13/07/2008

Grève de la soif de 70 sans papiers à l’ULB

Mme Turtelboom,

Ministre Responsable de l’Asile et de l’Immigration.

 
Mme Turtelboom,

 Le vendredi 4 juillet, après 3 mois d’attente d’une réponse de votre part à notre demande de dialogue, votre conseiller, Mr Falter se présentait à l’ULB.

 Nous lui avons expliqué avec les autorités de l’université, le travail de participation citoyenne et de réflexion que nous menions autour de cette université par cette occupation, et le sens civique exemplaire nous tenant beaucoup à cœur dont nous avons toujours fait preuve.

 

Nous menons cette démarche citoyenne avec nos partenaires syndicaux, ONG’S, chercheurs de l’ULB, étudiants, soutiens, associations (le FAM, la Ligue des droits de l’Homme,…), divers partis politiques (CD&V, Ps, Ecolo, Cdh, MR,…), et nombreuses composantes de la société civile Belge.

 

Nous lui avons aussi fait part de notre incompréhension face à votre silence malgré nos demandes répétées de rencontres et de dialogue (7 courriers, fax, communiqués, interpellation parlementaire). Aussi, nous l’avons remercié énormément de cette première démarche (nous vous demandons depuis des mois à vous faire part de nos humbles avis et recommandations en matière de politique d’Asile et d’Immigration).

 

Nous lui avons expliqué notre désespoir et lui avons exposé la situation de chacune des personnes se trouvant dans l’occupation. Nous lui avons dit que nous tenions surtout à éviter toute action de mise en danger de nos vies, espérant qu’à travers ce dialogue, vous pourriez nous proposer une autre perspective que la clandestinité et la mort sociale à laquelle nous sommes condamnés.

Mr Falter nous a enjoignait de n’entreprendre aucune action de ce type et d’attendre qu’il vous ait d’abord fait part de notre situation. Suite à quoi il nous donnerait votre réponse sans tarder, au plus tard mercredi ou vendredi. Nous lui avons fait confiance et avons impatiemment attendu…

 

Nous attendons avec un espoir quasi innébranlable des réponses depuis des années Madame la ministre. Et voici plus d’un an que les élections sont passées et qu’on annule accord sur accord et que l’on balaye pour nous sans répit espoir sur espoir.

 

 Fin mars, le Gouvernement s’est engagé à une régularisation des personnes ayant un ancrage durable en Belgique, de celles en procédure longue, ainsi qu’à une régularisation économique. Trois mois et demi plus tard rien n’est encore mis en œuvre et nouvel espoir balayé.

 

Fin avril, après avoir arrêtés 30 de nos soutiens étudiants et raflé violemment près d’une centaine de nos occupants qui étaient venus pacifiquement vous déposer une lettre vous demandant d’écouter nos recommandations en matière de politique d’immigration, vous promettiez une circulaire qui concrétise avec précision l’accord de gouvernement pour le 20 mai, début juin au plus tard… Un énième espoir de plus balayé.

 

Nous sommes des êtres humains Madame la ministre et nous nous demandons jusqu’où l’on peut balayer l’espoir ?

 

  Ce vendredi, dix jours après la visite de votre conseiller, les occupants, pleins d’espoir, d’avoir enfin pu établir un dialogue avec vous, attendaient encore une réponse de votre part….  Un signe, un mot, un geste, un oui, un non, mais rien.

Notre avocate France Blanmailland nous appelait tard dans la soirée dépitée et désolée de n’avoir pu obtenir AUCUNE réponse !  Elle avait essayé d’en avoir une toute la journée mais rien.  L’Udep non plus, pas un coup de fil, pas un fax, un mail, rien. Et mercredi notre bourgmestre, Mr Decourty, vous envoyait un courrier vous priant de nous répondre.

 

Pourquoi cette dénégation ? Est-ce du déni ? De la peur ? Du mépris ? 

Ce soir là, tous réunis à l’ULB avec nos soutiens et attendant impatiemment depuis des jours votre réponse, nous avons pris votre énième refus de nous adresser la parole comme du déni, nous nous sentons une fois de plus floués et humiliés et avons décidés d’entamer une grève de la soif puisque seule la mise à mort de nos vies permet de vous arracher une parole envers nous.

 

Nous sommes désolée pour vous que vous soyez la dernière balayeuse d’espoir que nous avons croisé dans notre errance, avant vous le gouvernement en a balayé bien plus que vous, croyez le bien.

 

Maintenant, notre situation va se dégrader rapidement, avec des conséquences dramatiques. A force de balayer l’espoir, l’on découvre le désespoir.

 

 

Veuillez recevoir madame la Ministre,

toute la richesse du monde et nos salutations distinguées.

 


 

Na een rake klap zijn 73 personen zonder papieren in een dorst staking gegaan

 

Mme Turtelboom,

 

Na drie maanden wachten hebben de mensen van het udep bezitting eindelijk recht op een ontmoeting gekregen. Vrijdag 4 jullie is meneer Falter op de ULB langs gekomen.

 

We hebben hem, met de autoriteiten van het universiteit, uitgelegd hoe de mensen van deze bezitting op een specifieke manier  in het sociaal leven van studenten en burgers zich probeerde te integreren.

Deze specifieke acties deden we met onze syndicale partners, NGO’s, onderzoekers van de ULB, studenten, ondersteuningen, verenigingen (FAM, de Liga van de Mensenrechten,…), verschillende politieke partijen (CD&V, PS, Groen, Vlaamse Progresieven, MR,…) en vele ander delen van de civiele Belgische maatschappij.

 

Wij hebben hem ook een zeker onbegrip gemeld voor u stilte na onze herhaalde verzoeken om ontmoetingen en dialogen (7 brieven, faxen, persberichten, parlementaire interpellaties) te krijgen. We zijn dus heel dankbaar voor deze eerste stap naar ons toe.

 

We hebben hem onze wanhoop gemeld en hem de situatie van elk persoon die aanwezig was op de bezitting uitgelegd. We waren overtuigd dat onze acties waardevol waren en hebben hem gezegd dat we onze levens niet in gevaar wouden brengen.

We hadden ook veel hoop na dit dialoog en we dachten eindelijk een ander toekomst perspectief te kunnen inbeelden en uit onze sociale dood te kunnen komen waarin we al jaren zijn gedoemd.

  

Mr Falter heeft ons geadviseerd om ons levens niet in gevaar te brengen en te wachten tot een antwoord van Mevrouw Turtelboom dat woensdag of, ten laatste vrijdag zou vallen.

 

We zijn maar mensen Mevrouw Turtelboom, en we vragen ons af of u wel merkt dat we bestaan? Mogen we nog hoop hebben?  

Tien dagen na het bezoek van u adviseur wachten de mensen van de bezitting nog altijd op een antwoord. Maar, we hebben niks gehoord…

Waarom deze denigraatie ?  We voelen ons nogmaal bedrogen en verlaten.

We hebben dus besloten om een dorst staking te beginnen… en met ons leven te spleen.

Misschien zult u dan naar ons luisteren… Nu zal onze situatie heel snel verslechten, met dramatische gevolgen. Onze wanhoop wordt elke dag maar groter.

 

Gelieve onze

 

Il reste 24 heures aux 80 grévistes de la soif avant les premières séquelles irréversibles !!!

Appel aux responsables politiques- Diffuser largement !


les médecins sont passés à l'occupation ce matin. Ils donnent encore 24heures aux plus faibles et pas beaucoup plus aux autres pour que surviennent les premières séquelles irréversibles.
Ils ont tentés d'expliquer aux grévistes que une grève de la soif entraîne des dommages irréversibles dès la première menée à l'hôpital. Les reins se désêchent très rapidement et ne retrouvent plus jamais leur capacité, idem pour les yeux, la grève de la soif entraîne rapidement une cécité irréparable. Vu le bâtiment et la chaleur, la déshydratation est largement amplifié et ne fait qu’accélérer l’extrême.


 Les 80 grévistes le savent et sont déterminés. Le refus de réponse de la ministre a créé un tel désespoir et une telle humiliation que il est impossible pour eux de croire encore en un autre type d’action. Et quelle action proposer qui puisse sans leur mentir leur donner une perspective pour sortir de la clandestinité? Ils ont essayé tant de choses et luttent depuis si longtemps, ils ont luttés tant d’années, ont espérer et cru tant d’engagements et de promesses ?

 Cette mise à mort volontaire est le symptôme d'un déficit de démocratie et d'une absence de responsabilité politique alarmante. Comme les autorités de l'ULB, en tant qu'Udep et soutiens des sans papiers nous ne pouvons que les comprendre même si nous désapprouvons la mise a mort entamée. Nous ne pouvons que relayer ce cri et alerter encore !

 

L’Udep constate que malgré  le civisme et la citoyenneté exemplaire dont fait preuve le mouvement des personnes sans papiers depuis des années, les responsables politiques sont totalement sourds à leur détresse. Les grévistes espéraient au moins un signe du Kern de dimanche mais il faut bien constater que pour les membres du gouvernement, le péril que vit plus d’une personne sur cent en Belgique n’est pas une priorité… Pas suffisante en tous cas pour qu’au moins une discussion soit exigée au même titre que les autres priorités.

