclarations d'intentions pour la plupart et souvent très vagues, qui n'engagent concrètement à aucune mesure effective propre (d'après le PS lui même!). Attention. Il n'y a ni critères fixés, ni agenda et la plupart des modes d'applications restent "à déterminer"... Cependant, au vu de l'orientation de l'accord, l'on voit que le large mouvement de protestation et de solidarité mené ces dernières années, portent aujourd'hui leurs fruits.

Nous, UDEP, maintenons donc la mobilisation et toutes nos actions jusqu'à l'application effective des mesures et l'évaluation que nous en ferons ensemble. En outre, nombre de nos revendications, notamment en matière d'incarcération des étrangers pour le seul motif de leur situation administrative, de traitements inhumains et dégradants, d'expulsions, ne sont pas rencontrées et cette étape n'entame en rien notre détermination.

1) CLANDESTINS ET ILLEGAUX :  ATTACHES DURABLES.

Pour ceux qui ne rentrent pas dans la régularisation par l'asile, tous les déboutés, dont la demande a été refusée, tous ceux qui n'ont jamais introduit de dossier,....

a) Les ATTACHES DURABLES DEVIENNENT L'ANCRAGE LOCAL DURABLE et deviendraient un motif de régularisation pour MOTIF HUMANITAIRE URGENT, donc, une circonstance exceptionnelle.

CONDITIONS : (Il ne faudrait pas obligatoirement remplir toutes les conditions).- La durée de présence en Belgique. (sans doute 4, 5 ou 6 ans) = le plus important !- Avoir des enfants scolarisés.- Avoir un diplôme, formation, travail…= la possibilité de travailler (dans un métier en pénurie).- Parler une langue nationale (français, néerlandais).- Etre intégré dans son quartier, connaître les autorités communales, les associations, …

1) Les critères seront fixés dans une circulaire et le ministre est censé les appliquer.

2) 6 mois après on contrôlera le travail du ministre pour voir s’il a bien appliqué les critères.

3) 1 an après (rien n’est sûr !), on mettra peut être en place une commission indépendante chargée d’examiner les demandes de régularisation à la place du ministre et de l’Office de la honte.

UDEP- QUAND ces mesures seront mises en place ? Pour qui? Quels seront les critères? Combien d’années Belgique? Qui décidera? Quelles preuves seront acceptées? ... ON N’EN SAIT RIEN !Ps et cdh l’ont dit, ça dépendra de la mobilisation ! Si on s’endort, on perdra tout, il n’y aura rien ! 

 2) DEMANDEURS D’ASILE :  LONGUES PROCEDURES.

Régularisation pour les LONGUES PROCEDURES D'ASILE

a) Si la PROCEDURE d’asile a duré 3 ans pour les familles avec enfants et 4 ans pour les célibataires.

b) Si la PROCEDURE d’ASILE + 9.3. ou + CONSEIL D’ETAT a duré 4 ans pour les familles avec enfants et 5 ans pour les célibataires. (NB : Pour ceux qui font une demande d’asile, Permis de travail 6 mois après la demande d'asile.)

 UDEP- Quand ? Est-ce qu’on parle des procédures en cours ou aussi des déboutés de l’asile ? Est-ce que le 9.3 est valable s’il est introduit après le conseil d’état ? On n’en sait rien !

3) REGULARISATION PAR LE TRAVAIL (économique):

UDEP- Quand? on parle d’offre ou de contrat de travail? Quel type de travail? Quels horaires? Quel  type de contrat ? Est-ce que après le permis de séjour sera renouvelé ? On n’en sait rien ! C’est une mesure unique, elle n’aura lieu qu’une seule fois pendant 6 mois.

IL Y A 2 CONDITIONS;

a- Etre en Belgique depuis le 31 mars 2007.

b- Avoir une offre de travail ferme. (NB : Pour les indépendants, ils ont 6 mois pour le devenir).

c- Comment cela devrait se passer : 1) Sur base d’une offre de contrat, on vous donne un permis de 3 mois. 2) Vous avez 3 mois pour vous faire engager réellement dans ce travail, commencer à travailler et venir demander alors le permis de séjour prolongé mais pas définitif !

4) CENTRES FERMES et RENFORCEMENT DES EXPULSIONS : 

- Ici, le combat est loin d'être gagné, pas de suppression des centres en vue, l'enfermement sera limité à 2 mois. Une prison spéciale serait prévue pour les enfants étrangers. Donc, pas de transparence et la criminalisation des étrangers continue. - La limitation de l'enfermement à 2 mois semble bonne mais fait cruellement penser à la France où l'on expulse à tour de bras et où les tentatives de recours sont extrêmement compliquées.

Le gouvernement s'engage à mettre tous les moyens qu’il faut pour que les ordres de quitter le territoire soient effectivement appliqués et rapidement, cela veut dire, Des traitements plus durs…

 Nous, UDEP, maintenons donc la mobilisation TOTALE et toutes nos actions jusqu'à l'application concrète et juste des promesses de cet accord. Aussi, beaucoup de nos revendications, en matière d'incarcération des étrangers en centre fermé, de traitements inhumains et dégradants, d'expulsions, de prise en compte des clandestins, ne sont pas rencontrées et notre détermination reste entière. Le combat continue, on ne vas pas se laisser endormir par des promesses ! Le gouvernement l’a dit, les expulsions seront renforcées et seront plus dures !Nous continuons à nous battre pour l'égalité entre tous les hommes que nous considérons comme une valeur fondamentale à défendre et sans laquelle nos sociétés ne peuvent être pleinement humaines. 

PLUS D’INFORMATION  Rendez vous tous les lundis 18h30 assemblée générale des sans papiers de l’Udep Bruxelles – Salle cosmos à Anderlecht. 0471 37 57 76

attaches durables

L'UDEP BRUXELLES  

voir l'accord sur http://www.lesoir.be/mediastore/_2008/mars/du_11_au_20/_18_accord.pdf

13/03/2008

CerCle du silence au Gouvernement...


TINTAMARRE 

 POUR LA LIBERATION ET LA REGULARISATION DE YOUNES GALLAS

RASSEMBLEMENT LE 26 MARS 2008 A 15 HEURES DEVANT L’OFFICE DES ETRANGERS

Boulevard du Roi Albert II, 8 - 1000 Bruxelles ( gare du Nord) Signez la pétition en ligne POUR LA REGULARISATION DE YOUNES!

Younes Gallas est enfermé au centre fermé 127bis à Steenokkerzeel depuis le 21 février dernier. En grève de la faim depuis le début de son enfermement, il est en proie aux brimades, aux insultes et au harcèlement du personnel du centre, qui le considère comme le leader des grévistes de la faim du centre fermé. Younes a droit régulièrement au cachot. Les pressions psychologiques sont telles de la part de certains gardiens que Younes a peur, lors des changements hebdomadaires de personnel, de retrouver ses bourreaux et d’être une nouvelle fois la victime de leur vindicte.

Younes va mal, très mal. Sa grève de la faim l’affaiblit et son psychisme se détériore. Qu’aurait donc fait un garçon de 22 ans pour mériter pareil sort ? Il est arrivé en Belgique en 2002 à l’âge de 16 ans pour rejoindre son frère et sa mère, résidents légaux. A la suite des démarches maladroites d’un juriste, il se retrouve à 18 ans sans papiers. Une demande de régularisation a été refusée et un recours est en suspens. Une nouvelle demande de régularisation a été introduite avec de nouveaux éléments.

Jusqu’à ce que sa vie bascule, Younes vivait à Verviers avec ses parents et ses amis. Il n’a plus aucune attache avec son pays d’origine, le Maroc. Il a terminé ses études secondaires en Belgique. Il désire vivre ici avec toute sa famille. Et c’est bien justement ce que reproche l’Office des Etrangers à Younes.

