26/07/2007

Rapport de l'ONU - Il est temps que les Etats reconnaissent cette réalité

       

Le centre 127 bis est fréquemment critiqué pour ses conditions de détention. Elles ont d 'ailleurs été récemment dénoncées dans le rapport du Comité européen pour la prévention de la torture. Lors des incidents de mardi soir, seuls une femme et ses deux enfants n 'ont pas quitté le centre. La Ligue des droits de l' homme dit comprendre la réaction des détenus, compte tenu de leurs conditions de séjour et s'inquiète de l 'attitude répressive qu'adopte l' Etat à l'égard des citoyens qui manifestent leur soutien aux étrangers en danger d 'expulsion.

Martine Vandemeulebroucke in Le Soir, 23 juillet 1998

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New York, Oct  5 2005  3:00PM

RAPPORT DE L'ONU


La communauté internationale ne réalise toujours pas le plein potentiel des migrations internationales, indispensables à la croissance des pays développés comme des pays en développement, et ne s'est pas montrée à la hauteur des défis qu'elles lancent, indique un récent rapport de l'ONU qui rappelle que les migrations tendent à s'accroître avec l'aggravation des inégalités dans le monde. « Les migrations apportent une contribution mal reconnue à l'économie mondiale », indique le dernier

Le nombre de migrants internationaux s'est accru de 75 millions à 200 millions dans les 30 dernières années et l'on trouve maintenant des migrants dans toutes les parties du monde, indique la GCIM dans un <" http://www.gcim.org/attachements/GCIM%20RELEASE.pdf ">communiqué publié aujourd'hui à New York.

Cette expansion devrait se poursuivre et même s'accélérer à l'avenir, en raison notamment des disparités profondes qui existent entre les différentes régions du monde, dans les domaines du développement, de la démographie et de la démocratie.


Par ailleurs, « les migrations apportent une contribution importante, bien que largement ignorée, à l'économie mondiale. Dans les pays en développement, les sommes transférées de l'étranger par les migrants s'élèvent chaque année à 150 milliards de dollar par an, soit trois fois le montant de l'aide publique au développement ».


De nombreux secteurs de l'économie dans de nombreux pays développés sont devenus grandement dépendants des travailleurs migrants, y compris ceux en situation irrégulière, et « s'effondreraient rapidement s'ils devaient s'en passer », indique le rapport.


Il est temps que « les Etats reconnaissent cette réalité » indique le GCIM, qui propose en conséquence six grands principes d'action.


Tout d'abord, les populations devraient « pouvoir migrer par choix plutôt que par nécessité, dans un environnement sûr et légal, et parce que leurs compétences sont reconnues et nécessaires ».
Deuxièmement, « le rôle des migrants dans la promotion de la croissance économique, le développement et la réduction de la pauvreté, devrait être reconnu et renforcé, les migrations devenant une part intégrale de la stratégie de développement mondial ».


Troisièmement, « les Etats souverains doivent coopérer afin de réduire les flux de migrations illégales », tout en respectant notamment les droits des migrants pour les pays destinataires et en acceptant leur retour dans leur pays d'origine pour les pays de départ.


Quatrièrement, les migrants à long terme devraient être effectivement intégrés afin de renforcer la cohésion sociale.


Cinquièmement, le rapport plaide pour la mise en ouvre du cadre international de protection des droits fondamentaux des migrants. Enfin, le GCIM appelle à une amélioration de la cohérence des politiques en matière de migration, notamment par la coopération au niveau régional.


Le rapport attire par ailleurs l'attention sur le trafic d'êtres humains et les migrations internationales, rappelant que si les Etats avaient le droit et même le devoir de faire respecter les règles d'entrée sur son territoire, « une approche purement restrictive aux migrations illégales n'est ni désirable ni faisable ».


Il souligne enfin l'épineuse question de la xénophobie. « Certaines sociétés sont devenues craintives à l'égard des migrants, cette crainte étant parfois exacerbée par les politiciens et les médias », fait remarquer le rapport.


« Le danger de cette situation est de marginaliser et d'aliéner les migrants, et de les rendre incapables de remplir leur plein potentiel et d'apporter leur pleine contribution à leur pays d'adoption », ajoute-t-il.

Le rapport de la Commission, créée en 2003 à l'initiative du Secrétaire général, a été remis aujourd'hui à Kofi Annan lors d'une cérémonie qui s'est déroulée à l'ONU.


<" http://webcast.un.org/ramgen/specialevents/se051005am.rm<...


NOUS EXPLOITONS toute la misère du monde

 appel responsabilités

La question des « sans-papiers » hante le débat politique sans trouver de réponse satisfaisante pour bon nombre d’acteurs associatifs et académiques.

Qui de responsable aujourd’hui refuserait d’admettre que « nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » ? Qui de responsable aujourd’hui ne subordonne pas « le devoir de solidarité » à « la protection de notre ordre social » ? Poser la question, c’est y répondre. Vraiment ?


En effet, derrière l’apparence pernicieusement péremptoire de cette manière de cadrer l’analyse se cache le caractère hautement idéologique de notre représentation des « sans-papiers ».

Il suffit pour s’en convaincre de confronter notre perception de la question à quelques données… objectives qui font, bien trop souvent, cruellement défaut dans ce débat.