 Nos politiques, même si comme au PS et CDH, en faisaient une condition de participation au gouvernement, ont d’autres priorités. Le sacro saint institutionnel et le pouvoir d’achat comptent évidemment, les sans papiers en sont conscients, mais se demandent ce qu’il faut faire pour espérer compter encore un peu, pour arracher un mot à nos ministres… 

 

C’est pourquoi nous vous appelons à rejoindre pacifiquement la marche qui partira demain mardi à 13h de Trône et entourera symboliquement NOTRE parlement, nous y montrerons notre espoir d’encore y être « représentés » .

 

Interpellez vos représentants politiques sur la situation et sur ce déficit de démocratie,

Jusqu’à présent la seule réponse qui nous est parvenue vient de Didier Reynders (voir ci-dessous) elle est bien maigre… Qu’ils donnent un signe, une perspective aux personnes sans papiers, sans quoi il faudra faire le constat d’un triste échec, celui de notre démocratie, et que restera t’il alors à construire ?

Pour les 80 grévistes de la soif, chaque heure compte !

 

Merci.

 

Grève de la soif de 70 occupants de l'ULB, Que faire ?

 

S’assurer que cette grève se déroulera dans les «meilleures» conditions possibles. Soutiens, médecins, infirmiers, infirmières, secouristes, nous avons besoin de vous !

Parlez aux personnes «sans papiers» que vous connaissez, ne refusez pas cette grève, cela ne fera que les conforter dans leur résignation, c’est leur vie, leur décision, nous ne pouvons parler que de ce que nous ressentons. Là, il y a urgence, 72 heures disent les médecins avant des atteintes irréversibles aux yeux et aux reins. Alors que faire ? Gérer l’urgence ? OUI !!

Et après afin d’éviter ces actes désespérés réfléchir ensemble à cette crise de démocratie qui pousse les gens à se suicider.

 

Faites pression sur le Gouvernement en répondant à l’appel au rassemblement autour du parlement lancé pour ce mardi 13h sortie du métro Trône, dans le calme et la dignité, nous tiendrons un fil symbolisant à quoi tient la vie des 70 grévistes…

 

Faites pression sur les élus du gouvernement, ils sont tous responsables de cette situation, ou ils la provoquent ou ils la cautionnent. Rappelez leur que d’autres occupations se préparent, et qu’elles ont un coût humain et financier.

 

Usez de vos téléphones, contactez vos familles, voisins, amis, les médias, le monde politique, les associations de votre quartier, contactez les ambassadeurs de nos frères, profitez des marchés et diffusez cet appel à l’aide, …

 

Faites ce que vous avez toujours ou jamais fait. Nous sommes tenus à l’impossible.

 

Dans cette situation, aucun de nous n’a LA solution, aucun ne connaît LE chemin. Ayons tous les chemins, dépassons toutes les limites entre nous. Nous ne pouvons y arriver qu’en multipliant les appels et les actes de solidarité, en nous regroupant autour de toutes les personnes «sans papiers», en ralliant la manifestation de ce mardi, etc.

 

Les mots ne sont rien, seuls les actes comptent.

 

Réunion pour organiser le soutien(il y en a peu) ce lundi 18h à l’Occupation ULB 129 avenue buyl/ tram 94 bus 71 arret ULB. MERCI.

 

 


 

Grève de la soif de 70 sans papiers à l’ULB :

A force de balayer l’espoir, l’on découvre le désespoir.

Conférence de presse ce lundi 10h à l'ULB

avec Philippe Van Muylder, secrétaire fédéral FGTB Bruxelles, notre avocat, les grévistes de Forest, des représentants de l'ULB.

 

Suite à la dernière gifle donnée vendredi par Mme Turtelboom aux personnes sans papiers occupant un bâtiment de l’ULB, 70 d’entre elles ont décidées de se lancer dans une action de mort prochaine (entre 4 et 5 jours) en entamant une grève de la soif à l’issue du Kern qui s’est tenu ce dimanche et devant lequel ils s’étaient rassemblés avec leurs soutiens et le front commun syndical, pour demander qu’une solution moins dramatique leur soit enfin proposée.

 

« Nous les sans papiers, nous sentant une fois de plus floués et humiliés par la ministre et ignorés du gouvernement, avons décidés d’entamer une grève de la soif puisque seule la mise à mort de nos vies permet de lui arracher une parole vers nous. »

 

A l’issue du Kern, aucune perspective réelle pour sortir de la clandestinité ne se présentant, ils ont mis en œuvre leur décision de mener cette action jusqu’au bout.

 

 

 

L’UDEP (Union de défense des personnes sans papiers)

 

Contact Udep- Abdel 0485 86 15 10  Anita – 0499 810 381

Occupation ULB 123 avenue Buyl.

Plus d’infos http://sanspapiers.skynetblogs.be/

 

11/03/2008

EXTREME TENSION AU CENTRE FERME à STEENOKKERZEEL

 

Non à la systématisation des camps

Rassemblement européen contre la directive de la honte

Mercredi 7 mai 2008 à Bruxelles

12h30, place Schuman

Le 20 mai 2008, le projet de directive sur la rétention et l?expulsion des personnes étrangères va être soumis au Parlement Européen.

Ce projet, dans la continuité des politiques européennes sur l?immigration axées uniquement sur les volets sécuritaire et répressif, officialise la disparition des principes fondamentaux des personnes.

S?il était adopté, ce texte permettrait :

- l?enfermement des étrangers pouvant atteindre 18 mois pour le seul fait d?avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ;

- la détention des mineurs, au mépris du respect de l?intérêt supérieur de l?enfant ;

- l?interdiction pour les étrangers expulsés de revenir en Europe pendant 5 ans, ce qui revient à criminaliser et à exclure ces personnes.

Au regard de ces violations des Droits de l?Homme, nous demandons donc aux parlementaires européens de rejeter ce projet de directive.

Il est de notre responsabilité de réagir pour empêcher la systématisation des camps et l?éloignement des personnes jugées indésirables.


Signataires de l?appel à rassemblement : AEDH, Anafé, APDHA, Arci, ASTI Luxembourg, ATMF, Cimade, Cire, Gisti, Ipam, Kerk in Actie, LDH Belgique, Migreurop, ProAsyl.

 

Des bus sont organisés pour aller à Bruxelles depuis Paris

- Rendez-vous à 7h 45 à porte de la Chapelle, angle de la rue de la chapelle et du boulevard Ney

- Retour sur Paris vers 19h

Tarif Aller-retour: 25 euros par personne

Réservations sur le site internet de la Cimade

Informations/Renseignements : solene.guerinot@cimade.org


 
TENSION EXTREME AU CENTRE FERME DE STEENOKKERZEEL Lundi 10 mars
(JPG)
Nous étions une dizaine dimanche à avoir répondu à l’appel pour aller soutenir les sans papiers au centre fermé 127bis.
Dès notre arrivée devant l’aile des familles, pas besoin de nous annoncer, c’est comme si les détenus nous attendaient. A peine nous les avions salué qu’ils ont commencé à hurler, déchaînant, par les cris et leurs coups sur les plexiglass, leur rage face à l’enfermement et à la répression qu’ils subissent. Ils réclament leur libération, en brandissant un calicot « Grève de la faim » et nous annoncent qu’une centaine d’entre eux ont arrêté de manger depuis une dizaine de jours. Face à l’impossibilité d’entamer un quelconque dialogue dans pareille tension, nous nous faisons alors l’écho de leurs cris et notamment de ceux des enfants ; « Libérer, libérer ! ».
Les prisonniers eux, ont protesté contre les contrôles d’identité que nous imposaient la police, en scandant aux policiers « Chiens de garde, allez-vous en ! »
La tension à son comble à l’intérieur, la police, dehors, était elle aussi à cran : patrouilles faisant des allers-retours constants comme pour débusquer les éventuels manifestants « cachés », interdiction d’utilisation du mégaphone pour communiquer avec les prisonniers, contrôle d’identité et fichage systématique des gens et des voitures. Au moins une trentaine de policiers visibles pour 10 manifestants, s’agit-il d’un principe de précaution ? Ainsi déployé, à nos yeux, ils ne servent qu’à la criminalisation et la mise sous pression des manifestants et des détenus !
Après cette éprouvante expérience, nous nous questionnons :
-         Qu’est ce qui, dans le centre fermé, a pu mettre ces prisonniers dans un tel état de fureur ?
-         Quel est le suivi médical assuré pour les grévistes de la faim dans un centre fermé ?
-         Quelles seront les conséquences de ces événements pour eux dans le centre ?
-         Comment évoluent les enfants dans un tel climat de violence ?
-         La sécurité de qui un tel arsenal policier prétend-il assurer ?
Dans l’après midi nous recevons un appel : la police antiémeute est là en nombre et sépare avec violence les hommes des femmes et enfants (cris de femmes et pleurs d’enfants au tel)
Dans la soirée nouveau coup de téléphone : la police a amené 5 personnes, menottés. Les enfants sont traumatisés. Les grévistes confirment qu’ils continuent leur grève de la faim.
Nous appelons à un nouveau rassemblement ce dimanche 16 mars pour continuer à soutenir les sans papiers détenus dans les centres fermés et réclamer la fermeture de tous les centres fermés.