Le ministre de l’intérieur et l’Office des Etrangers demeurent sourds aux centaines de voix qui se sont élevées dans le pays pour réclamer la fin des mauvais traitements subis par Younes, sa libération et sa régularisation. Cette surdité ne peut plus, ne doit plus durer !

Le 26 mars 2008, à 15h, nous serons devant l’Office des Etrangers pour remettre les centaines de pétitions recueillies en sa faveur et réclamer encore et toujours sa libération et sa régularisation. Nous porterons la parole de Younes et ferons en sorte que l’Office des Etrangers ne puisse plus se boucher les oreilles ni ignorer Younes Gallas.

Nous appelons associations, politiques, citoyens À nous rejoindre ET À DIRE NON A CET ARBITRAIRE QUI BRISE LA VIE D’UN JEUNE HOMME DE 22 ANS. APPORTEZ SIFFLETS, CASSEROLES, MUSIQUE ! FAISONS-NOUS ENTENDRE, FAISONS ENTENDRE YOUNES, FAISOONS ENTENDRE TOUS CEUX QUI SONT ENFERMES !

SUPPRESSION DES CENTRES FERMES

 ARRET DES EXPULSIONS

Le comité de soutien/ Réseau éducation sans frontières http://resf.be   0473628733

L'UDEP BRUXELLES


 Le silence est le dernier refuge de la liberté. (Michel Campiche)

Rassemblement des CerCles du

Silence à Bruxelles pour la prise

en compte des attaches durables

Mercredi 19 mars 2008 à 12h00 – Place Surlet de Chokier (metro Madou)

LETTRE DES CERCLES DU SILENCE AU PREMIER SINISTRE  

Monsieur le Premier Sinistre,

Vous vous apprêtez à devenir le nouveau chef de notre gouvernement national. Un gouvernement qui va devoir très rapidement faire face à de nombreux défis, qu'ils soient institutionnels ou budgétaires.

Mais ces défis ne sont pas les seuls qui vont nécessiter de l'attention.

En effet, des dizaines de milliers de personnes sans papiers attendent toujours de recevoir un statut légal dans notre société. Demain, des personnes qui sont depuis des années en Belgique, qui y travaillent, dont les enfants vont à l'école, qui ont reconstruit leur vie ici, pourront peut-être sortir du flou juridique insupportable et devenir des citoyens comme les autres, qui travailleront légalement, sans être exploités, qui payeront des impôts et qui permettront aussi à notre société de s'inscrire dans une dynamique moderne et riche des apports culturels de ces nouveaux citoyens.

 Nous saluons cette ouverture vers la prise en compte de l'existence légale de nos concitoyens ainsi que les différents partenaires du Gouvernement qui y ont contribué. Nous veillerons à ce que les espoirs que suscitent cet accord soient bel et bien respectés. 

Au regard de l'accord finalisé cette nuit, nous vous demandons de veiller à la mise en place concrète – il ne peut s'agir d'une éventualité ! - d'une Commission permanente. L'objectivation des critères étant difficile, cette commission permettrait justement d'appréhender et de prendre en compte plus objectivement les « ancrages locaux » dont parle l'accord. L'avis éventuel des autorités locales est un plus mais rencontre aussi des limites lorsque les personnes sont, par exemple, isolées ou habitent de grandes entités, où elles se retrouvent perdues « dans la masse ». Nous regrettons également que les critères soient inscrits dans une circulaire et non dans une loi.

 Nous demandons enfin et prioritairement la mise en place rapide d'un moratoire visant à empêcher l'enfermement et l'expulsion de personnes qui pourraient introduire une demande de régularisation dans le cadre de l'accord du Gouvernement. Persuadés que vous mettrez tout en oeuvre pour concrétiser cet accord, nous vous prions de croire, Monsieur le futur Premier Ministre, à l'expression de notre haute considération. 

 Pour tous ceux qui souhaitent marquer leur soutien aux personnes sans papiers à la veille de la mise en place du nouveau gouvernement :

Rendez-vous à la Place Surlet de Chokier (metro Madou) pour une manifestation qui passe par la Place de la Liberté pour rejoindre le 180, Rue Royale où se trouve le Cabinet de Yves Leterme. Cette manifestation réunit les délégations des 16 Cercles du Silence en Belgique.

Venez nombreux manifester avec nous !
 

Les Cercles du Silence de 17 Villes :
Anvers, Arlon, Bruxelles, Charleroi,
Forest, Gand, Hasselt, Izegem, Jodoigne, La Louvière, Liège, Louvain-la-Neuve, Mons, Roeselare, Sint-Niklaas, Verviers et Veurne.

Avec le soutien de :
Citoyennes et citoyens avec et sans papiers, les syndicats : FGTB et CSC, l'Assemblée des voisins, le Forum Asile et Migrations, l'UDEP National, l'OSP.
 


Lettre des 1200 sans papiers de l'Udep Bruxelles engagés dans l'action  de l'occupation de l'église d'Anderlecht

 Brussel-Bruxelles, dimanche 16 mars 2008

Chers monsieur le Premier Ministre, chers membres de notre Gouvernement,
 cher Ministre de l'intérieur, 

Nous nous adressons à vous car nous menons actuellement une action qui engage déja plus d'un millier de personnes sans papiers à Bruxelles.

Nous participons, depuis 2 ans et demi, au mouvement des personnes sans papiers pour attirer votre attention sur notre situation, difficilement tenable et qui ne fait que durer. Nos dossiers de demande de régularisation restent, pour la plupart d’entre nous, sans réponses positives.

Vu les attaches durables que nous avons développées en Belgique, nous estimons qu’il serait plus juste de considérer nos dossiers de manière humaine et de nous permettre de continuer à vivre dignement en Belgique, que nous aimons tant, avec nos amis, qui sont nombreux à nous soutenir, en régularisant notre situation et donc en nous octroyant un titre de séjour.


Nous sommes réunis et organisés au sein du mouvement Udep (Union de défense des personnes sans papiers).
Comme vous le savez, les accords du futur gouvernement en matière d'immigration ne présagent aucune avancée significative en matière de régularisation de nos situations administratives et confirment la crainte que nous resterons, pour la plupart, condamnés à une vie de clandestinité, de misère, d'illégalité et surtout d'inégalités...

Les actions que nous menons sont pacifiques et citoyennes. Nous souhaitons vivement pouvoir vous rencontrer afin de vous présenter notre action, d'entendre vos conseils et votre analyse de la situation et de savoir quelles perspectives nous avons pour espérer pouvoir sortir de la clandestinité en Belgique et d'obtenir la révision de nos demandes de régularisation.

Pourriez vous donc nous fixer un rendez afin qu'une délégation puisse avoir un entretien avec vous, nous vous en serions reconnaissants, cela nous est vital.

Dans l'attente de votre réponse, merci.

Veuillez accepter nos salutations et notre respect.

UDEP Région de Bruxelles

0494 384 442

udep-bruxelles@hotmail.com


 CE MERCREDI 12 mars, 60 CITOYENS BELGES ET SANS PAPIERS DE L'UDEP BXL ONT ENVAHIS LE PARTI SOCIALISTE POUR Y TENIR UN CERCLE DU SILENCE !

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Ils ont rappelé au Parti pour l’égalité (Parti socialiste) qu’il s’était fermement engagé à ne pas rentrer dans un gouvernement sans procédure de régularisation sur base des attaches durables ; « Le PS exigera que la régularisation fasse partie de l’accord du prochain gouvernement si nous sommes amenés à y participer. » Elio Di Rupo (voir courrier de Di Rupo en pièce jointe).

