19/11/2007

Assemblée générale de l'Udep

Au sujet de l'occupation du siège de la FGTB par l'UDEP pour le droit à la défense syndicale des travailleurs sans papiers.

TRAVAILLEURS ET EGALITE SYNDICALE -

UN GAGE OU UN LEURRE ?

 

Lorsque les personnes sans papiers se sont rendus aux différents sièges de la Fgtb (Place Rouppe et Boulevard de l'Empereur) c'est avec la même question qu'ils s'y sont présentés:"La fédération des Travailleurs de Belgique est-elle prête à défendre tous les travailleurs de Belgique?".

Affirmative de la Fgtb qui se targue d'avoir défendu les sans papiers à maintes reprises et leur avoir apporté son soutien politique et matériel dans nombre de leurs luttes. Cela, les sans papiers le savent, la Fgtb est un allié qui a su prendre des positions courageuses, mais qui malheureusement reste encore bloquée dans certaines conceptions périmées.

L'exclusion des travailleurs sans papiers du syndicat socialiste, à quelques rares exceptions près, est la règle. En outre, choisir la Fgtb et s'y présenter d'abord en tant que travailleurs était déliberé et tendait à forcer cette dernière à adopter une position claire par rapport aux travailleurs sans papiers. La pousser à prendre position (par rapport à la grève, à l'accord Orange Bleue et aux travailleurs sans papiers) tendait à susciter au sein de la Fgtb, un débat de fond quant à la situation ignorée d'une partie des travailleurs de Belgique.

Il faut rappeler aussi que le droit de se manifester n'est pas acquis aux travailleurs sans papiers. La FGTB, en permettant à ces derniers d'entamer une action de protestation, laquelle même si elle est légale et pacifique, est rendue impossible sans le soutien protecteur démontré d'un syndicat (sous peine de rafles et d'incarcérations) a montré sa solidarité effective et concrète envers ces travailleurs.

Cela pourrait amener certaines avancées sur le Front Commun syndical qui semble bien à la traîne côté FGTB. En effet, à la CSC où l'affiliation est depuis longtemps permises pour tous les sans papiers (contre cotisations), Guy Tordeur et L'UDEP Bruxelles travaillent depuis plusieurs mois à la mise en place d'une structure d'accueil et de défense spécifique destinées aux affiliés sans papiers.

Il y aurait près de 2000 affiliés Sans papiers à la CSC BHV. A l'instar de la France, la CSC réalise que traiter la question des travailleurs sans papiers comme un problème satéllitaire serait une grave erreur! 

L'on estime entre 100 et 150 milles le nombre de personnes sans papiers en Belgique et l'on sait que plus de 80% d'entre eux travaillent et ce pratiquement dans tous les secteurs de l'économie (de la femme d'ouvrage au comptable en passant par le maçon). Se voiler la face sur cette réalité serait donc une faute grave, non seulement envers ces travailleurs à qui nos politiques ne donnent aucune issue leur permettant de régulariser leur situation administrative et de sortir enfin de la clandestinité, mais aussi envers l'ensemble des travailleurs qui subissent les conséquences de cette exploitation de main d'œuvre à travers la pression salariale et la dévalorisation de nombreux secteurs.

 A qui profite le crime?

Cette situation qui dégrade le cadre social ne profite à personne hormis aux patrons qui profitent de la faiblesse de migrants impuissants à défendre leurs droits.

L'UDEP Bruxelles avait été rejointe par certains mandataires (notamment MR) dans sa proposition d'octroyer un permis de travail à toutes les personnes sans papiers se trouvant en Belgique pour leur permettre de régulariser leur situation professionnelle et/ou de chercher un emploi déclaré avec un droit d'accès à la formation professionnelle.

Quant à elle, la proposition de l'Orange Bleue de "régularisation par le travail" semble être un fantôme tant elle est restrictive et ne s'adressera dans les faits qu'à une infime partie des personnes sans papiers. La "Blue Card" surnommée "blues card" par les sans papiers ne trouve pas de justification cohérente non plus quand l'on sait que le niveau de qualification des personnes sans papiers est égal à celui des Belges. Il semblerait que certains ne veulent décidemment pas apporter une solution à cette situation déplorable si toutefois cette situation n'est pas en fait déliberément maintenue...

 

Pour l'UDEP, Gerardo Cornejo, Mohamed Chouitari et Alex Jaap, portes paroles et membres du bureau de l'UDEP.


Monsieur Patrick Dewael

Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur

 

L’Office des Etrangers

Monsieur F. Roosemont

Directeur général

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Le 15 novembre 2007

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Demande de rencontre

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Nous participons, depuis 2 ans et demi, au mouvement des sans papiers pour attirer votre attention sur notre situation, difficilement tenable et qui ne fait que durer.

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Nos dossiers de demande de régularisation restent, pour la plupart d’entre nous, sans réponses positives. Vu les attaches durables que nous avons développées en Belgique, nous estimons qu’il serait plus juste de considérer nos dossiers de manière humaine et de nous permettre de continuer à vivre dignement en Belgique, que nous aimons tant, avec nos amis, qui sont nombreux à nous soutenir, en régularisant notre situation et donc en nous octroyant un titre de séjour.

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Aujourd’hui, nous sommes surpris de voir que quelques personnes ont reçu un permis de séjours provisoire suite à une grève de la faim. Déçus, nos actions pacifiques n’ayant abouties à aucune réponse bienveillante, nous nous sentons dans l’obligation de mener une grève de la faim de 48h à partir de ce jeudi 15 novembre à 10h.

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Par ailleurs, nous souhaitons vous rencontrer, avant lundi 26 novembre, à votre meilleure convenance. En effet, nous voudrions vous transmettre nos dossiers, vous faire part de nos inquiétudes et vous poser nos questions de vive voix.

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Nous vous remercions de votre attention, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur Général, l’expression de nos sentiments respectueux.

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