Rassemblement dimanche 16 mars à 12 heures

devant le centre fermé 127bis

300, Tervuursesteenweg - 1820 Steenokkerzeel
(train gare du Nord vers leuven à 11 :47- arrêt Nossegem)
RESF-Belgique resf://resf.be
 Collectif des Sans Papiers en Lutte - CSPL-
UDEP Bruxelles
 Contact : 0473628733-0474503655

 et Grève de la faim au centre fermé de Vottem9735

sur cette page - Les gardiens de Vottem parlent -Rapport sur les centres fermés -Retour des camps par Olivier Le Cour Grandmaison.

Une centaine de personnes incarcérées au centre fermé pour étrangers de Vottem (Liège) ont entamé dimanche une grève de la faim. Le mouvement a débuté vendredi au sein d'une des quatre ailes du centre, avant de s'étendre.

Selon France Arets, porte-parole du CRACPE, les personnes enfermées se plaignent des mauvaises conditions de détention et d'un manque de soins médicaux. "Un psychiatre vient tous les quinze jours mais la question des soins médicaux reste entière; les gens n'ont pas l'impression d'être suivis médicalement et de voir leurs cas être suffisamment pris en considération", détaille la porte-parole. Selon elle, le centre compte un nombre de détenus proche de sa capacité maximale, soit 160 places. Les personnes détenues se plaignent de surpopulation et de la mise régulière au cachot. "Ils protestent contre la détention elle-même : détention de personnes qui n'ont commis d'autre délit que de ne pas avoir les bons papiers", rappelle-t-elle. (GFR-Belga)

contact CRACPE Liège ligne d'urgence : 0476/47.93.88   http://cracpe3.skynetblogs.be/

Centre fermé de Vottem, des gardiens parlent... (novembre 2006.)

« Il y a des violations des droits de l'homme ! Ça ne peut plus continuer »

Enquête : Michel Bouffioux - Photos : Reporters - Article paru dans Ciné-Télé-Revue N°46/16 novembre 2006 http://www.assembleedesvoisins.be/Centre-ferme-de-Vottem-des

« Nous sommes témoins d’atteintes aux droits de l’homme et à la dignité humaine. Certains d’entre nous rentrent chez eux en pleurant », confient plusieurs agents du centre fermé pour sans papiers de Vottem. Ils dénoncent la présence de « résidents » souffrant de lourdes pathologies mentales... « Ce n’est pas leur place. Ils ne reçoivent aucune aide thérapeutique. Quotidiennement, nous sommes confrontés à des drames qui nous révulsent. »

Avant d’entamer la discussion, l’un de nos quatre témoins, tous agents du centre fermé de Vottem, près de Liège, cette prison qui ne porte pas son nom, ce lieu secret où séjournent des « illégaux » en attente d’expulsion, précise clairement les règles : « Vous devrez garder le silence sur notre identité. Notre statut nous interdit tout contact avec la presse. On risque notre emploi. » Il expose ensuite le malaise ressenti par lui même et plusieurs collègues : « Ce boulot, on l’a accepté. Nous sommes des agents de l’État et nous obéissons aux ordres. Mais on est quelques uns à avoir des problèmes de conscience. Pour retrouver notre sérénité, on voudrait faire notre travail en respectant la dignité de tous. Or, d’année en année, la situation se détériore. On nous demande de garder des gens qui n’ont pas leur place à Vottem ! »
-  De quelles personnes parlez vous ?
-   Julien (tous les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des témoins) : Depuis plus d’un an, on nous transfère très régulièrement des gens souffrant de graves problèmes psychiatriques. Des schizophrènes, des psychotiques, des paranoïaques avec délire mystique et j’en passe, qui auraient bien plus besoin d’une aide thérapeutique que d’une détention en centre fermé. C’est inhumain !
-  Jean : Récemment, on a eu un jeune Turc avec un problème mental... Il s’est retrouvé quinze jours complètement nu dans un cachot. Il passait son temps à se masturber en insultant Allah. Et une fois qu’il avait fini, il culpabilisait d’avoir insulté son Dieu. La direction a mis trois longues semaines à se décider à le transférer dans un lieu psychiatrique.
-  Quinze jours nu dans un cachot ?
-  Joseph : Oui, et ce n’est pas un cas unique. Il y a eu aussi cet Africain, qui s’est d’abord retrouvé dans une aile avec d’autres. On s’est rapidement aperçu que cela ne tournait pas très rond dans sa tête. Cet homme était tétanisé. Il mourait littéralement de trouille et restait immobile, serré dans une couverture. Peut être avait-il vu des choses horribles dans son pays... Décision de la direction : mise en isolement.
-  Jacques : C’est la décision systématique lorsque ces malades s’avèrent dérangeants pour la vie en groupe.
-  Joseph : Celui là, il a été mis au cachot parce qu’il ne se lavait pas et que ses codétenus en avaient assez de devoir le conduire à la douche. De toute évidence, cet homme n’était plus en état de contrôler ses actes. Au point qu’il déféquait et urinait sur lui. Il a été laissé nu dans sa cellule d’isolement pendant des semaines. De temps en temps, l’un ou l’autre agent qui en avait le courage désinfectait sa cellule...
-  De temps en temps ?
-  Jean : Oui, il est parfois resté plusieurs jours comme ça dans sa m... Finalement, cela jouait sur la corde sensible de certains agents, qui ont dit : « Nous, on va le faire, on va l’amener à la douche. » Ce n’est pas notre rôle pourtant...
-  Julien : Des gens ne veulent pas le faire. Des agents ne supportent pas l’odeur parce que cela refoule... C’est mon cas. En plus, je vous le dis honnêtement, j’estime que ce n’est pas mon boulot d’aller désinfecter une cellule d’isolement.
-  Ces résidents restent donc parfois sans soins...
-  Julien : ils reçoivent leur nourriture, leurs médicaments, mais sur le plan de l’hygiène, cela ne va pas. Une personne qui défèque sur elle pourra rester de 24 heures à une semaine sans nettoyage. Se développe alors une odeur pestilentielle... Et ce sont toujours les mêmes qui s’y collent, avec des masques.
-  Jacques : Ce n’est pas facile à vivre, Il m’arrive souvent de rentrer chez moi et de chialer parce que j’ai vu des trucs qui ne devraient pas exister. Ce type, ils l’ont rapatrié sans suivi, sans rien...
-  Jean : Quand on demande pourquoi des cas psychiatriques arrivent chez nous, on nous dit que pour savoir si ces gens doivent être rapatriés ou pas, il faut qu’ils passent d’abord par Vottem. Ils doivent être dans le système pour que l’Office des étrangers puisse les « valider ». Si cela se faisait en quelques jours, je comprendrais. Mais là, cela dure beaucoup trop longtemps. Pour eux comme pour nous.
-  Joseph : Il existe des établissements spécialisés pour aider et soigner ces personnes !
-  N’y sont elles pas transférées lorsqu’on constate leur état à Vottem ?
-  Joseph : Après quelques trop longues semaines d’isolement, cela peut arriver, mais c’est loin d’être systématique. Le plus souvent, leur état psychiatrique n’empêche pas leur rapatriement.
-  Julien : Et d’autres sont tout simplement relâchées dans la nature.
-  Comment cela ?
-  Julien : Pour faire de la place au centre ou pour une autre raison, ils reçoivent un ordre de quitter le territoire (OQT) dans les cinq jours. Concrètement, cela veut dire qu’ils sortent, livrés à eux mêmes. À charge pour eux de quitter le pays. Je me souviens notamment du cas d’un obsédé sexuel qui se masturbait dès qu’il voyait passer une femme de ménage dans le couloir. Après quelques semaines chez nous, il a été remis en liberté avec un OQT de 5 jours...
-  C’est mettre la société en danger !