 

Les sans papiers de l’Udep ont déroulé une banderole où ils ont inscrit les articles de la déclaration universelle des droits de l’Homme, devant le bâtiment boulevard de l’Empereur.

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Ils ont donc occupé le siège du parti où ils ont tenu un CerCle silencieux. Au centre du CerCle étaient symboliquement déposés les engagements du Ps en matière de régularisation des sans papiers. Le CerCle s’est tenu pendant 1 heure, après négociations, Mr De Walcque a été dépêché sur place et s’est entretenu avec une délégation d’une quinzaine de personnes.
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La délégation lui a remis l’Appel (voir plus bas) pour qu’il soit transmis à Mr Di Rupo. Ils ont rappelé au représentant qu’ils attendaient du parti pour l’égalité (Ps), qui est amené à participer au prochain gouvernement, qu’il tienne ses engagements. De plus, il peut compter aujourd’hui sur une large majorité s’étant engagé pour la régularisation (CD&V, CdH, PS). Mr De Walcque a répété que les engagements du Ps sont toujours valables et seront tenus, à savoir que le Ps exige que soit inscrit dans l’accord du futur gouvernement, la régularisation des personnes sans papiers ayant des attaches durables en la Belgique et que soit instaurée une commission indépendante et permanente de régularisation e.a.
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 Après 3 heures d’occupation les personnes ont acceptés de quitter le siège du parti.Les personnes sans papiers qui ont occupé le PS ouvriront une occupation demain à Anderlecht et y entameront une grève de la faim symbolique de 48h avec près de 200 autres personnes de l’Udep.  Ces CerCles du silence se tiennent chaque mercredi au 4 coins de la Belgique et se tiendront dans les prochains jours aux sièges des partis concernés.
Appel déposé au Parti pour l’égalité (Parti socialiste)
  Ce mercredi 12 mars, nous, citoyens avec et sans papiers, tiendrons un Cercle du silence au siège du parti pour l’égalité, situé Blvd de l’Empereur à Bruxelles.Nous entendons ainsi rappeler au Parti pour l’égalité (Ps), qu’en Belgique, 1 citoyen sur 100, vis dans l’inégalité la plus totale. En effet, en Belgique, pas moins de 100 000 personnes, hommes, femmes, enfants sans papiers vivent dans la précarité et le déni de tout droit. Nous formerons un cercle silencieux au siège du Parti pour l’égalité en lui demandant s’il prend réellement l’égalité au sérieux et s’il est prêt à la défendre dans le futur gouvernement auquel il est amené à participer. En tant que citoyens, nous considérons l’égalité comme une valeur fondamentale à défendre sans laquelle notre société ne peut être pleinement humaine.  Depuis près de 2 mois, citoyennes et citoyens avec ou sans papiers, nous nous réunissons en silence une fois par semaine dans tous les coins de la Belgique. Pourquoi le silence ? Parce que face à votre silence, au silence du gouvernement, face aux silences de certains partis qui le constituent (Ps, Cd&V, cdH) et qui se sont engagés à donner une réponse à cette question en tenant compte des Attaches durables comme critère de régularisation, nos cris n'ont pas encore eu d'effet. Nos mots sont à ce jour restés sans réponse.

Et puis, parce que tout a déjà été dit sur la question et qu’il est temps pour les politiques d’agir, de faire en sorte que leurs promesses électorales ne restent pas lettre morte. Mr Di Rupo qui s’était engagé (avant les élections) à ne pas entrer dans un gouvernement sans opération de régularisation et sans instauration d’une commission indépendante et permanente de régularisation, tiendra t-il sa parole ?


11/03/2008

EXTREME TENSION AU CENTRE FERME à STEENOKKERZEEL

 

Non à la systématisation des camps

Rassemblement européen contre la directive de la honte

Mercredi 7 mai 2008 à Bruxelles

12h30, place Schuman

Le 20 mai 2008, le projet de directive sur la rétention et l?expulsion des personnes étrangères va être soumis au Parlement Européen.

Ce projet, dans la continuité des politiques européennes sur l?immigration axées uniquement sur les volets sécuritaire et répressif, officialise la disparition des principes fondamentaux des personnes.

S?il était adopté, ce texte permettrait :

- l?enfermement des étrangers pouvant atteindre 18 mois pour le seul fait d?avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ;

- la détention des mineurs, au mépris du respect de l?intérêt supérieur de l?enfant ;

- l?interdiction pour les étrangers expulsés de revenir en Europe pendant 5 ans, ce qui revient à criminaliser et à exclure ces personnes.

Au regard de ces violations des Droits de l?Homme, nous demandons donc aux parlementaires européens de rejeter ce projet de directive.

Il est de notre responsabilité de réagir pour empêcher la systématisation des camps et l?éloignement des personnes jugées indésirables.


Signataires de l?appel à rassemblement : AEDH, Anafé, APDHA, Arci, ASTI Luxembourg, ATMF, Cimade, Cire, Gisti, Ipam, Kerk in Actie, LDH Belgique, Migreurop, ProAsyl.

 

Des bus sont organisés pour aller à Bruxelles depuis Paris

- Rendez-vous à 7h 45 à porte de la Chapelle, angle de la rue de la chapelle et du boulevard Ney

- Retour sur Paris vers 19h

Tarif Aller-retour: 25 euros par personne

Réservations sur le site internet de la Cimade

Informations/Renseignements : solene.guerinot@cimade.org


 
TENSION EXTREME AU CENTRE FERME DE STEENOKKERZEEL Lundi 10 mars
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Nous étions une dizaine dimanche à avoir répondu à l’appel pour aller soutenir les sans papiers au centre fermé 127bis.
Dès notre arrivée devant l’aile des familles, pas besoin de nous annoncer, c’est comme si les détenus nous attendaient. A peine nous les avions salué qu’ils ont commencé à hurler, déchaînant, par les cris et leurs coups sur les plexiglass, leur rage face à l’enfermement et à la répression qu’ils subissent. Ils réclament leur libération, en brandissant un calicot « Grève de la faim » et nous annoncent qu’une centaine d’entre eux ont arrêté de manger depuis une dizaine de jours. Face à l’impossibilité d’entamer un quelconque dialogue dans pareille tension, nous nous faisons alors l’écho de leurs cris et notamment de ceux des enfants ; « Libérer, libérer ! ».
Les prisonniers eux, ont protesté contre les contrôles d’identité que nous imposaient la police, en scandant aux policiers « Chiens de garde, allez-vous en ! »
La tension à son comble à l’intérieur, la police, dehors, était elle aussi à cran : patrouilles faisant des allers-retours constants comme pour débusquer les éventuels manifestants « cachés », interdiction d’utilisation du mégaphone pour communiquer avec les prisonniers, contrôle d’identité et fichage systématique des gens et des voitures. Au moins une trentaine de policiers visibles pour 10 manifestants, s’agit-il d’un principe de précaution ? Ainsi déployé, à nos yeux, ils ne servent qu’à la criminalisation et la mise sous pression des manifestants et des détenus !
Après cette éprouvante expérience, nous nous questionnons :
-         Qu’est ce qui, dans le centre fermé, a pu mettre ces prisonniers dans un tel état de fureur ?
-         Quel est le suivi médical assuré pour les grévistes de la faim dans un centre fermé ?
-         Quelles seront les conséquences de ces événements pour eux dans le centre ?
-         Comment évoluent les enfants dans un tel climat de violence ?
-         La sécurité de qui un tel arsenal policier prétend-il assurer ?
Dans l’après midi nous recevons un appel : la police antiémeute est là en nombre et sépare avec violence les hommes des femmes et enfants (cris de femmes et pleurs d’enfants au tel)
Dans la soirée nouveau coup de téléphone : la police a amené 5 personnes, menottés. Les enfants sont traumatisés. Les grévistes confirment qu’ils continuent leur grève de la faim.
Nous appelons à un nouveau rassemblement ce dimanche 16 mars pour continuer à soutenir les sans papiers détenus dans les centres fermés et réclamer la fermeture de tous les centres fermés.