Ainsi, le pseudo « appel d’air » qui, pour d’aucuns, aurait suivi la régularisation de 1999 s’est, en réalité, accompagné, entre 2000 et 2002, d’une diminution constante de la population étrangère enregistrée en Belgique. En 2005, le nombre d’étrangers résidant officiellement dans notre royaume était inférieur à son niveau de… 1999. D’une part, le solde migratoire des non-Européens a baissé entre 1999 et 2001 et, d’autre part, les Marocains et les Turcs, invités à immigrer dans le cadre de la période d’expansion économique d’après-guerre et à présent ancrés en Belgique souvent depuis plus d’un demi-siècle, ainsi que leurs descendants, ont acquis la nationalité belge.

Si l’on considère les flux migratoires, le solde migratoire des non-Européens est en 2002 d’un peu plus de 30 000 personnes… du même ordre, à l’échelle de la population belge, que le nombre de Belges qui ont choisi cette année-là de s’installer à l’étranger.

Cet accroissement annuel de moins de 0,5 % de notre population ou la centaine de milliers de « sans-papiers » communément évaluée en Belgique (pas même 1% de la population belge) seraient-ils une menace pour l’ordre social de plus de… 10 millions de personnes? Se pourrait-il que notre modèle social soit mis en danger par une augmentation de la population aussi marginale ? Les études sur le sujet infirment cette hypothèse, à la différence patente des pays paupérisés qui accueillent, en réalité, l’immense majorité « de la misère du monde ». En effet, « les demandeurs d’asile et les réfugiés qui tentent leur chance en Europe et en Amérique du Nord ne représentent qu’à peine 5 % du total des réfugiés et déplacés dans le monde. Et seuls 0,2 % de ce total finissent par s’installer dans les pays riches, dont plus de 95 %… en Amérique du Nord ». Ainsi donc, si l’immigration est un « fardeau », il l’est essentiellement et avant tout pour les pays paupérisés.

En ce qui concerne nos pays, bien plus qu’une menace pour notre ordre social, « les sans-droits », déshabillés de toute protection juridique ou sociale et livrés à toutes les formes d’exploitation, en sont en réalité davantage les victimes.

En effet, « la délocalisation sur place », équivalent, pour les secteurs économiques qui ne peuvent délocaliser leur production, de l’émigration de nos personnes morales, permet de parachever « l’exploitation de la misère du monde » que constitue la mise en concurrence, au niveau mondial, des niveaux et cadres de vie des travailleurs.

Nous profitons tous de cette exploitation de la misère du monde.

Effectivement, seule une faible partie de la valeur de notre production délocalisée rémunère le travail et les matières premières des pays du « sud » et de la « périphérie ». L’essentiel de cette valeur irrigue notre économie et les différentes strates de notre société à des degrés divers.

Par ailleurs, l’exploitation économique criminelle des « sans-papiers » est un véritable soutien à notre pouvoir d’achat. A titre d’exemple, la seule Région de la Vénétie, en Italie, économise plus de 180 millions d’euros par an (environ un quart de l’aide au développement annoncée en 2006 par la Belgique !) en recourant aux aides à domicile en provenance de l’Europe de l’est. Combien en Belgique pour l’horeca, le bâtiment, les employés de maison, les soins à domicile, l’agriculture saisonnière,… ?

Enfin, quant à la très faible proportion de non-Européens (2%) qui composent la population active belge, leur ségrégation dans les segments d’activités les plus précarisés et la discrimination dont ils sont victimes ne sont plus à établir.

Exploité économiquement, le « sans-papiers » l’est une deuxième fois idéologiquement.

Représenté au mieux comme un problème, au pire comme un prédateur menaçant nos richesses, voire un criminel, le « sans-papiers » est instrumentalisé afin de légitimer l’imposition de l’austérité et le détricotage de nos acquis sociaux. Mis en concurrence avec des « sans-droits », combien de temps les citoyens de ce pays pourront-ils préserver les leurs?

N’est-il pas temps de comprendre que la défense de nos acquis sociaux passe par la protection des plus fragiles d’entre nous ? L’intérêt bien compris n’impose-t-il pas l’alliance objective avec les victimes de notre ordre socio-économique?

La solidarité ou la violence comme base du rapport à l’autre ? Telle est la question qui est au coeur du débat sur la régularisation, en particulier, et sur la mondialisation, en général.

Notre ordre social et la bonne conscience qui y règne semblent démontrer que nous pouvons impunément « exploiter toute la misère du monde ». Mais pour combien de temps ?

Souhail Chichah (Chercheur au département d’économie appliquée ULB).
Fouad Lahssaini (Président du Centre National de Coopération au Développement-11.11.11)
Benoît Van Der Meerschen (Président de la Ligue des Droits de l’Homme)
Pierre Galand (Professeur ULB)
Ali Guissé (ex-Porte Parole UDEP démis)
Mateo Alaluf (Professeur ULB)
Nouria Ouali (Chercheure au groupe de recherches « Genre et Migration » ULB)
Serges Noël (Coordinateur SOS migrants)
Jacques Bude (Professeur honoraire ULB)
Nicole Mayer (Chef de travaux honoraire ULB)
Lise Thiry (Professeur ULB)
sur http://www.terredasile.be/?2006/09/01/30-nous-exploitons-...

 

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