-  Julien : Tout à fait, mais nous nous sentons aussi en danger. Par exemple, le mois dernier, on nous a amené un type potentiellement très violent. Un schizophrène, nous a dit la direction. Il parle avec vous très calmement, et puis, il pète un câble. Avant que vous compreniez ce qui se passe, il est en train de vous étrangler. On n’est pas formés pour s’occuper de gens comme ça ! Ce type est bien resté deux ou trois semaines en cellule d’isolement. De temps en temps, un volontaire lui faisait prendre sa douche. Et puis, il a été transféré on ne sait où... Aux dernières nouvelles, il serait à Lantin.
-  Jacques : Des gens à problèmes psychiatriques lourds, il y en a de plus en plus. L’un chasse l’autre. En ce moment, un Guinéen parle et chante seul toute la journée. Il défèque dans son assiette et balance le tout par l’œilleton de sa cellule... C’est triste à voir. Il faudrait qu’il reçoive une aide psychiatrique, mais, comme souvent, la direction préfère décréter qu’il s’agit d’une simulation. Jouer la comédie pendant deux ou trois jours, je veux bien, mais pas pendant des semaines !
-  Jean : Le dilemme pour cette direction qui dépend du ministère de l’Intérieur, c’est que si le type est reconnu malade par un psychiatre, il n’est plus rapatriable... Donc, elle fera éventuellement venir des kinés de l’extérieur, mais jamais un psychiatre. Sauf cas tout à fait exceptionnel. Je me souviens d’un type déjà suivi par un psychiatre avant sa détention. Dans un moment de lucidité, il a réussi à demander à revoir son thérapeute, et finalement, il a pu quitter Vottem.
-  Jacques : Vottem est devenu un centre poubelle. Si une personne se balade en rue avec un comportement bizarre, qu’elle est interpellée par la police et qu’elle n’a pas de papiers, le plus simple pour les flics, c’est de l’envoyer chez nous, où elle sera enfermée sous le label « personne étrangère et sans papiers ». Officiellement, il n’y a donc pas de cas psychiatriques dans les centres. Dans la pratique, on improvise...
-  Et les gens qui souffrent de problèmes psychiatriques se retrouvent en cellule d’isolement ?
-  Julien : Pas tous, mais la plupart, notamment les cas difficiles, qui posent problème pour la vie en groupe. Dans notre jargon, on appelle cela le « régime différencié ».
-  Jean : Et ils ne sont pas en isolement pour un ou deux jours, mais pour trois semaines, voire deux mois. Même pour une personne normale, rester dans ce type de cachot si longtemps, c’est insupportable. On en ressort à l’état de zombie.
-  Julien : Un Polonais y était resté deux mois. Il en était ressorti complètement cassé, avant d’être renvoyé dans son pays.
-  Jean : Il est rare que quelqu’un de normal se retrouve pour une longue période en isolement. Après deux ou trois jours, l’intéressé comprend le message et reprend la vie en groupe... Seules les personnes fragilisées par des problèmes psy y restent donc longtemps.
-  Avec quels droits ?
-  Jacques : Trois repas par jour comme les autres. En théorie, le « différencié » peut aussi avoir une promenade au préau, deux heures par jour. En pratique, certains refusent, d’autres ne comprennent même pas qu’ils ont ce droit, et pour d’autres encore, les troubles comportementaux empêchent toute sortie. On ne peut pas demander à trois agents de promener une seule personne...
-  À quoi ressemble une cellule d’isolement ?
-  Jacques : À un cachot de prison. Il n’y a pas de table, juste un matelas posé sur un bloc de béton. C’est une pièce vide.
-  Vous dites qu’un cas psychiatrique chasse l’autre. Que faut-il comprendre par là ?
-  Julien : Il y en a deux ou trois par mois !
-  Jacques : On a en permanence un cas très grave qui doit être isolé.
-  Julien : Sans oublier les toxicomanes, les gens qui ont des troubles du comportement liés à ce qu’ils ont vécu dans leur pays, les personnes sujettes aux crises d’angoisse, de colère. Les délires... On craint tous qu’un jour il y ait un accident.
-  Jean : Mais Julien, des accidents, il y en a déjà eu ! Des nez cassés, un genou explosé... Des réfugiés qui se font du mal à eux-mêmes.
-  Julien : C’est vrai. Il y a aussi des tentatives de suicide et beaucoup d’automutilations. Nous ne sommes pas aptes à juger s’il s’agit de simulations pour obtenir un transfert en hôpital ou une sortie. Il faudrait un véritable suivi des détenus sur le plan psychologique, mais il est totalement inexistant. Cela nous met en permanence dans une situation de malaise.
-  Jean : Vous savez comment l’Office réagit en cas grave de tentative de suicide ou d’automutilation ? Il transfère dans un autre centre ou à l’hôpital. Généralement, dans cette seconde hypothèse, la personne s’échappe parce qu’il n’y a pas de surveillance. Et ce n’est pas un mieux pour elle : elle se retrouve alors dans la nature, sans ressources, dans la clandestinité, avec ses troubles psychologiques ou psychiatriques toujours entiers.
-  Soit on écarte le « problème », soit on le cache ?
-  Jacques : Et c’est la même chose avec les tuberculeux... On touche à un problème de santé publique. Des « résidents » souffrant de cette affection contagieuse ont parfois été relâchés dans la nature, plutôt que d’être soignés.
-  Joseph : Il y a quelque temps, un type crachait ses poumons. La direction n’avait pas envie qu’il perde la vie au centre, mais elle ne l’a pas envoyé à l’hôpital. L’homme a reçu un ordre de quitter le territoire dans les cinq jours. Sur le plan humanitaire, c’est tout à fait désastreux.
-  Julien : C’est sans doute aussi illégal. La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire. Or je vois régulièrement sortir des gens qui ont viré leur cuti. Les centres les déclarent-ils ? J’ai des doutes.
-  Joseph : Plusieurs agents de Vottem ont aussi contracté cette maladie...
-  Revenons aux cas de troubles mentaux. N’y a-t-il pas de psychiatre au centre ?
-  Joseph : Non. On le demande régulièrement. On voudrait aussi des infirmières spécialisées.
-  Jacques : Dans l’organigramme du centre, il y a un psychlogue, mais il ne voit jamais les résidents. Cela ne l’intéresse pas d’aller parler avec le gars qui vit dans ses excréments dans une cellule puante.
-  Julien : De toute façon, n’étant pas psychiatre, il n’est pas qualifié pour soigner ces gens.
-  Jacques : La question se situe simplement sur le plan de la dignité humaine, des droits de l’homme. En tant que membre de la direction, il devrait juger intolérables ces mises en isolement d’êtres aussi fragilisés.
-  Il fait partie de la direction ?
-  Julien : Le psy est aussi directeur adjoint du centre. Et il l’est avant tout : ce qui compte, c’est que la machine continue à tourner sans faire de vagues...
-  Joseph : Il reste dans son bureau. Et ce sont les agents qui font de la psychologie comme ils le peuvent, en discutant avec les personnes à problèmes.
-  Jacques : Il lui arrive tout de même de parler à des résidents excités pour tenter de les calmer.
-  Joseph : Sans doute, mais de toute façon, il y a toujours confusion des rôles. Il discute avec un type un jour, et le lendemain, s’il est de garde, c’est lui qui décidera de mettre le même homme en cellule d’isolement. À qui parlent ces gens lorsqu’ils ont des problèmes de détention : au directeur ou au psy ?
-  Les médecins visitant le centre ne voient pas les cas graves en isolement prolongé avec ces soucis d’hygiène ?
-  Jacques : Si, bien sûr... C’est peut-être pour cela qu’ils changent souvent. Quand ils se retrouvent face à un mur, ils s’en vont.