Rassemblement dimanche 16 mars à 12 heures

devant le centre fermé 127bis

300, Tervuursesteenweg - 1820 Steenokkerzeel
(train gare du Nord vers leuven à 11 :47- arrêt Nossegem)
RESF-Belgique resf://resf.be
 Collectif des Sans Papiers en Lutte - CSPL-
UDEP Bruxelles
 Contact : 0473628733-0474503655

 et Grève de la faim au centre fermé de Vottem9735

sur cette page - Les gardiens de Vottem parlent -Rapport sur les centres fermés -Retour des camps par Olivier Le Cour Grandmaison.

Une centaine de personnes incarcérées au centre fermé pour étrangers de Vottem (Liège) ont entamé dimanche une grève de la faim. Le mouvement a débuté vendredi au sein d'une des quatre ailes du centre, avant de s'étendre.

Selon France Arets, porte-parole du CRACPE, les personnes enfermées se plaignent des mauvaises conditions de détention et d'un manque de soins médicaux. "Un psychiatre vient tous les quinze jours mais la question des soins médicaux reste entière; les gens n'ont pas l'impression d'être suivis médicalement et de voir leurs cas être suffisamment pris en considération", détaille la porte-parole. Selon elle, le centre compte un nombre de détenus proche de sa capacité maximale, soit 160 places. Les personnes détenues se plaignent de surpopulation et de la mise régulière au cachot. "Ils protestent contre la détention elle-même : détention de personnes qui n'ont commis d'autre délit que de ne pas avoir les bons papiers", rappelle-t-elle. (GFR-Belga)

contact CRACPE Liège ligne d'urgence : 0476/47.93.88   http://cracpe3.skynetblogs.be/

Centre fermé de Vottem, des gardiens parlent... (novembre 2006.)

« Il y a des violations des droits de l'homme ! Ça ne peut plus continuer »

Enquête : Michel Bouffioux - Photos : Reporters - Article paru dans Ciné-Télé-Revue N°46/16 novembre 2006 http://www.assembleedesvoisins.be/Centre-ferme-de-Vottem-des

« Nous sommes témoins d’atteintes aux droits de l’homme et à la dignité humaine. Certains d’entre nous rentrent chez eux en pleurant », confient plusieurs agents du centre fermé pour sans papiers de Vottem. Ils dénoncent la présence de « résidents » souffrant de lourdes pathologies mentales... « Ce n’est pas leur place. Ils ne reçoivent aucune aide thérapeutique. Quotidiennement, nous sommes confrontés à des drames qui nous révulsent. »