(JPG)
Le 29 janvier dernier déjà, Vottem faisait la une des journaux avec la manifestation, initiée par Amnesty International, contre l’enfermement des enfants.

-  Julien : Un psychiatre devrait prochainement débarquer chez nous, un type qui fait des expertises pour le ministère. On verra bien...
-  Jean : En attendant, cela va crescendo. Un groupe de travail vient de se former sur cette problématique des cas psychiatriques, que la direction présente simplement comme des « cas difficiles ». Ils pensent créer une aile spécialisée de 24 lits.
-  Vous sentez vous mal dans ce travail ?
-  Jacques : Parfois, je me demande ce que je fais là. Mais je me dis que j’occupe la place d’un type qui pourrait être pire que moi. Ces centres existent de toute façon. Et il faut gagner sa vie.
-  Joseph : La plupart d’entre nous font de leur mieux dans un contexte difficile. Certains pourraient croire que les agents des centres fermés sont des brutes sans scrupules ou des racistes. Il n’y a rien de plus faux. Par exemple, quand il a été question de recevoir des familles à Vottem et que rien n’était prévu à cet effet, on s’est démenés pour rendre l’accueil acceptable, parce qu’on savait qu’il y aurait des enfants. Ce qui a été fait en un an ailleurs, on l’a réalisé en deux mois. Les familles qui sont venues pendant un temps chez nous étaient mieux accueillies que dans d’autres centres.
-  Julien : Ce travail est pesant. Des gens font des crises parce qu’ils ne parviennent pas à concevoir de retourner dans leur pays. Je pense par exemple à ce Chinois resté trois jours à l’infirmerie ou à cet ado de 18 ans qui avait fait toutes ses études en Belgique et devait repartir... Si vous êtes gardien de prison, vous savez que le gars en face de vous n’est pas là par hasard : il a tué, il a volé. Ici, beaucoup n’ont jamais rien fait de mal !
-  Jacques : À la création du centre, les gens présents étaient uniquement des illégaux, mais depuis quelques années, il y a de plus en plus de smex : ils représentent pas loin de 50 % de la population.
-  De qui s’agit-il ?
-  Jacques : Smex, cela veut dire sans moyens d’existence . Ce sont des Sans-papiers condamnés à une peine de prison, qui viennent purger leurs dernières semaines chez nous avant d’être rapatriés ou de recevoir un OQT de cinq jours. En quelque sorte, on sert aussi à désengorger les prisons.
-  Jean : Parmi eux, il y a beaucoup de petites frappes qui se prennent pour des caïds, de gens violents... On n’est pas formés pour s’en occuper. On craint qu’un jour il y ait un accident...
-  Julien : D’ailleurs, c’est un smex qui a récemment donné un coup de ciseaux à une gardienne du 127 bis. Auparavant, il avait aussi fait un séjour chez nous !
-  Joseph : Cette population très particulière pose également problème aux autres résidents, qui n’ont jamais eu de contact avec le milieu criminel. Ils sont victimes de pressions, de rackets, de violence.
-  Julien : Des Africains qui fuient un régime politique dictatorial sont mélangés à des Albanais venus ici faire du proxénétisme. Les résidents sont logés dans des chambres non fermées et regroupés dans des ailes contenant jusqu’à 40 personnes. Très souvent, pour ne pas dire tout le temps, il n’y a qu’un seul agent pour surveiller tout le monde. Quand c’est calme, ça va, mais lorsque cela commence à s’énerver, mieux vaut se tirer. Des groupes se créent dans le groupe. Des hiérarchies. Comme en prison.
-  Jacques : Ceux qui n’ont jamais eu de soucis avec la justice n’ont vraiment pas besoin de ce stress supplémentaire, alors qu’ils sont déjà déstabilisés par le fait de se trouver dans un milieu carcéral. On ne sait plus trop comment les protéger et les rassurer...
-  Julien : Et puis, il y a une autre injustice. Les smex reçoivent le plus souvent un OQT de cinq jours. Les résidents les plus difficiles, les types dangereux mais qui savent se payer de bons avocats, échappent généralement à l’expulsion. Ils reçoivent cet OQT, qui, bien entendu, restera lettre morte jusqu’à leur prochaine interpellation. Le gars perdu, sans relations, fragilisé par son exil, ce sera toujours plus facile de le taper dans un avion...
-  Comment se passent les rapatriements ?
-  Joseph : Un Pakistanais avait refusé de monter à bord à Zaventem. Ce gars est revenu tellement cassé qu’il ne savait plus marcher. Il a passé plus d’un mois à l’infirmerie. Rien n’a changé depuis Sémira Adamu. Il n’y a plus de coussin, mais c’est toujours aussi violent.
-  Julien : Personne n’est tabassé à Vottem. Par contre, quand les gens reviennent de l’aéroport, on constate que certains - pas tous - ont été l’objet de violences sérieuses. Beaucoup de choses se passent à Zaventem. Des gens partent aussi avec un GSM ou de l’argent dans une enveloppe qui devait leur être remise à leur montée dans l’avion et reviennent au centre sans rien.
-  Jacques : D’après les témoignages de plusieurs résidents, les policiers utilisent des techniques assez incroyables, qui ne laissent pas de traces. Ils appuient fortement sur un endroit du front, ce qui provoque une douleur tellement intense que la personne perd tous ses moyens. Il y a aussi beaucoup d’insultes verbales.
-  Julien : Il est arrivé qu’un médecin vienne pour constater les dégâts, mais la plupart du temps, les résidents ont peur de déposer plainte. Ils croient que cela influencera leur dossier.
-  Jacques : Il y a un autre aspect du travail dont on voudrait vous parler car il nous inquiète très fort : la distribution des médicaments aux résidents. Ce n’est pas notre job ! Que se passera-t-il le jour où il y aura une erreur ?
-  Une erreur ?
-  Jacques : Les médecins et les infirmières ne sont pas là en permanence. Il arrive donc, la nuit ou à d’autres moments, que des gardiens se retrouvent face à des « résidents » qui ont besoin de certains médicaments. Par exemple, un calmant pour dormir. Le système en place veut que l’on téléphone alors à l’infirmière de garde.
-  Joseph : On reçoit donc une consigne verbale de donner tel ou tel médoc. Imaginons qu’il y ait une contre-indication ou que le résident ne supporte pas ce qu’on lui a donné pour tel ou telle raison. Qui va porter le chapeau ?
-  Et quand les infirmières sont là, comment cela se passe ?
-  Joseph : Ce n’est pas du tout satisfaisant non plus. Ce sont elles qui préparent des plaquettes à donner aux détenus...
-  Jacques : Et il y a constamment des erreurs dans les plaquettes... Un jour, il y aura un problème. C’est couru d’avance.
-  Joseph : Cette question des médicaments est aussi à l’origine de beaucoup de situations de violence. Certains gardiens hésitent à donner des calmants ou des antidouleurs pour les raisons que nous venons de vous expliquer. En retour, il y a des résidents qui vivent cela très mal et qui s’énervent...
-  Vous vous êtes plaints de cette situation à la direction ?
-  Joseph : Bien entendu. On nous répond qu’il n’y a pas de budget pour assurer une présence permanente d’une infirmière dans le centre.
-  Jacques : Les infirmières sont intérimaires ou contractuelles à mi-temps. Elles n’ont pas intérêt à ruer dans les brancards. La direction leur fait comprendre qu’il ne faut pas qu’elles soient trop proches des résidents.
-  Joseph : En fait, on se contente de bourrer les gens de médicaments pour les garder calme. Les médocs à Vottem, c’est un budget de plusieurs milliers d’euros pas mois.
-  Jean : Et dans le même temps, il y a des gens qui attendent 5 jours pour voir le médecin, parfois plus. Cela fait monter la colère et c’est nous qui avons les problèmes. Par exemple, si un « résident » a une rage de dent, il s’inscrit chez le médecin et cela peut durer un mois pour qu’il voie un dentiste.

Michel Bouffioux

http://www.assembleedesvoisins.be/Centre-ferme-de-Vottem-des


Le centre pour "illégaux" de Vottem, une honte nationale...

Le centre de Vottem, près de Liège, est le plus récent des centres fermés. Son ouverture date de 1999. Ce centre est composé de quatre ailes pouvant « accueillir » 40 personnes chacune. Sa capacité totale est donc de 160 places.

Le centre est doté d’une infrastructure moderne. Il n’en présente pas moins des caractéristiques carcérales. Chaque aile est fermée par deux rangées de barreaux. Les possibilités de sortie dans les espaces « promenades » sont limitées, et les seules possibilités de déplacement libre peuvent se faire entre les chambres et la salle commune.

Chaque chambre comporte deux lits superposés (2 x2 places), les possibilités d'intimité y sont par conséquent réduites. Les agents de sécurité sont présents en nombre.

Pendant plusieurs années, seules 3 ailes étaient occupées par des hommes qui, pour la plupart, étaient en séjour illégal. Il arrive que des demandeurs d'asile en procédure soient détenus au centre de Vottem et notamment, une proportion de plus en plus grande de demandeurs d'asile en attente de transfert vers un autre État membre de l'Union Européenne (« Cas Dublin »).

Depuis mars 2006, la quatrième aile est affectée à la détention des familles avec enfants. L'arrivée d'enfants au centre de Vottem a suscité une forte mobilisation citoyenne des habitants de Liège5.

Conséquences médicales et psychologiques de la

détention

L’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme stipule que « toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales... »

La Convention énonce un droit fondamental : la liberté est la règle, l’enfermement l’exception. La privation de liberté est une épreuve très lourde. Or, des personnes sont enfermées, dans le cadre du contentieux des étrangers, au motif qu’on leur interdit l’entrée sur le territoire, ou parce qu’elles n’ont plus les papiers nécessaires et doivent être expulsées.

La législation belge autorise l’enfermement dans le but d’organiser l’expulsion.

Il est important de souligner ici que ces étrangers sont enfermés pour le seul motif qu’ils séjournent « illégalement » dans le pays. Rien ne leur est reproché pénalement. Ils n’ont pas commis d’infraction. Ils sont donc incarcérés pour le seul motif de leur situation administrative.

Nos visites hebdomadaires dans les centres fermés en Belgique et nos contacts avec des personnes détenues nous permettent d’affirmer que la privation de liberté sur décision administrative et les conditions de l’enfermement ont un impact sur la santé physique et psychologique des étrangers.

Cette section a pour objet de mettre cette problématique en lumière. La situation que nous évoquons est celle qui nous est décrite, à nous visiteurs, par les détenus.

extrait du rapport de la Ligue des droits de l'Homme.

( http://www.liguedh.be/medias/579_etat_des_lieux_centres_fermes.pdf  ) TEL 02 2096280

contact CRACPE Liège : 0476/47.93.88 / http://cracpe3.skynetblogs.be/

Retour des camps...

«Nous assistons à l’avènement d’une xénophobie d’Etat»

Vous parlez d’un «retour des camps» qu’est-ce qui vous permet aujourd’hui d’utiliser ce terme ? N’est-il pas trop chargé, excessif ou délicat par rapport à la mémoire des disparus des camps, ceux de la Shoah notamment ?

Olivier Le Cour Grandmaison. « Ce type de camp n’a bien sûr rien à voir avec les camps de concentration, où le propre de l’interné n’est pas seulement d’être privé de sa liberté, mais également d’être massivement exposé à des tortures et à une mort de masse permanente. Il est pourtant tout à fait adéquat de parler de camp pour désigner les structures dans lesquelles sont aujourd’hui internés en masse des étrangers en situation irrégulière et destinés à être – selon la formule consacrée - renvoyés dans leur pays d’origine. Ça ne me paraît pas excessif.

 Le camp ne se reconnaît pas à l’image qu’on en a coutumièrement, c’est-à-dire les barbelés, miradors et une lumière blafarde et sinistre. Des lieux très hétérogènes peuvent être effectivement transformés en camp, s’il est possible rapidement d’y parquer un nombre relativement important d’individus en exerçant sur eux un contrôle très strict. Dernièrement à Roissy, des hôtels, des salles d’attentes pour voyageurs normalement, des gares… sont devenus des camps.