Avant d’entamer la discussion, l’un de nos quatre témoins, tous agents du centre fermé de Vottem, près de Liège, cette prison qui ne porte pas son nom, ce lieu secret où séjournent des « illégaux » en attente d’expulsion, précise clairement les règles : « Vous devrez garder le silence sur notre identité. Notre statut nous interdit tout contact avec la presse. On risque notre emploi. » Il expose ensuite le malaise ressenti par lui même et plusieurs collègues : « Ce boulot, on l’a accepté. Nous sommes des agents de l’État et nous obéissons aux ordres. Mais on est quelques uns à avoir des problèmes de conscience. Pour retrouver notre sérénité, on voudrait faire notre travail en respectant la dignité de tous. Or, d’année en année, la situation se détériore. On nous demande de garder des gens qui n’ont pas leur place à Vottem ! »
-  De quelles personnes parlez vous ?
-   Julien (tous les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des témoins) : Depuis plus d’un an, on nous transfère très régulièrement des gens souffrant de graves problèmes psychiatriques. Des schizophrènes, des psychotiques, des paranoïaques avec délire mystique et j’en passe, qui auraient bien plus besoin d’une aide thérapeutique que d’une détention en centre fermé. C’est inhumain !
-  Jean : Récemment, on a eu un jeune Turc avec un problème mental... Il s’est retrouvé quinze jours complètement nu dans un cachot. Il passait son temps à se masturber en insultant Allah. Et une fois qu’il avait fini, il culpabilisait d’avoir insulté son Dieu. La direction a mis trois longues semaines à se décider à le transférer dans un lieu psychiatrique.
-  Quinze jours nu dans un cachot ?
-  Joseph : Oui, et ce n’est pas un cas unique. Il y a eu aussi cet Africain, qui s’est d’abord retrouvé dans une aile avec d’autres. On s’est rapidement aperçu que cela ne tournait pas très rond dans sa tête. Cet homme était tétanisé. Il mourait littéralement de trouille et restait immobile, serré dans une couverture. Peut être avait-il vu des choses horribles dans son pays... Décision de la direction : mise en isolement.
-  Jacques : C’est la décision systématique lorsque ces malades s’avèrent dérangeants pour la vie en groupe.
-  Joseph : Celui là, il a été mis au cachot parce qu’il ne se lavait pas et que ses codétenus en avaient assez de devoir le conduire à la douche. De toute évidence, cet homme n’était plus en état de contrôler ses actes. Au point qu’il déféquait et urinait sur lui. Il a été laissé nu dans sa cellule d’isolement pendant des semaines. De temps en temps, l’un ou l’autre agent qui en avait le courage désinfectait sa cellule...
-  De temps en temps ?
-  Jean : Oui, il est parfois resté plusieurs jours comme ça dans sa m... Finalement, cela jouait sur la corde sensible de certains agents, qui ont dit : « Nous, on va le faire, on va l’amener à la douche. » Ce n’est pas notre rôle pourtant...
-  Julien : Des gens ne veulent pas le faire. Des agents ne supportent pas l’odeur parce que cela refoule... C’est mon cas. En plus, je vous le dis honnêtement, j’estime que ce n’est pas mon boulot d’aller désinfecter une cellule d’isolement.
-  Ces résidents restent donc parfois sans soins...
-  Julien : ils reçoivent leur nourriture, leurs médicaments, mais sur le plan de l’hygiène, cela ne va pas. Une personne qui défèque sur elle pourra rester de 24 heures à une semaine sans nettoyage. Se développe alors une odeur pestilentielle... Et ce sont toujours les mêmes qui s’y collent, avec des masques.
-  Jacques : Ce n’est pas facile à vivre, Il m’arrive souvent de rentrer chez moi et de chialer parce que j’ai vu des trucs qui ne devraient pas exister. Ce type, ils l’ont rapatrié sans suivi, sans rien...
-  Jean : Quand on demande pourquoi des cas psychiatriques arrivent chez nous, on nous dit que pour savoir si ces gens doivent être rapatriés ou pas, il faut qu’ils passent d’abord par Vottem. Ils doivent être dans le système pour que l’Office des étrangers puisse les « valider ». Si cela se faisait en quelques jours, je comprendrais. Mais là, cela dure beaucoup trop longtemps. Pour eux comme pour nous.
-  Joseph : Il existe des établissements spécialisés pour aider et soigner ces personnes !
-  N’y sont elles pas transférées lorsqu’on constate leur état à Vottem ?
-  Joseph : Après quelques trop longues semaines d’isolement, cela peut arriver, mais c’est loin d’être systématique. Le plus souvent, leur état psychiatrique n’empêche pas leur rapatriement.
-  Julien : Et d’autres sont tout simplement relâchées dans la nature.
-  Comment cela ?
-  Julien : Pour faire de la place au centre ou pour une autre raison, ils reçoivent un ordre de quitter le territoire (OQT) dans les cinq jours. Concrètement, cela veut dire qu’ils sortent, livrés à eux mêmes. À charge pour eux de quitter le pays. Je me souviens notamment du cas d’un obsédé sexuel qui se masturbait dès qu’il voyait passer une femme de ménage dans le couloir. Après quelques semaines chez nous, il a été remis en liberté avec un OQT de 5 jours...
-  C’est mettre la société en danger !
-  Julien : Tout à fait, mais nous nous sentons aussi en danger. Par exemple, le mois dernier, on nous a amené un type potentiellement très violent. Un schizophrène, nous a dit la direction. Il parle avec vous très calmement, et puis, il pète un câble. Avant que vous compreniez ce qui se passe, il est en train de vous étrangler. On n’est pas formés pour s’occuper de gens comme ça ! Ce type est bien resté deux ou trois semaines en cellule d’isolement. De temps en temps, un volontaire lui faisait prendre sa douche. Et puis, il a été transféré on ne sait où... Aux dernières nouvelles, il serait à Lantin.
-  Jacques : Des gens à problèmes psychiatriques lourds, il y en a de plus en plus. L’un chasse l’autre. En ce moment, un Guinéen parle et chante seul toute la journée. Il défèque dans son assiette et balance le tout par l’œilleton de sa cellule... C’est triste à voir. Il faudrait qu’il reçoive une aide psychiatrique, mais, comme souvent, la direction préfère décréter qu’il s’agit d’une simulation. Jouer la comédie pendant deux ou trois jours, je veux bien, mais pas pendant des semaines !
-  Jean : Le dilemme pour cette direction qui dépend du ministère de l’Intérieur, c’est que si le type est reconnu malade par un psychiatre, il n’est plus rapatriable... Donc, elle fera éventuellement venir des kinés de l’extérieur, mais jamais un psychiatre. Sauf cas tout à fait exceptionnel. Je me souviens d’un type déjà suivi par un psychiatre avant sa détention. Dans un moment de lucidité, il a réussi à demander à revoir son thérapeute, et finalement, il a pu quitter Vottem.
-  Jacques : Vottem est devenu un centre poubelle. Si une personne se balade en rue avec un comportement bizarre, qu’elle est interpellée par la police et qu’elle n’a pas de papiers, le plus simple pour les flics, c’est de l’envoyer chez nous, où elle sera enfermée sous le label « personne étrangère et sans papiers ». Officiellement, il n’y a donc pas de cas psychiatriques dans les centres. Dans la pratique, on improvise...
-  Et les gens qui souffrent de problèmes psychiatriques se retrouvent en cellule d’isolement ?
-  Julien : Pas tous, mais la plupart, notamment les cas difficiles, qui posent problème pour la vie en groupe. Dans notre jargon, on appelle cela le « régime différencié ».
-  Jean : Et ils ne sont pas en isolement pour un ou deux jours, mais pour trois semaines, voire deux mois. Même pour une personne normale, rester dans ce type de cachot si longtemps, c’est insupportable. On en ressort à l’état de zombie.
-  Julien : Un Polonais y était resté deux mois. Il en était ressorti complètement cassé, avant d’être renvoyé dans son pays.
-  Jean : Il est rare que quelqu’un de normal se retrouve pour une longue période en isolement. Après deux ou trois jours, l’intéressé comprend le message et reprend la vie en groupe... Seules les personnes fragilisées par des problèmes psy y restent donc longtemps.
-  Avec quels droits ?
-  Jacques : Trois repas par jour comme les autres. En théorie, le « différencié » peut aussi avoir une promenade au préau, deux heures par jour. En pratique, certains refusent, d’autres ne comprennent même pas qu’ils ont ce droit, et pour d’autres encore, les troubles comportementaux empêchent toute sortie. On ne peut pas demander à trois agents de promener une seule personne...
-  À quoi ressemble une cellule d’isolement ?
-  Jacques : À un cachot de prison. Il n’y a pas de table, juste un matelas posé sur un bloc de béton. C’est une pièce vide.
-  Vous dites qu’un cas psychiatrique chasse l’autre. Que faut-il comprendre par là ?
-  Julien : Il y en a deux ou trois par mois !
-  Jacques : On a en permanence un cas très grave qui doit être isolé.
-  Julien : Sans oublier les toxicomanes, les gens qui ont des troubles du comportement liés à ce qu’ils ont vécu dans leur pays, les personnes sujettes aux crises d’angoisse, de colère. Les délires... On craint tous qu’un jour il y ait un accident.
-  Jean : Mais Julien, des accidents, il y en a déjà eu ! Des nez cassés, un genou explosé... Des réfugiés qui se font du mal à eux-mêmes.
-  Julien : C’est vrai. Il y a aussi des tentatives de suicide et beaucoup d’automutilations. Nous ne sommes pas aptes à juger s’il s’agit de simulations pour obtenir un transfert en hôpital ou une sortie. Il faudrait un véritable suivi des détenus sur le plan psychologique, mais il est totalement inexistant. Cela nous met en permanence dans une situation de malaise.
-  Jean : Vous savez comment l’Office réagit en cas grave de tentative de suicide ou d’automutilation ? Il transfère dans un autre centre ou à l’hôpital. Généralement, dans cette seconde hypothèse, la personne s’échappe parce qu’il n’y a pas de surveillance. Et ce n’est pas un mieux pour elle : elle se retrouve alors dans la nature, sans ressources, dans la clandestinité, avec ses troubles psychologiques ou psychiatriques toujours entiers.
-  Soit on écarte le « problème », soit on le cache ?
-  Jacques : Et c’est la même chose avec les tuberculeux... On touche à un problème de santé publique. Des « résidents » souffrant de cette affection contagieuse ont parfois été relâchés dans la nature, plutôt que d’être soignés.
-  Joseph : Il y a quelque temps, un type crachait ses poumons. La direction n’avait pas envie qu’il perde la vie au centre, mais elle ne l’a pas envoyé à l’hôpital. L’homme a reçu un ordre de quitter le territoire dans les cinq jours. Sur le plan humanitaire, c’est tout à fait désastreux.
-  Julien : C’est sans doute aussi illégal. La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire. Or je vois régulièrement sortir des gens qui ont viré leur cuti. Les centres les déclarent-ils ? J’ai des doutes.
-  Joseph : Plusieurs agents de Vottem ont aussi contracté cette maladie...
-  Revenons aux cas de troubles mentaux. N’y a-t-il pas de psychiatre au centre ?
-  Joseph : Non. On le demande régulièrement. On voudrait aussi des infirmières spécialisées.
-  Jacques : Dans l’organigramme du centre, il y a un psychlogue, mais il ne voit jamais les résidents. Cela ne l’intéresse pas d’aller parler avec le gars qui vit dans ses excréments dans une cellule puante.
-  Julien : De toute façon, n’étant pas psychiatre, il n’est pas qualifié pour soigner ces gens.
-  Jacques : La question se situe simplement sur le plan de la dignité humaine, des droits de l’homme. En tant que membre de la direction, il devrait juger intolérables ces mises en isolement d’êtres aussi fragilisés.
-  Il fait partie de la direction ?
-  Julien : Le psy est aussi directeur adjoint du centre. Et il l’est avant tout : ce qui compte, c’est que la machine continue à tourner sans faire de vagues...
-  Joseph : Il reste dans son bureau. Et ce sont les agents qui font de la psychologie comme ils le peuvent, en discutant avec les personnes à problèmes.
-  Jacques : Il lui arrive tout de même de parler à des résidents excités pour tenter de les calmer.
-  Joseph : Sans doute, mais de toute façon, il y a toujours confusion des rôles. Il discute avec un type un jour, et le lendemain, s’il est de garde, c’est lui qui décidera de mettre le même homme en cellule d’isolement. À qui parlent ces gens lorsqu’ils ont des problèmes de détention : au directeur ou au psy ?
-  Les médecins visitant le centre ne voient pas les cas graves en isolement prolongé avec ces soucis d’hygiène ?
-  Jacques : Si, bien sûr... C’est peut-être pour cela qu’ils changent souvent. Quand ils se retrouvent face à un mur, ils s’en vont.

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Le 29 janvier dernier déjà, Vottem faisait la une des journaux avec la manifestation, initiée par Amnesty International, contre l’enfermement des enfants.

-  Julien : Un psychiatre devrait prochainement débarquer chez nous, un type qui fait des expertises pour le ministère. On verra bien...
-  Jean : En attendant, cela va crescendo. Un groupe de travail vient de se former sur cette problématique des cas psychiatriques, que la direction présente simplement comme des « cas difficiles ». Ils pensent créer une aile spécialisée de 24 lits.
-  Vous sentez vous mal dans ce travail ?
-  Jacques : Parfois, je me demande ce que je fais là. Mais je me dis que j’occupe la place d’un type qui pourrait être pire que moi. Ces centres existent de toute façon. Et il faut gagner sa vie.
-  Joseph : La plupart d’entre nous font de leur mieux dans un contexte difficile. Certains pourraient croire que les agents des centres fermés sont des brutes sans scrupules ou des racistes. Il n’y a rien de plus faux. Par exemple, quand il a été question de recevoir des familles à Vottem et que rien n’était prévu à cet effet, on s’est démenés pour rendre l’accueil acceptable, parce qu’on savait qu’il y aurait des enfants. Ce qui a été fait en un an ailleurs, on l’a réalisé en deux mois. Les familles qui sont venues pendant un temps chez nous étaient mieux accueillies que dans d’autres centres.
-  Julien : Ce travail est pesant. Des gens font des crises parce qu’ils ne parviennent pas à concevoir de retourner dans leur pays. Je pense par exemple à ce Chinois resté trois jours à l’infirmerie ou à cet ado de 18 ans qui avait fait toutes ses études en Belgique et devait repartir... Si vous êtes gardien de prison, vous savez que le gars en face de vous n’est pas là par hasard : il a tué, il a volé. Ici, beaucoup n’ont jamais rien fait de mal !
-  Jacques : À la création du centre, les gens présents étaient uniquement des illégaux, mais depuis quelques années, il y a de plus en plus de smex : ils représentent pas loin de 50 % de la population.
-  De qui s’agit-il ?
-  Jacques : Smex, cela veut dire sans moyens d’existence . Ce sont des Sans-papiers condamnés à une peine de prison, qui viennent purger leurs dernières semaines chez nous avant d’être rapatriés ou de recevoir un OQT de cinq jours. En quelque sorte, on sert aussi à désengorger les prisons.
-  Jean : Parmi eux, il y a beaucoup de petites frappes qui se prennent pour des caïds, de gens violents... On n’est pas formés pour s’en occuper. On craint qu’un jour il y ait un accident...
-  Julien : D’ailleurs, c’est un smex qui a récemment donné un coup de ciseaux à une gardienne du 127 bis. Auparavant, il avait aussi fait un séjour chez nous !
-  Joseph : Cette population très particulière pose également problème aux autres résidents, qui n’ont jamais eu de contact avec le milieu criminel. Ils sont victimes de pressions, de rackets, de violence.
-  Julien : Des Africains qui fuient un régime politique dictatorial sont mélangés à des Albanais venus ici faire du proxénétisme. Les résidents sont logés dans des chambres non fermées et regroupés dans des ailes contenant jusqu’à 40 personnes. Très souvent, pour ne pas dire tout le temps, il n’y a qu’un seul agent pour surveiller tout le monde. Quand c’est calme, ça va, mais lorsque cela commence à s’énerver, mieux vaut se tirer. Des groupes se créent dans le groupe. Des hiérarchies. Comme en prison.
-  Jacques : Ceux qui n’ont jamais eu de soucis avec la justice n’ont vraiment pas besoin de ce stress supplémentaire, alors qu’ils sont déjà déstabilisés par le fait de se trouver dans un milieu carcéral. On ne sait plus trop comment les protéger et les rassurer...
-  Julien : Et puis, il y a une autre injustice. Les smex reçoivent le plus souvent un OQT de cinq jours. Les résidents les plus difficiles, les types dangereux mais qui savent se payer de bons avocats, échappent généralement à l’expulsion. Ils reçoivent cet OQT, qui, bien entendu, restera lettre morte jusqu’à leur prochaine interpellation. Le gars perdu, sans relations, fragilisé par son exil, ce sera toujours plus facile de le taper dans un avion...
-  Comment se passent les rapatriements ?
-  Joseph : Un Pakistanais avait refusé de monter à bord à Zaventem. Ce gars est revenu tellement cassé qu’il ne savait plus marcher. Il a passé plus d’un mois à l’infirmerie. Rien n’a changé depuis Sémira Adamu. Il n’y a plus de coussin, mais c’est toujours aussi violent.
-  Julien : Personne n’est tabassé à Vottem. Par contre, quand les gens reviennent de l’aéroport, on constate que certains - pas tous - ont été l’objet de violences sérieuses. Beaucoup de choses se passent à Zaventem. Des gens partent aussi avec un GSM ou de l’argent dans une enveloppe qui devait leur être remise à leur montée dans l’avion et reviennent au centre sans rien.
-  Jacques : D’après les témoignages de plusieurs résidents, les policiers utilisent des techniques assez incroyables, qui ne laissent pas de traces. Ils appuient fortement sur un endroit du front, ce qui provoque une douleur tellement intense que la personne perd tous ses moyens. Il y a aussi beaucoup d’insultes verbales.
-  Julien : Il est arrivé qu’un médecin vienne pour constater les dégâts, mais la plupart du temps, les résidents ont peur de déposer plainte. Ils croient que cela influencera leur dossier.
-  Jacques : Il y a un autre aspect du travail dont on voudrait vous parler car il nous inquiète très fort : la distribution des médicaments aux résidents. Ce n’est pas notre job ! Que se passera-t-il le jour où il y aura une erreur ?
-  Une erreur ?
-  Jacques : Les médecins et les infirmières ne sont pas là en permanence. Il arrive donc, la nuit ou à d’autres moments, que des gardiens se retrouvent face à des « résidents » qui ont besoin de certains médicaments. Par exemple, un calmant pour dormir. Le système en place veut que l’on téléphone alors à l’infirmière de garde.
-  Joseph : On reçoit donc une consigne verbale de donner tel ou tel médoc. Imaginons qu’il y ait une contre-indication ou que le résident ne supporte pas ce qu’on lui a donné pour tel ou telle raison. Qui va porter le chapeau ?
-  Et quand les infirmières sont là, comment cela se passe ?
-  Joseph : Ce n’est pas du tout satisfaisant non plus. Ce sont elles qui préparent des plaquettes à donner aux détenus...
-  Jacques : Et il y a constamment des erreurs dans les plaquettes... Un jour, il y aura un problème. C’est couru d’avance.
-  Joseph : Cette question des médicaments est aussi à l’origine de beaucoup de situations de violence. Certains gardiens hésitent à donner des calmants ou des antidouleurs pour les raisons que nous venons de vous expliquer. En retour, il y a des résidents qui vivent cela très mal et qui s’énervent...
-  Vous vous êtes plaints de cette situation à la direction ?
-  Joseph : Bien entendu. On nous répond qu’il n’y a pas de budget pour assurer une présence permanente d’une infirmière dans le centre.
-  Jacques : Les infirmières sont intérimaires ou contractuelles à mi-temps. Elles n’ont pas intérêt à ruer dans les brancards. La direction leur fait comprendre qu’il ne faut pas qu’elles soient trop proches des résidents.
-  Joseph : En fait, on se contente de bourrer les gens de médicaments pour les garder calme. Les médocs à Vottem, c’est un budget de plusieurs milliers d’euros pas mois.
-  Jean : Et dans le même temps, il y a des gens qui attendent 5 jours pour voir le médecin, parfois plus. Cela fait monter la colère et c’est nous qui avons les problèmes. Par exemple, si un « résident » a une rage de dent, il s’inscrit chez le médecin et cela peut durer un mois pour qu’il voie un dentiste.