 Le point commun de tous ces lieux, c’est la technique répressive utilisée : l’internement administratif. Il s’agit de priver quelqu’un de sa liberté non sur la base d’un jugement prononcé par un tribunal, mais en vertu d’une décision prise par une autorité administrative. Désormais, nous, et c’est un «nous» collectif, considérons comme normal le fait d’interner des étrangers en situation irrégulière, en oubliant complètement que lorsque cette technique a été utilisée dans l’Algérie coloniale par exemple, les contemporains la considéraient comme un procédé extraordinaire au regard du droit commun. Nous assistons aujourd’hui à une extraordinaire banalisation.

 À droite comme à gauche (pour ce qui est de la gauche parlementaire), l’enfermement des étrangers apparaît comme la solution adéquate. Il existe évidemment plusieurs désaccords concernant les modalités d’application et le traitement infligé, mais il existe un consensus sur la technique. Mais pourquoi estimer normal que, pour le simple fait d’entrer irrégulièrement sur le territoire national, des hommes et des femmes puissent être privés de leur liberté ?

Olivier Le Cour Grandmaison a écrit et codirigé Le Retour des camps? aux Editions Autrement, en 2007. Il est également l’auteur de Haine(s). Philosophie et Politique, (PUF, 2002) et Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial, (Fayard, 2005).

S’agit-il d’une violation des droits fondamentaux ?

Ces camps nient assurément un principe de base : il ne devrait pas être possible de priver quelqu’un de sa liberté en dehors d’un crime et d’un délit dûment jugé par un tribunal compétent ! Cela ne signifie pas que les internés sont privés de tout droit, mais les garanties sont notoirement insuffisantes. Un état d’exception permanent est mis en place, à l’intérieur même de l’Etat de droit, conçu par l’Etat de droit ! Et qui fonctionne fondamentalement contre les étrangers en situation irrégulière, ce qu’une juriste appelle un «état de siège» contre les étrangers.

D’un côté il existe un droit qui institue une sécurité juridique, pour les nationaux, et de l’autre un droit qui institutionnalise l’insécurité pour les étrangers en situation irrégulière. Même les étrangers en situation régulière, en concubinage voire mariés avec des Français(es), et avec des enfants en France, sont menacés. Ils ne sont plus sûrs de pouvoir demeurer sur le territoire français avec la politique initiée par Nicolas Sarkozy. C’est une insécurité qui porte atteinte à un droit fondamental reconnu par le Conseil d’Etat : le droit à mener une vie familiale normale.

Les récents incidents dans le centre de Vincennes vous ont-ils surpris par leur gravité ?

Vincennes n’est que le dernier exemple sinistre en date. Ces violences ne sont pas des faits divers, ces violences ne sont pas des bavures, ces violences sont structurelles ! Elles sont induites par la nature même du camp, et par la stigmatisation des étrangers perçus comme dangereux, et qui même s’ils ne sont pas totalement dépourvus de droits, ne disposent que de prérogatives minimales. Ajoutez à cela des forces de police qui savent qu’elles opèrent dans des lieux globalement soustraits aux contrôles, la violence devient un phénomène banal et courant dans ces centres de rétention. Les événements de Vincennes n’ont donc rien d’exceptionnel concernant la violence, la nouveauté, on la trouve dans les mouvements de protestation qui ont suivis, ainsi qu’une petite opération politicienne tendant à faire croire que la police et le gouvernement menaient une politique de transparence en la matière. Il faut rappeler qu’une seule association peut pénétrer dans les centres : la CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués). Si le gouvernement veut aller jusqu’au bout, il faudrait commencer par autoriser toutes les associations qui défendent les droits de l’homme à entrer dans ces camps.

Quel est l’impact de la politique de Nicolas Sarkozy sur les conditions de rétention ?

Aujourd’hui, les centres de rétention concernent des hommes et des femmes qui antérieurement, pour diverses raisons et notamment parce qu’ils avaient des attaches fortes en France, n’étaient pas arrêtés auparavant. Sont ainsi enfermées et expulsées des personnes qui peuvent résider en France depuis 10, 15 ans ou plus longtemps encore, qui peuvent vivre en concubinage avec des Français(es), et qui dans certains cas mêmes ont des enfants en France. Les mêmes qui font grand cas de la préservation de l’unité familiale quand il s’agit de nationaux, ou d’étrangers vivant régulièrement en France, n’ont aucun scrupule à séparer les parents de leurs enfants, voire à expulser des enfants en violant pour cela une convention internationale ratifiée par la France et certaines dispositions express du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le nombre de personnes placées en rétention et expulsées a ainsi considérablement augmenté dès l’entrée de Sarkozy au ministère de l’Intérieur mais nous assistons à un phénomène encore plus grave : l’avènement d’une xénophobie d’Etat ! Désormais il est assumé au plus haut niveau de l’Etat que l’étranger en situation irrégulière est une source de troubles et de maux. La traque, l’arrestation et l’expulsion deviennent donc une priorité nationale. Des moyens matériels et humains considérables sont engagés à cette fin. Le ministère abracadabrantesque de Brice Hortefeux en est l’incarnation : ministère de l’immigration, de l’identité nationale de co-développement et de l’intégration. Sur son site officiel, une seule activité est d’ailleurs mise en avant : la traque, l’arrestation et l’expulsion. Les objectifs sont très élevés: pour 2008, le quota est fixé à 28 000 expulsions ! Et cela doit augmenter chaque année !

S’agit-il d’un retour du nationalisme ?

Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, la lutte contre les clandestins est pensée comme un élément essentiel de la préservation de la sécurité des nationaux et de l’unité nationale. Nous assistons à un retour d’une forme très convenue, xénophobe et parfois agressive du nationalisme, avec l’objectif de redonner aux Français une fierté qu’ils seraient supposés ne plus éprouver pour leur patrie. Il s’agit d’articuler une politique ouvertement xénophobe et la réactivation de grands discours sur la France, son passé prestigieux, ses origines chrétiennes, les beautés de sa colonisation réputée avoir été synonyme de civilisation…

Vous décrivez un phénomène d’externalisation parallèle à cette multiplication des camps sur le sol européen. Quel est son rôle ?

Les camps se multiplient en effet en Europe, principalement sur la «ligne de front» (Grèce, Malte, et les derniers entrants). L’externalisation se développe en parallèle pour redoubler et sanctuariser les frontières de l’Union Européenne. Il s’agit d’exporter les camps d’internement d’étrangers hors de l’UE, notamment dans les pays du Maghreb, considérés comme essentiel pour contrôler les «flux migratoires» en provenance d’Afrique. À charge pour ces Etats, que l’on sait peu scrupuleux quant au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, d’interner les étrangers sur leur sol. La présence en Europe d’un nombre relativement important de camps d’internement au regard de son passé génocidaire, est très difficile à assumer. Selon le bon principe qui veut que l’on cache ce que l’on ne peut véritablement tolérer, on procède donc à l’externalisation de ces camps dans des Etats dont les diplomates disent pudiquement qu’ils sont soumis à des «standards» juridiques différents. Très cyniquement, cela signifie qu’il sera possible d’expulser plus facilement les étrangers arrêtés. Un ministre italien reconnaissait ainsi que ce qu’il advient dans les camps libyens n’est pas de son ressort. Sous-entendu, on s’en lave les mains ! L’Europe ne cesse de sous-entendre ou même d’affirmer explicitement qu’elle est en guerre contre les «clandestins». Tous les moyens (ou presque) sont bons pour mener cette bataille ! La directive (en projet) va dans ce sens : la rétention administrative pourrait atteindre 18 mois ! Ce projet permettrait aussi de prononcer contre les étrangers en situation irrégulière et expulsés dans leur pays d’origine une peine d’interdiction de séjour de 5 ans sur le territoire des Etats membres de l’UE. L’avènement d’une xénophobie d’Etat n’est donc pas propre à la France, il s’agit d’une véritable «xénophobie d’institution» au niveau européen. Frontex, l’agence européenne qui se charge des frontières, dispose même de moyens militaires : les drones sont désormais utilisés pour le contrôle des frontières. Là encore on assiste à une extraordinaire banalisation de techniques originellement militaires désormais tournées vers le contrôle de populations civiles. Soit dit en passant après que le gouvernement français ait envisagé d’utiliser les mêmes drones pour les banlieues…

N’y a-t-il pas une certaine indifférence ou une trop faible mobilisation de l’opinion publique sur ces conditions de rétention ?

Effectivement. Et cela s’explique tout d’abord par l’extraordinaire démission des partis de l’opposition parlementaire, pour des raisons électorales. Les députés ont en effet un droit d’accès permanent aux camps de rétention, dont ils n’usent visiblement pas ! Ensuite, Ces centres sont des «hors lieux» : ils sont quasiment invisibles ! Qui sait lorsqu’il se rend à Roissy CDG qu’à quelques mètres seulement de lui se trouvent des étrangers placés en zones d’attente et dans certains cas en cours d’expulsion ? Il s’agit d’une invisibilité organisée. Cependant, entre le moment où ce livre a été écrit (2007) et aujourd’hui, les réactions se multiplient car la situation s’est aggravée, les quotas d’expulsions se sont durcis, et aussi grâce aux mobilisations de masse organisées par le Réseau éducation sans frontières (RESF). Ces derniers ont fortement contribué à sortir ce sujet de la marginalité »

Recueillis par CAMILLE STROMBONI

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/03/nous-assistons.html


LES ATTACHES DURABLES ...

 grevistes udep

Le travail consiste à présent à  continuer l'expansion des CerCles du silence qui culmineront avant l'entrée en fonction du futur gouvernement(aux environs du 20 mars) en un CerCle du silence national réuni à Bruxelles, entourant probablement les partis concernés. 

L’UDEP BRUXELLES

 

  L’UDEP: 0494/384 442  -

17/10/2007

 

SOLIDARITEIT MET DE MENSEN ZONDER PAPIEREN – VERONTWAARDIGING TEN AANZIEN VAN DEZE WEERZINWEKKENDE POLITIEK

ONZE EIS - REGULARISATIE -

 

 BIJEENKOMST op de TRAPPEN VAN DE BEURS   ZATERDAG 20 oktober om 14 u.

 

Steeds Meer repressie

D e gebeurtenissen van de laatste weken lijken aan te tonen dat er op de spanning en het hernieuwde verzet van de beweging van mensen zonder papieren en degenen die hen ondersteunen, Geantwoord wordt met een golf van repressie vanwege de Dienst Vreemdelingenzaken en van het Ministerie van Binnenlandse Zaken.

 

Feiten:

  

1- In de gesloten centra stijgt de verontwaardiging - Angelica, een onderdrukte hongerstaking in Merksplas, verdachte overlijdens en rellen in 127 bis, Vottem,... Als  de minste (nochtans legitieme) poging om gehoord te worden onderdrukt wordt, welk middel hebben de opgeslotenen dan nog om zichzelf uit te drukken?

2- Meer en meer mensen zonder papieren worden afgewezen en krijgen een bevel om het grondgebied te verlaten - Bovendien lijken de razzia's en arrestaties toe te nemen.  Het is droevig nieuws van wanhopige mensen dat ons iedere dag bereikt bij Udep. Deze 'kuis' volgt op het aanwerven van 50 functionarissen door de Dienst Vreemdelingenzaken bij het begin van de zomer die geacht werden de talrijke aanvragen tot regularisatie ( 60.000) te behandelen (art. 9.3.), die in het spinnenweb van de DVZ liggen te wachten.  Mr Dewael hoopt op die manier zijn ministerie presentabel te houden en vooral zo weinig mogelijk kans te laten aan de mensen zonder papieren die het aandurfden om er zich aan te bieden met de bedoeling zich op een dag voor de toekomstige regularisatiecommissie, beloofd door de komende regering, te kunnen verdedigen. Dit is een volledig onwettelijke politieke daad vanwege een ministerie dat lopende zaken afhandelt.

3- De familie van Angelica wordt afgestraft omdat ze zich durfden verdedigen. Javier, de vader, wordt nog altijd vastgehouden en wordt ieder ogenblik met uitzetting bedreigd, terwijl het geval van Angelica en haar moeder meer en meer in opspraak wordt gebracht. Op een andere manier is het dan weer de latijnse en Ecuadoriaanse gemeenschap die de prijs betaalt voor deze strijd. We mogen ons niet door de wraak van de minister laten verslaan! Want dat is wat hij wil.   In Brugge verzet de jonge Maria Flores Cahuasqui zich sinds een maand vanachter de tralies tegen haar uitzetting
 
OM VERDER TE GAAN MET ONZE SOLIDARITEIT TE BETUIGEN AAN DE MENSEN ZONDER PAPIEREN EN ONZE EISEN BIJ DE KOMENDE REGERING IN HERINNERING TE BRENGEN, ZULLEN WIJ ONS VERZAMELEN OP DE TRAPPEN VAN DE BEURS OP ZATERDAG 20 OKTOBER om 14.00 u.
 

03/10/2007

Sans Papiers de plus en plus Forts

http//www.patrickDewael ESTunMonstre.be

Pour rappeller la necessité de

LA REGULARISATION DE TOUTES LES PERSONNES SANS PAPIERS 

nous nous rassemblerons sur les 

MARCHES DE LA BOURSE CE SAMEDI 20 octobre à 14h

AniMationS, MaNifiEstA, Free Speach, AtEliErs,... BienVenue à touTes!

CONSTATS:  

Répression de plus en plus Forte.

Les évenements de ces dernières semaines semblent montrer qu'à la tension et au regain de résistance du mouvement des personnes sans papiers et de leurs soutiens, Réponde une vague de répression de la part de l'Office des étrangers et du ministre de l'intérieur. En ce moment déterminant pour l'avenir des migrants en Belgique, Mr Dewael persiste dans son mensonge et incite le futur gouvernement à recommencer de plus belle la politique de la honte et criminelle Dewalienne.

1- Dans les centres fermés l'indignation monte. Angelica, grève de la faim réprimée à Merksplas, décès douteux et émeute au 127 bis, Vottem,... Si la moindre tentative (pourtant légitime) de se faire entendre est réprimée, quel moyen d'expression reste-il aux détenus?

2- De plus en plus de personnes sans-papiers reçoivent des refus et ordres de quitter le territoire. En outre, les rafles et les arrestations semblent s'intensifier. Ce sont les tristes nouvelles de gens en détresse qui nous arrivent chaque jour à l'Udep. Ce "nettoyage" ferait suite à l'enrôlement de 50 fonctionnaires par l'office au début de l'été, censés traiter les nombreuses demandes (60.000) de régularisations (article 9.3.) en attente dans les toiles de mygales de l'Office des étrangers. Mr De Wael espère ainsi laisser son ministère présentable et surtout laisser le moins de chances possibles aux personnes sans papiers qui ont osé s'y présenter, de se défendre un jour devant la future commission de régularisation promise par le prochain gouvernement. Ceci est un acte politique tout à fait illégitime dans le chef d'un ministre en affaires courantes.

3- La famille d'Angelica paye cher d'avoir osé se défendre.

 Javier, le père est toujours incarcéré et risque l'expulsion à tout moment, tandis que le cas d'Angelica et sa mère semble de plus en plus compromis. Dans une autre mesure, la communauté équatorienne et latino paye aussi le prix de ce combat. Ne laissons pas la vengeance du ministre nous abattre! C'est ce qu'il cherche.

A Brugge, depuis un mois, la jeune Maria Flores Cahuasqui résiste à son expulsion derrière ses barreaux...

L'UDEP région de Bruxelles

http://sanspapiers.skynetblogs.be/

udep-bruxelles@hotmail.com

0472 895 961

Soutien: 000-3419170-17- avec la mention " soutien "

27/07/2007

A l'appel de l'UDEP, de la ligue des droits de l'homme, du mrax, du ciré,...

Steunbetoging voor Angelica
om 12 u., deze zondag 29 juli
voor het gesloten centrum127 bis
 
Rassemblement de soutien
   à Angelica à 12h
    ce dimanche 29 juillet
  devant le centre fermé 127bis
Train 11h30 gare du midi / 11h35 gare du nord
direction Leuven/ Arrêt Nossegem/
 Josef gorislaan 80
Trein 11.30 u. Zuidstation/11.35u. Noordstation Brussel.Richting Leuven/halte Nossegem
 
 
Angelica traverse une période de plus en plus difficile. La perspective d'être séparée de sa famille, de ses amis, et de la Belgique, son enfermement prolongé et la menace d'une expulsion sont de pénibles épreuves, particulièrement pour un enfant. Allez la voir au 127bis dimanche, cela lui remonte vraiment le moral et Angelica nous en remercie toujours énormément. Cela obligera aussi de plus en plus les politiques à prendre une position humaine.
Soutenez Angelica en écrivant à Patrick De Wael,
Open Vld
Melsensstraat 34
B-1000 BRUSSEL
contact@openvld.be (par la poste c'est beaucoup plus fort évidemment)
Mr De Wael, ministre de l'intérieur, entendez l'appel d'Angelica et permettez lui de sortir de sa détresse. Faites un geste Mr De Wael, un geste humain, vous avez ce pouvoir, il vous suffit d'enjoindre votre administration à ne pas l'expulser. Faites ce geste, prenez cette position morale, permettez à Angelica de continuer à grandir en Belgique, pays qui est "sa maison" comme elle le dit.
Nous nous en remettons à votre sens des valeurs humaines et de ce qui est le plus essentiel surtout, l'avenir d'Angelica.
 Merci monsieur le ministre, (signez, datez et indiquez vos coordonnées).

 

En 2006, plus de 700 enfants ont été envoyés dans les centres fermés par l'office des étrangers, dirigé par Mr De Wael.

Le centre fermé 127 bis où est incarcérée Angelica est l'un de ceux qui a le régime carcéral le plus dur en Belgique. Une enfant n'a rien à faire là!

Ce Lundi, la famille d'Angelica ira personnellement porter sa requête au palais Royal. Laissons donc vivre Angelica loin de cette prison et près de sa famille, en Belgique. C'est si précieux l'enfance. Chaque année pendant les vacances en Belgique, nous découvrons le drame d'un enfant, cette année nous avons la chance de pouvoir réparer ces drames. Pensons-y!