Michel Bouffioux

http://www.assembleedesvoisins.be/Centre-ferme-de-Vottem-des


Le centre pour "illégaux" de Vottem, une honte nationale...

Le centre de Vottem, près de Liège, est le plus récent des centres fermés. Son ouverture date de 1999. Ce centre est composé de quatre ailes pouvant « accueillir » 40 personnes chacune. Sa capacité totale est donc de 160 places.

Le centre est doté d’une infrastructure moderne. Il n’en présente pas moins des caractéristiques carcérales. Chaque aile est fermée par deux rangées de barreaux. Les possibilités de sortie dans les espaces « promenades » sont limitées, et les seules possibilités de déplacement libre peuvent se faire entre les chambres et la salle commune.

Chaque chambre comporte deux lits superposés (2 x2 places), les possibilités d'intimité y sont par conséquent réduites. Les agents de sécurité sont présents en nombre.

Pendant plusieurs années, seules 3 ailes étaient occupées par des hommes qui, pour la plupart, étaient en séjour illégal. Il arrive que des demandeurs d'asile en procédure soient détenus au centre de Vottem et notamment, une proportion de plus en plus grande de demandeurs d'asile en attente de transfert vers un autre État membre de l'Union Européenne (« Cas Dublin »).

Depuis mars 2006, la quatrième aile est affectée à la détention des familles avec enfants. L'arrivée d'enfants au centre de Vottem a suscité une forte mobilisation citoyenne des habitants de Liège5.

Conséquences médicales et psychologiques de la

détention

L’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme stipule que « toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales... »

La Convention énonce un droit fondamental : la liberté est la règle, l’enfermement l’exception. La privation de liberté est une épreuve très lourde. Or, des personnes sont enfermées, dans le cadre du contentieux des étrangers, au motif qu’on leur interdit l’entrée sur le territoire, ou parce qu’elles n’ont plus les papiers nécessaires et doivent être expulsées.

La législation belge autorise l’enfermement dans le but d’organiser l’expulsion.

Il est important de souligner ici que ces étrangers sont enfermés pour le seul motif qu’ils séjournent « illégalement » dans le pays. Rien ne leur est reproché pénalement. Ils n’ont pas commis d’infraction. Ils sont donc incarcérés pour le seul motif de leur situation administrative.

Nos visites hebdomadaires dans les centres fermés en Belgique et nos contacts avec des personnes détenues nous permettent d’affirmer que la privation de liberté sur décision administrative et les conditions de l’enfermement ont un impact sur la santé physique et psychologique des étrangers.

Cette section a pour objet de mettre cette problématique en lumière. La situation que nous évoquons est celle qui nous est décrite, à nous visiteurs, par les détenus.

extrait du rapport de la Ligue des droits de l'Homme.

( http://www.liguedh.be/medias/579_etat_des_lieux_centres_fermes.pdf  ) TEL 02 2096280

contact CRACPE Liège : 0476/47.93.88 / http://cracpe3.skynetblogs.be/

Retour des camps...

«Nous assistons à l’avènement d’une xénophobie d’Etat»

Vous parlez d’un «retour des camps» qu’est-ce qui vous permet aujourd’hui d’utiliser ce terme ? N’est-il pas trop chargé, excessif ou délicat par rapport à la mémoire des disparus des camps, ceux de la Shoah notamment ?

Olivier Le Cour Grandmaison. « Ce type de camp n’a bien sûr rien à voir avec les camps de concentration, où le propre de l’interné n’est pas seulement d’être privé de sa liberté, mais également d’être massivement exposé à des tortures et à une mort de masse permanente. Il est pourtant tout à fait adéquat de parler de camp pour désigner les structures dans lesquelles sont aujourd’hui internés en masse des étrangers en situation irrégulière et destinés à être – selon la formule consacrée - renvoyés dans leur pays d’origine. Ça ne me paraît pas excessif.

 Le camp ne se reconnaît pas à l’image qu’on en a coutumièrement, c’est-à-dire les barbelés, miradors et une lumière blafarde et sinistre. Des lieux très hétérogènes peuvent être effectivement transformés en camp, s’il est possible rapidement d’y parquer un nombre relativement important d’individus en exerçant sur eux un contrôle très strict. Dernièrement à Roissy, des hôtels, des salles d’attentes pour voyageurs normalement, des gares… sont devenus des camps.

 Le point commun de tous ces lieux, c’est la technique répressive utilisée : l’internement administratif. Il s’agit de priver quelqu’un de sa liberté non sur la base d’un jugement prononcé par un tribunal, mais en vertu d’une décision prise par une autorité administrative. Désormais, nous, et c’est un «nous» collectif, considérons comme normal le fait d’interner des étrangers en situation irrégulière, en oubliant complètement que lorsque cette technique a été utilisée dans l’Algérie coloniale par exemple, les contemporains la considéraient comme un procédé extraordinaire au regard du droit commun. Nous assistons aujourd’hui à une extraordinaire banalisation.

 À droite comme à gauche (pour ce qui est de la gauche parlementaire), l’enfermement des étrangers apparaît comme la solution adéquate. Il existe évidemment plusieurs désaccords concernant les modalités d’application et le traitement infligé, mais il existe un consensus sur la technique. Mais pourquoi estimer normal que, pour le simple fait d’entrer irrégulièrement sur le territoire national, des hommes et des femmes puissent être privés de leur liberté ?

Olivier Le Cour Grandmaison a écrit et codirigé Le Retour des camps? aux Editions Autrement, en 2007. Il est également l’auteur de Haine(s). Philosophie et Politique, (PUF, 2002) et Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial, (Fayard, 2005).

S’agit-il d’une violation des droits fondamentaux ?

Ces camps nient assurément un principe de base : il ne devrait pas être possible de priver quelqu’un de sa liberté en dehors d’un crime et d’un délit dûment jugé par un tribunal compétent ! Cela ne signifie pas que les internés sont privés de tout droit, mais les garanties sont notoirement insuffisantes. Un état d’exception permanent est mis en place, à l’intérieur même de l’Etat de droit, conçu par l’Etat de droit ! Et qui fonctionne fondamentalement contre les étrangers en situation irrégulière, ce qu’une juriste appelle un «état de siège» contre les étrangers.

D’un côté il existe un droit qui institue une sécurité juridique, pour les nationaux, et de l’autre un droit qui institutionnalise l’insécurité pour les étrangers en situation irrégulière. Même les étrangers en situation régulière, en concubinage voire mariés avec des Français(es), et avec des enfants en France, sont menacés. Ils ne sont plus sûrs de pouvoir demeurer sur le territoire français avec la politique initiée par Nicolas Sarkozy. C’est une insécurité qui porte atteinte à un droit fondamental reconnu par le Conseil d’Etat : le droit à mener une vie familiale normale.