 

Ministres interpellés à Val Duchesse

Ce vendredi 27 juillet à 9h00 à Val Duchesse, l'Union de défense des personnes sans papiers (UDEP) et la Ligue des Droits de l'Homme rejoints par d'autres associations ont remis aux partis politiques démocratiques de Belgique l'appel lancé pour la libération d'Angelica Cajamarca détenue au centre fermé 127bis depuis bientôt un mois. Mr De Wael s'en est montré très gêné et s'est réfugié une fois de plus derrière son administration et sa grande voiture. C'est pourtant lui qui donne les ordres à son administration et non le contraire. Le pouvoir discrétionnaire des ministres lui permet de faire libérer Angelica sur l'heure s'il le souhaite et lui donner une chance de grandir en Belgique. Sa mère a déjà une promesse d'embauche et le consul lui même a proposé de les prendre chez lui! (voir lettre) Ses avocats ont introduit un pourvoi en cassation et préparent le mémoire, le délégué aux droits de l'enfant a rendu visite à Angelica aujourd'hui et nous a promis qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir (cela pourrait retarder l'expulsion), Joelle Milquet ce matin s'est engagée dans le même sens.

 Toutes ces démarches sont infiniment louables et utiles, mais seules elles n'empêcheront pas de libérer Angelica. Ecrire à Monsieur De Wael via le siège de son parti peut s'avérer très utile! Merci à vous tous qui entendez cet appel.

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Angelica gaat door een steeds moeilijkere tijd.  Het vooruitzicht dat ze van haar familie en vrienden, en van België gescheiden zal worden, haar verlengde opsluiting en de bedreiging met uitwijzing zijn moeilijke beproevingen, zeker voor een kind. Ga zondag naar 127bis om haar te zien, dat zal haar moreel opkrikken en Angelica bedankt ons daar steeds hartelijk voor. Dit zal ook de politiek meer en meer verplichten om een menselijke beslissing te nemen. 
Ondersteun Angelica door een brief te schrijven naar Patrick Dewael
Open Vld
Melsensstraat 34
B-1000 BRUSSEL

contact@openvld.be
Mr Dewael, Minister van Binnenlandse Zaken, hoor de oproep van Angelica en sta haar toe om uit haar ellende te geraken.   Stel een gebaar, mr. Dewael, een menselijk gebaar, U heeft er de macht voor.  Het volstaat om uw administratie op te dragen haar niet uit te wijzen.Stel dit gebaar, neem dit moreel standpunt in, laat Angelica toe om in België op te groeien, het land dat ze als haar 'haar huis' beschouwt, zoals ze zelf zegt. Wij vertrouwen op uw zin voor menselijke waarden en wat het meest belangrijke is, namelijk de toekomst van Angelica.  Bedankt mijnheer de minister, (onderteken, dateer en geef uw adres).  
 
Steun: 000-3419170-17- met de vermelding " steun Angelica "

26/07/2007

L'évasion des prisonniers

UDEP Bruxelles - Frères de sans

Evasion au 127 bis

Régularisation sans ...

Nous vous appelons à venir creuser un tunnel ce samedi 21 juillet au centre fermé 127 bis, afin d’organiser l’évasion des personnes sans papiers qui y sont détenues, munissez vous chacun d’une petite cuillère.

En ce jour de fête nationale, nous organisons la libération des personnes sans papiers injustement et inhumainement détenues au centre fermé de Steenookerzeel.
Pour ce faire nous creuserons un tunnel devant le centre de détention à l’aide de petites cuillères. Nous vous invitons à célébrer ce jour symbole de liberté, en libérant la Belgique des zones de non droits que sont les centres fermés et en exigeant la suppression définitive des centres fermés.
La symbolique c'est ...
                                                                                                       photos NoizzY@no-log.org
Evadés du 127 bis
Entre 150 et 200 personnes ont fait le déplacement aujourd’hui pour se  rendre au centre fermé de Steennokkerzeel. Elles répondaient ainsi à l’appel adressé aux citoyens par la petite Angelica Loja Cajamarca et à « l’Appel du 21 juillet » lancé par l’Udep Bruxelles et rejoint par de nombreuses associations, partis politiques et citoyens interpellés par la lettre d’Angelica..
Javier, le père d’Angelica était présent devant le centre où il a parlé à sa fille derrière les bareaux. Javier demande aux autorités Belges " de réfléchir à ce qu’elles sont en train de faire. Il dit qu’il est là pour que plus jamais l’on enferme des enfants et des personnes innocentes et que l’on donne le droit à tous les étrangers de travailler et l’opportunité de vivre avec dignité, pour qu’ils n’aient jamais à vivre ce que je suis en train de vivre..." conclut-il.
L’Appel du 21 juillet s’adresse à Mr Leterme et aux partis du futur gouvernement pour qu’ils prennent dès à présent leurs responsabilités politiques face à la situation de non-droit que constituent l’arrestation et l’enfermement de personnes sans papiers, détenues pour le seul motif de leur situation administrative!
Il appelle dès lors à cesser toute arrestation et tout enfermement jusqu’à ce que soit mis en place une commission de régularisation indépendante, permanente et transparente, régie par une loi claire et juste, permettant à toutes les personnes sans papiers de sortir de leur état de clandestinité.
C’est la seule possibilité de mettre un terme aux situations et aux zones de non-droits, régies par un total arbitraire, qui sévissent en Belgique pour les personnes sans papiers.
- C'est en ce sens de solidarité et de citoyenneté que nous avons creusé un tunnel devant le centre de détention à l’aide de petites cuillères.
Nous avons ainsi célébré ce jour de fête nationale symbole de liberté, en commençant à libérer la Belgique des zones de non droits que sont les centres fermés.
Signataires :
- L’UDEP Bruxelles ( Union pour la défense des personnes sans papiers)
-         Maître Selma Benkhelifa avocate.
-         Alexis Deswaef, avocat au Cabinet d'Avocats du Quartier des Libertés
- Kinderen Zonder Papieren ( collectif de soutien aux enfants sans papiers, Flandre)
- L'Assemblée des Voisins et Voisines.
- Frères de Sans (collectif  de fraternité avec les personnes sans papiers).
- Ligue des droits de l’enfant.
-Comité Tegen Armoede
-CRVI, le Centre Régional de Verviers pour l'Intégration.
...
A refusé; le MRAX (par boycott systématique de l'Udep, le mrax soutenant en fait la Crer, laquelle ne représente aucun sans papiers et fonctionnant de façon très opaque et obscure- absence de bilan financier, absence de toute consultation, usurpations répétées et dénoncées du nom de l'Udep,...).

Evasion de Ana y Angelica 
Unas 150 personas cavaron ayer un túnel simbólico ante el centro de detención de inmigrantes sin papeles, próximo a Bruselas, para pedir la puesta en libertad de la niña ecuatoriana de 11 años y su madre que permanecen allí retenidas y con una orden de expulsión desde hace dos semanas.

En declaraciones a Efe, el Chileno-Belga Gerardo Cornejo, portavoz de la Unión de Defensa de los Sin Papeles (UDEP), afirmó que se trata de “un caso inhumano”, en cuya protesta tomaron parte “unos cincuenta inmigrantes latinoamericanos y un buen número de ciudadanos belgas".

En la manifestación ante el centro también participaron varias asociaciones defensoras de los inmigrantes, miembros del Partido Socialista francófono y del ecologista Ecolo.

La niña ecuatoriana Angélica Cajamarca, de 11 años, y a su madre, Ana Elizabeth Cajamarca Arízaga, permanecen internadas y con una orden de expulsión desde hace dos semanas, cuando fueron detenidas por haber residido irregularmente en Bélgica desde 2003.

Ambas denunciaron estar encerradas “como criminales”, tal y como dijo la pequeña en una carta que remitió a los medios de comunicación del país el pasado lunes, en la que denunciaba su encierro y decía sentir “miedo” por la expulsión.

La niña pide no ser expulsada del país porque Bélgica es “su casa”, en la que estudia y donde tiene a su padre y a sus amigos.

Durante la protesta ante el centro y sirviéndose de una cuchara, cada uno de los asistentes simularon cavar un túnel para devolver la libertad a la pequeña y a su madre, en una iniciativa impulsada por la UDEP.

Correa: es una “infamia”

El presidente ecuatoriano, Rafael Correa, calificó como una “infamia” la detención de la mujer emigrante ilegal y su hija en Bélgica, y criticó el endurecimiento de las leyes migratorias en la Unión Europea (UE).

“Con consternación vimos cómo la Unión Europea ha endurecido sus leyes migratorias, olvidándose de que ellos (los europeos) fueron de una región de emigrantes y que América Latina recibió millones de inmigrantes de Italia, de España, de los Países Bajos”, entre otros, afirmó Correa en su habitual programa radial sabatino. Se refirió al caso de la ecuatoriana Ana Cajamarca y su hija Angélica, de 11 años, a las que visitó el miércoles pasado en una prisión cerca de Bruselas, durante una visita privada a Bélgica. “¡Qué infamia, qué insulto a la dignidad humana! ¿Cómo se puede concebir que haya seres humanos ilegales y por eso se castigue con prisión?”, se preguntó Correa.