Les récents incidents dans le centre de Vincennes vous ont-ils surpris par leur gravité ?

Vincennes n’est que le dernier exemple sinistre en date. Ces violences ne sont pas des faits divers, ces violences ne sont pas des bavures, ces violences sont structurelles ! Elles sont induites par la nature même du camp, et par la stigmatisation des étrangers perçus comme dangereux, et qui même s’ils ne sont pas totalement dépourvus de droits, ne disposent que de prérogatives minimales. Ajoutez à cela des forces de police qui savent qu’elles opèrent dans des lieux globalement soustraits aux contrôles, la violence devient un phénomène banal et courant dans ces centres de rétention. Les événements de Vincennes n’ont donc rien d’exceptionnel concernant la violence, la nouveauté, on la trouve dans les mouvements de protestation qui ont suivis, ainsi qu’une petite opération politicienne tendant à faire croire que la police et le gouvernement menaient une politique de transparence en la matière. Il faut rappeler qu’une seule association peut pénétrer dans les centres : la CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués). Si le gouvernement veut aller jusqu’au bout, il faudrait commencer par autoriser toutes les associations qui défendent les droits de l’homme à entrer dans ces camps.

Quel est l’impact de la politique de Nicolas Sarkozy sur les conditions de rétention ?

Aujourd’hui, les centres de rétention concernent des hommes et des femmes qui antérieurement, pour diverses raisons et notamment parce qu’ils avaient des attaches fortes en France, n’étaient pas arrêtés auparavant. Sont ainsi enfermées et expulsées des personnes qui peuvent résider en France depuis 10, 15 ans ou plus longtemps encore, qui peuvent vivre en concubinage avec des Français(es), et qui dans certains cas mêmes ont des enfants en France. Les mêmes qui font grand cas de la préservation de l’unité familiale quand il s’agit de nationaux, ou d’étrangers vivant régulièrement en France, n’ont aucun scrupule à séparer les parents de leurs enfants, voire à expulser des enfants en violant pour cela une convention internationale ratifiée par la France et certaines dispositions express du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le nombre de personnes placées en rétention et expulsées a ainsi considérablement augmenté dès l’entrée de Sarkozy au ministère de l’Intérieur mais nous assistons à un phénomène encore plus grave : l’avènement d’une xénophobie d’Etat ! Désormais il est assumé au plus haut niveau de l’Etat que l’étranger en situation irrégulière est une source de troubles et de maux. La traque, l’arrestation et l’expulsion deviennent donc une priorité nationale. Des moyens matériels et humains considérables sont engagés à cette fin. Le ministère abracadabrantesque de Brice Hortefeux en est l’incarnation : ministère de l’immigration, de l’identité nationale de co-développement et de l’intégration. Sur son site officiel, une seule activité est d’ailleurs mise en avant : la traque, l’arrestation et l’expulsion. Les objectifs sont très élevés: pour 2008, le quota est fixé à 28 000 expulsions ! Et cela doit augmenter chaque année !

S’agit-il d’un retour du nationalisme ?

Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, la lutte contre les clandestins est pensée comme un élément essentiel de la préservation de la sécurité des nationaux et de l’unité nationale. Nous assistons à un retour d’une forme très convenue, xénophobe et parfois agressive du nationalisme, avec l’objectif de redonner aux Français une fierté qu’ils seraient supposés ne plus éprouver pour leur patrie. Il s’agit d’articuler une politique ouvertement xénophobe et la réactivation de grands discours sur la France, son passé prestigieux, ses origines chrétiennes, les beautés de sa colonisation réputée avoir été synonyme de civilisation…

Vous décrivez un phénomène d’externalisation parallèle à cette multiplication des camps sur le sol européen. Quel est son rôle ?

Les camps se multiplient en effet en Europe, principalement sur la «ligne de front» (Grèce, Malte, et les derniers entrants). L’externalisation se développe en parallèle pour redoubler et sanctuariser les frontières de l’Union Européenne. Il s’agit d’exporter les camps d’internement d’étrangers hors de l’UE, notamment dans les pays du Maghreb, considérés comme essentiel pour contrôler les «flux migratoires» en provenance d’Afrique. À charge pour ces Etats, que l’on sait peu scrupuleux quant au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, d’interner les étrangers sur leur sol. La présence en Europe d’un nombre relativement important de camps d’internement au regard de son passé génocidaire, est très difficile à assumer. Selon le bon principe qui veut que l’on cache ce que l’on ne peut véritablement tolérer, on procède donc à l’externalisation de ces camps dans des Etats dont les diplomates disent pudiquement qu’ils sont soumis à des «standards» juridiques différents. Très cyniquement, cela signifie qu’il sera possible d’expulser plus facilement les étrangers arrêtés. Un ministre italien reconnaissait ainsi que ce qu’il advient dans les camps libyens n’est pas de son ressort. Sous-entendu, on s’en lave les mains ! L’Europe ne cesse de sous-entendre ou même d’affirmer explicitement qu’elle est en guerre contre les «clandestins». Tous les moyens (ou presque) sont bons pour mener cette bataille ! La directive (en projet) va dans ce sens : la rétention administrative pourrait atteindre 18 mois ! Ce projet permettrait aussi de prononcer contre les étrangers en situation irrégulière et expulsés dans leur pays d’origine une peine d’interdiction de séjour de 5 ans sur le territoire des Etats membres de l’UE. L’avènement d’une xénophobie d’Etat n’est donc pas propre à la France, il s’agit d’une véritable «xénophobie d’institution» au niveau européen. Frontex, l’agence européenne qui se charge des frontières, dispose même de moyens militaires : les drones sont désormais utilisés pour le contrôle des frontières. Là encore on assiste à une extraordinaire banalisation de techniques originellement militaires désormais tournées vers le contrôle de populations civiles. Soit dit en passant après que le gouvernement français ait envisagé d’utiliser les mêmes drones pour les banlieues…

N’y a-t-il pas une certaine indifférence ou une trop faible mobilisation de l’opinion publique sur ces conditions de rétention ?

Effectivement. Et cela s’explique tout d’abord par l’extraordinaire démission des partis de l’opposition parlementaire, pour des raisons électorales. Les députés ont en effet un droit d’accès permanent aux camps de rétention, dont ils n’usent visiblement pas ! Ensuite, Ces centres sont des «hors lieux» : ils sont quasiment invisibles ! Qui sait lorsqu’il se rend à Roissy CDG qu’à quelques mètres seulement de lui se trouvent des étrangers placés en zones d’attente et dans certains cas en cours d’expulsion ? Il s’agit d’une invisibilité organisée. Cependant, entre le moment où ce livre a été écrit (2007) et aujourd’hui, les réactions se multiplient car la situation s’est aggravée, les quotas d’expulsions se sont durcis, et aussi grâce aux mobilisations de masse organisées par le Réseau éducation sans frontières (RESF). Ces derniers ont fortement contribué à sortir ce sujet de la marginalité »

Recueillis par CAMILLE STROMBONI

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/03/nous-assistons.html


LES ATTACHES DURABLES ...

 grevistes udep

Le travail consiste à présent à  continuer l'expansion des CerCles du silence qui culmineront avant l'entrée en fonction du futur gouvernement(aux environs du 20 mars) en un CerCle du silence national réuni à Bruxelles, entourant probablement les partis concernés. 

L’UDEP BRUXELLES

 

  L’UDEP: 0494/384 442  -